25 Avril 2012  |  Édito
Publié dans Sécurité Environnement 03/2012

Éditorial (3/2012)

Le dessalement - Une solution pour prévenir une pénurie d’eau potable?
Depuis le dernier siècle, la consommation d’eau potable par habitant dans les pays industrialisés a été multipliée par six et actuellement les réserves d’eau s’épuisent. D’ici une décennie, notre planète vivra dans des conditions d’approvisionnement dramatiques.
Les trois quarts de la surface de notre planète sont couverts d’eau, mais il s’agit malheureusement d’eau salée. Ces réservoirs inépuisables que sont les océans font rêver et s’il était possible de transformer cette eau salée en eau douce… C’est faisable, de nombreux systèmes ayant même atteint le stade industriel existent. Actuellement, la quantité d’eau dessalée produite est de l’ordre de 47 millions de mètres cubes par jour, ce qui représente le 0,45 % de la consommation d’eau douce journalière mondiale. Sur ce total, 58 % provient de l’eau de mer et le reste d’eaux saumâtres. Cette production est en pleine croissance, de l’ordre de 10 % par an.
Les deux procédés les plus couramment utilisés sont la distillation et l’osmose inverse. La distillation consiste à évaporer l’eau salée et à condenser les vapeurs qui donneront une eau consommable. Les moyens de chauffage peuvent être électriques, solaires ou par l’utilisation d’une chaudière. L’osmose inverse, quant à elle est, une purification de l’eau contenant des matières ou des micro-organismes, par filtrage sous pression sur des membranes très fines, qui ne laissent en théorie passer que les molécules d’eau.
Les deux principaux inconvenants de ces méthodes sont leur coût et la faible rentabilité des installations. En effet, parmi les problèmes principaux pouvant être rencontrés: les coûts énergétiques encore élevés, les rejets des saumures déversés en mer ou injectés dans les sols et l’emploi de produits chimiques pour nettoyer les membranes. Malgré tout, certains pays riches comme le Koweït et l’Arabie Saoudite utilisent le dessalement de l’eau de mer en grande quantité pour produire de l’eau consommable pour leur population.
Pour le moment, il est logique de penser que la production d’eau potable à partir d’eau salée est un enjeu de taille et qu’il est nécessaire de poursuivre les recherches. Il est également légitime de penser que cette production sera certainement dans le futur un important enjeu politique et économique au niveau international. Il est donc nécessaire de continuer à poursuivre les recherches et à améliorer les systèmes existants. L’eau sera de plus en plus rare et cette ressource vitale pourrait devenir, selon les Nations Unies, un bien certainement beaucoup plus précieux que le pétrole.
 
Par James Dettwiler


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