27 Janvier 2016  |  Vie des entreprises
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 11/2015

RedElec Technologie: encadrement et technique propre de pointe

Nathalie Bloesch*

Pour valoriser sa technique propre («cleantech») de pointe, la société RedElec a su réorienter son modèle d’affaires, avec l’aide d’un encadrement («coaching») efficace de la plate-forme d’innovation platinn.

Basée à Riddes en Valais, RedElec Technologie SA a changé son modèle d’affaires au bon moment. Du marché 100 % étranger de la coloration des jeans, elle est passée au traitement électrochimique des eaux. Avec des perspectives prometteuses à la clef.
 
L’électrochimie et les distinctions
CFC de laborant en chimie, puis diplôme d’ingénieur ETS en poche, David Crettenand se lance dans un doctorat en électrochimie à l’EPFZ. Cette discipline, qui a fait les belles heures du Valais industriel (Ciba-Geigy, Alusuisse, Lonza ou Giovanola), est un peu oubliée à l’époque. David Crettenand, lui, croit aux vertus économiques et écologiques de l’électrochimie. Cela l’amènera à fonder, en 2007, RedElec Technologie SA, une société d’essaimage de l’EPFZ (voir platinn focus No 95, octobre-novembre 2008). La jeune pousse commence par convaincre avec sa technique révolutionnaire de teinture électrochimique des jeans. Elle reçoit plusieurs distinctions (prix de l’Association suisse des cadres 2014, Prix PME 2013, Prix climatique Zurich 2011, Prix Debiopharm 2008) et se concentre aujourd’hui sur un nouveau procédé innovant et ambitieux de traitement des eaux.
 
Tout commence par une paire de jeans
Pour teindre un jean en coton, on utilise l’indigo, un colorant insoluble dans l’eau. Avant de pouvoir être appliqué, l’indigo doit donc être converti en une forme soluble: le leuco-indigo. Pour ce faire, les procédés industriels actuels recourent à un composé chimique, l’agent réducteur. «Avec sa cellule électrochimique de nouvelle génération – au niveau industriel il n’y avait pas eu d’innovation significative dans ce domaine depuis plus de 50 ans –, qui utilise des électrons plutôt que des produits chimiques pour transformer l’indigo, la «technique propre» de RedElec exige dix fois moins d’énergie que le procédé industriel classique, tout en diminuant la charge de polluants», précise son directeur, David Crettenand.
 
Brevet déposé et choix stratégiques
C’est grâce à un projet CTI s’étendant sur deux ans (2012-2013), soutenu par Paul-André Vogel, «coach» de la plate-forme d’innovation platinn, que RedElec a pu améliorer son réacteur électrochimique breveté. Aujourd’hui, il est adapté aux besoins industriels, notamment en matière de maintenance, grâce à un système de remplacement modulaire de ses éléments. RedElec fait alors le choix stratégique d’un nouveau modèle d’affaires: accorder une licence exclusive à une société d’un groupe important du secteur textile qui se chargera de commercialiser son réacteur électrochimique pour la teinture du denim**.
Grâce aux revenus de sa licence, la PME peut à nouveau se concentrer sur sa compétence première - la recherche et le développement - et s’ouvrir à de nouveaux domaines d’application.
 
Du denim aux eaux propres
Quel est l’avantage de la technique RedElec dans le traitement des eaux ? Elle intervient en amont, sur les eaux qui ne pourront pas être purifiées par les stations d’épuration (STEP), car elles contiennent des éléments polluants non biodégradables. Actuellement, on est obligé de brûler ces effluents, en leur ajoutant du combustible. «En termes écologiques, inutile de dire que l’on peut faire nettement mieux», fait remarquer David Crettenand. Ainsi, la «cleantech» de RedElec permet, par le procédé «Electro-fenton», de rendre ces éléments biodégradables pour que le traitement puisse ensuite s’achever en station d’épuration. La recette technique est au point, mais le produit doit être porté à maturation afin de convaincre les clients industriels.
 
Ensemble pour convaincre
«Nos clients industriels sont satisfaits des tests réalisés sur notre machine», poursuit David Crettenand, qui précise: «Nous travaillons déjà avec une autre PME valaisanne, Membratec SA, qui a apporté sa technique d’ultrafiltration. Mais pour convaincre définitivement notre public cible, il faut passer à des quantités industrielles de traitement, c’est à dire au minimum un mètre cube par jour. Il est aussi nécessaire de passer à l’automatisation de l’ensemble du procédé. Pour cela, il nous manque encore du financement. Nous devrions également pouvoir nous appuyer sur un partenaire académique. Si des universitaires nous lisent… à bon entendeur» !
 
Le réacteur électrochimique industriel de RedElec.
 
L’apport de platinn
«C’est un très beau projet de coopération entre des PME romandes, des grandes industries et des partenaires académiques», déclare, enthousiaste, Paul-André Vogel, qui ajoute: «La coopération entre les différents partenaires permet d’avancer dans le domaine à fort potentiel que représente le traitement d’effluents industriels. À l’heure où les normes et les réglementations sur les rejets des effluents polluants sont de plus en plus sévères, les industriels de la chimie, de l’industrie pharmaceutique et de la pétrochimie doivent mettre en place des systèmes de traitement de leurs rejets liquides de plus en plus pointus. L’Office fédéral de l’environnement a élaboré des stratégies afin de diminuer la présence de composés bio-réfractaires dans les eaux. La Confédération recourt à des instruments légaux pour durcir l’homologation de certaines substances nocives pour l’environnement et, le cas échéant, en interdire ou restreindre l’emploi. Elle recourt par ailleurs à des moyens incitatifs et mène des campagnes d’information pour encourager la mise en œuvre volontaire de mesures. Avec ce projet et les réalisations de cas pilotes industriels qui en résultent, les PME ont une vraie chance de s’assurer une part du marché avec des solutions innovantes».
 
L’avis de l’entrepreneur
«Pour faire passer notre technique de traitement des eaux au plus vite en mode industriel, nous poursuivons dans la recherche d’un partenaire académique de même que dans les collaborations avec d’autres PME actives dans ce domaine. Cela prendra un peu de temps», indique David Crettenand, qui peut compter sur le soutien de ses actionnaires. Ils partagent son approche écologique et un peu idéaliste des marchés et s’appuient pour cela sur les solides bases fondamentales techniques de RedElec. Et David Crettenand de conclure: «Le coaching de platinn avec Paul-André Vogel a par ailleurs été essentiel, notamment dans la mise en relation avec les PME. Il nous a aussi bien orienté quand il a fallu changer de modèle d’affaires. Son expérience de l’industrie est aussi très précieuse, car Paul-André Vogel a travaillé pour la Lonza et il connaît le processus de décision de ce type d’entreprises. Il sait comment un projet extérieur va y être jugé et validé. Il connaît leurs critères en matière de retour sur investissement, ce qui est essentiel dans la phase d’industrialisation que nous abordons».
 
Source: platinn – plateforme innovation
Revue Focus No 49 – Juillet/août 2015
 
platinn – plateforme innovation
1701 Fribourg
Tél. 026 347 48 48
 
RedElec Technologie SA
1908 Riddes
Tél. 027 306 55 20
 

* Rédactrice, platinn, Fribourg
 

** «denim», tissu pour la confection des blue-jeans, provient de l’expression «de Nîmes». En effet, le tailleur californien Levi Strauss qui les produisit pour la première fois en 1873 en utilisant des rivets à la place de coutures, les réalisait dans une étoffe résistante qu’il faisait venir tout spécialement de Nîmes.


28 Octobre 2019  |  Vie des entreprises

Incursion au cœur du décolletage

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Benoît Revaz est directeur de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) depuis deux ans. Il sera le conférencier d’honneur du salon Motor Summit, qui ouvrira ses portes à Berne le 4 décembre 2019. Cet événement réunira des experts, des fabricants et des utilisateurs de l’industrie, ainsi que des représentants de la politique et des hautes écoles techniques. Il offrira, avec Topmotors, une plate-forme pour des échanges directs sur le thème des systèmes d’entraînement électriques efficaces dans l’industrie suisse.
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