25 Avril 2014  |  Édito
Publié dans Sécurité Environnement 02/2014

Éditorial (2/2014)

La menace climatique
Le deuxième volet du cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié le 31 mars, n’a rien de rassurant. S’appuyant sur la compilation de douze mille publications scientifiques, ce texte recense les impacts déjà observables du changement climatique. Il constate que les sociétés ne sont pas suffisamment préparées à l’évolution en cours.
Selon ce rapport, le changement climatique a produit, au cours de ces dernières décennies, des impacts négatifs sur tous les continents ainsi que sur les océans. Dans de nombreuses régions, les changements dans les régimes de précipitations, dans le débit des fleuves et dans la fonte des glaciers ont modifié les systèmes hydrauliques, affectant les ressources en eau. Des effets ont été constatés sur l’agriculture, notamment sur la production de céréales, ainsi que sur de nombreuses espèces marines et terrestres, mais également sur les sociétés. En effet, l’élévation du niveau des mers menace dangereusement les régions côtières.
Ayant effectué ces constats, le GIEC a revu ses prévisions. Il estime que les répercussions du réchauffement climatique auront, au cours de ce siècle, des impacts graves et irréversibles, c’est-à-dire que nous aurons de plus en plus de sécheresses, d’inondations, de pénuries alimentaires, de migrations de populations, de risques de conflits, ainsi qu’une perte importante des revenus annuels mondiaux.
Bien sûr, les populations ne seront pas toutes touchées de manière identique. Les plus affectées seront celles des petites îles et des zones côtières, mais aussi celles des régions sujettes à des canicules ou à des incendies. En revanche, certaines contrées pourraient même bénéficier du réchauffement climatique, notamment les pays froids, dont les populations verront leur facture de chauffage baisser, ainsi que ceux pour qui s’ouvriront de nouvelles voies maritimes suite à la disparition de la banquise, et qui profiteront des formidables ressources d’hydrocarbures de l’océan Arctique.
Afin d’éviter tout catastrophisme et de proposer des solutions, le GIEC indique un certain nombre d’adaptations possibles à ce réchauffement devenu inévitable. Il faudra construire des digues, comme savent le faire les Néerlandais, développer l’irrigation, la reforestation, la protection des zones humides, installer des systèmes d’alerte, des abris contre les cyclones, améliorer les pratiques agricoles, etc. Sans oublier, bien sûr, les actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à diminuer la consommation d’énergie et à promouvoir celles qui sont renouvelables. Mais pour cela, il faudra bien plus de solidarité entre les Etats, que de politique politicienne !
 
Par Michel Giannoni


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