25 Février 2019  |  Éditorial
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 02/2019

Éditorial (2/2019)

Énergie: quelle solution pour le climat ?
Depuis la nuit des temps, produire de l’énergie a toujours été une opération à risque. De l’homme de Cro-Magnon intoxiqué par les fumées d’un feu mal maîtrisé, aux mines de Silésie et à Fukushima, Homo sapiens a souvent payé un lourd tribut à la nécessité de se chauffer, de se nourrir et de se vêtir. Le bois d’abord, puis le charbon, le pétrole et le gaz, l’énergie nucléaire ensuite, ont permis à l’homme de se perpétuer dans des environnements hostiles. Mais depuis peu, cette frénésie de consommation le met en danger, tant par le réchauffement climatique, que par la disparition des espèces.
Quelles sont donc les solutions les mieux appropriées pour assurer à la fois les besoins et la survie de près de 8 milliards d’individus, voire de 12 milliards à la fin du siècle ? Selon l’AIE, la production mondiale d’énergie était, en 2017, de quelque 160’000 TWh, répartis en 32,5 % de pétrole, 28 % de charbon, 23,5 % de gaz naturel, 4,4 % de nucléaire et 11,6 % d’énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien, géothermie, biomasse, photovoltaïque, agrocarburants).
Au rythme de production actuel, les énergies les plus dommageables pour l’environnement, à savoir le charbon et le pétrole, pourraient être exploitées pendant respectivement 120 et 40 ans, certes sans trop se soucier de l’état de la planète. Qu’en est-il du gaz naturel et du nucléaire ? Les promoteurs de l’atome arguent que cette énergie ne génère pratiquement pas de CO2, ce qui la rendrait indispensable pour endiguer le réchauffement climatique. Mais est-ce vraiment le cas ?
Lors de la fission dans les centrales, l’atome d’uranium, tout comme celui de plutonium et de thorium, ne génère pas de gaz à effet de serre. Mais si l’on considère l’ensemble de son cycle de vie, la filière nucléaire n’est pas neutre en carbone. De l’extraction du minerai à la gestion des déchets, en passant par la construction, l’exploitation et le démantèlement des réacteurs, elle générerait, selon certaines études, une cinquantaine de grammes d’équivalent CO2par kilowattheure produit. Une telle valeur est toutefois nettement inférieure à celles du charbon (800 g env.) et du gaz naturel (500 g env.). Elle se situe dans le même ordre de grandeur que l’énergie solaire, mais elle est supérieure à celles de l’hydroélectricité et de l’éolien.
En conclusion, nonobstant les risques d’accident majeur, que les nouveaux réacteurs de troisième génération devraient considérablement réduire, il est indéniable que l’énergie nucléaire a un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans la mesure, bien évidemment, où elle se substitue au charbon, au pétrole et au gaz, et non pas aux énergies renouvelables. Son importance est toutefois à relativiser, les 453 réacteurs en service dans le monde ayant un impact limité face aux 6685 centrales à charbon encore en exploitation.
 
par Michel Giannoni


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