11 Juin 2020  |  Environnement
Publié dans Sécurité Environnement 01/2020

L’Homme émet davantage de CO2 que l’ensemble des volcans

Georges Pop

Une étude publiée par le revue minéralogique américaine Elements bat en brèche certaines idées reçues sur le rôle de l’activité volcanique contemporaine dans les bouleversements climatiques : elle montre sans ambigüité que les activités humaines émettent chaque année à elles seules jusqu’à cent fois plus de gaz carbonique, principal responsable du réchauffement climatique, que tous les volcans de la planète réunis. Les auteurs entendent ouvertement réfuter les allégations de certains milieux climato-sceptiques.

L’étude réalisée par l’équipe de 500 scientifiques réunis au sein du Deep Carbon Observatory (DCO), dont le siège est à Washington, révèle que seul 0,2 % du carbone terrestre estimé à 43’000 Gt est concentré au-dessus de la surface terrestre, dans les terres immergées, les océans et l’atmosphère. Le reste, dont la masse est évaluée à plus de 1,85 milliard de Gt repose dans la croûte, le manteau et le noyau de notre planète. Dans leurs conclusions, les chercheurs détaillent la façon dont le carbone est stocké, émis et réabsorbé suivant le processus naturel ou celui dont l’Homme est responsable. Ils admettent certes que les volcans concourent aux émissions de CO2 mais considèrent que leur influence dans le dérèglement climatique est très sensiblement inférieure à celle des activités humaines.
 
Les activités humaines émettent chaque année jusqu’à 100 fois plus de gaz carbonique que les volcans. (© MinuteNews)
 

En mesurant la présence de certains isotopes de carbone dans des échantillons de roche, l’équipe du DCO a découvert que, de manière générale, sur une durée de 500 millions d’années, notre planète s’est montré parfaitement capable de réguler elle-même les niveaux de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre. Cela lui a « seulement » pris chaque fois quelques centaines de milliers d’années. Les « perturbations catastrophiques », telles que les grandes éruptions volcaniques ou l’impact de météorites massives constituent des « exceptions ».
À titre comparatif, les scientifiques du DCO estiment que l’astéroïde qui, il y a un peu plus de 66 millions d’années, a creusé le cratère de Chicxulub dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, exterminant les trois quarts de la vie sur Terre et mettant fin au règne des dinosaures, a entraîné l’émission de 425 à 1400 Gt de CO2. Or, au cours de la seule année 2018, les activités humaines en ont généré 37 Gt. Selon Marie Edmonds, vulcanologue au Queen’s College de Cambridge, la conclusion s’impose d’elle-même : « Le dioxyde de carbone introduit par l’humanité dans l’atmosphère au cours de ces dix à douze dernières années est équivalent à celui généré par cette catastrophe. » La géologue Celina Suarez de l’Université de l’Arkansas arrive elle aussi à la même conclusion : « Les émissions de CO2 causées par les activités de l’Homme sont de la même ampleur que les chocs du cycle du carbone qui ont entrainé des extinctions de masse », constate-t-elle.
 
Au cours de la seule année 2018, les activités humaines en ont généré 37 Gt de CO2. (© AZprocede)
 

Selon les chiffres du DCO, le gaz carbonique relâché chaque année par l’ensemble des volcans terrestres tourne seulement autour de 0,3 à 0,4 Gt ce qui représente 100 fois moins que les émissions humaines. « Les climato-sceptiques soutiennent que les volcans sont les plus gros émetteurs de CO2, mais ce n’est tout simplement pas vrai », souligne Marie Edmonds. Elle admet que notre planète a déjà connu, à plusieurs reprises, des concentrations de dioxyde de carbone supérieures à celles actuelles. Mais elle fait aussitôt remarquer que, exception faite des événements catastrophiques, il avait fallu des centaines de milliers d’années pour atteindre ces niveaux. « Les climato-sceptiques prétendent que la Terre finit toujours par retrouver son équilibre. C’est vrai. Et elle va retrouver son équilibre, mais pas dans un délai qui a un sens pour l’humanité », déplore-t-elle.
 
À propos du DCO
Le Deep Carbon Observatory ou Observatoire du carbone profond est un projet international et multidisciplinaire d’étude du carbone dans la croûte et le manteau terrestres. Il réunit notamment des experts en sciences de la Terre, géologues, minéralogistes, volcanologues, physiciens, chimistes et biologistes. Ses recherches sont centrées pour l’essentiel sur l’étude du cycle du carbone sous la surface terrestre. L’Observatoire est organisé autour de quatre communautés scientifiques : Réservoirs et Flux, Vie profonde, Énergie profonde, Physique et Chimie extrêmes. Le DCO a obtenu de nombreux résultats nouveaux, mettant en particulier en évidence l’existence d’une vie abondante jusqu’à une profondeur de 5 km dans la croûte terrestre.
 
 
Deep Carbon Observatory (DCO)
Tél. +1 202 478 8818
web@deepcarbon.net
www.deepcarbon.net


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