22 Décembre 2014  |  Économie
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 10/2014

Mieux utiliser la main-d’œuvre indigène

La population active vieillit et le taux de naissance diminue. Avec l’introduction de contingents pour les travailleurs étrangers, la pénurie de spécialistes actuelle risque de s’aggraver considérablement dans les années à venir pour l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM).

Voici pourquoi Swissmem a élaboré une stratégie de la main-d’œuvre destinée à mieux pouvoir exploiter le potentiel de main-d’œuvre qualifiée suisse. Elle mise sur la promotion de la relève, sur l’augmentation de l’effectif des femmes dans l’industrie et sur le maintien des collaborateurs plus âgés dans la vie active.
 
Pénurie de spécialistes dans cinq des onze domaines professionnels
Selon une étude effectuée par la société de conseil B,S,S Basel à la demande de Swissmem, on peut estimer qu’il existe actuellement une pénurie de spécialistes dans cinq des onze domaines professionnels typiques de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM). Il s’agit concrètement des champs professionnels d’informaticien MEM, d’ingénieurs MEM, de machinistes, de techniciens MEM et de spécialistes techniques. Compte tenu des mises à la retraite imminentes, il faudra recruter dans les champs professionnels MEM pendant les cinq prochaines années 17’000 personnes chaque année pour maintenir le nombre de personnes occupées à un niveau inchangé. Dans certains champs professionnels, les efforts de formation sont encore insuffisants pour couvrir les besoins de relève.
 
Des mesures ciblées sont nécessaires pour maintenir la main-d’œuvre qualifiée plus âgée dans le processus de travail.
 
Evolution démographique défavorable et apport de main-d’œuvre étrangère
En raison de l’évolution démographique défavorable et avec l’introduction prochaine de contingents pour les travailleurs étrangers, la pénurie de spécialistes actuelle risque de s’aggraver considérablement dans les années à venir pour l’industrie MEM. Dans le but de relever ce défi, Swissmem travaille depuis quelques mois déjà intensément sur l’élaboration d’une stratégie de la main-d’œuvre. «Nous devons encore mieux exploiter le potentiel de main-d’œuvre suisse», déclare Hans Hess, président de Swissmem. Pour cela, Swissmem mise sur trois champs d’action, à savoir: l’encouragement de la relève, notamment par les actions «Femmes/familles» et «Collaborateurs plus âgés».
Swissmem avait lancé en 2009 déjà une initiative en faveur de l’encouragement de la relève. Des premiers succès sont déjà notables. Ainsi, les entreprises de Swissmem ont réussi, au-delà de la moyenne, à pourvoir leurs places d’apprentissage dans le domaine des professions techniques.
 
Motiver les femmes pour un engagement dans l’industrie
Dans le champ d’actions «Femmes/famille», l’objectif de Swissmem consiste à augmenter considérablement le nombre de spécialistes féminines dans l’industrie MEM. «L’exploitation du potentiel de main-d’œuvre féminine qualifiée représente un grand défi pour résoudre la pénurie de spécialistes», a souligné Claudia Gietz Viehweger, membre de la direction de Gietz AG Gossau lors de la conférence aux médias de Swissmem. Le fait est que les femmes sont tout aussi qualifiées que les hommes pour effectuer un métier dans l’industrie. De plus, dans l’industrie MEM, elles reçoivent le même salaire que les hommes, comme le prouve la comparaison de salaires des branches de Swissmem.
Il est donc décisif d’investir dans l’encouragement précoce des filles tout en intensifiant leur intérêt à la technique. En complément, Swissmem présente dans sa stratégie de la main-d’œuvre qualifiée des solutions sur la façon dont les entreprises peuvent améliorer la conciliation de la vie privée et de la vie professionnelle et promouvoir la garde des enfants. Un autre potentiel de main-d’œuvre qualifiée pour l’industrie MEM, ce sont les femmes (et hommes) qui désirent travailler à temps partiel.
 
Créer des modèles adéquats pour les collaborateurs plus âgés
L’étude a révélé que la conscience à l’égard des défis du changement démographique est souvent encore insuffisante dans de nombreuses entreprises. Donc, une réorientation à ce sujet est indispensable.
Des mesures ciblées sont nécessaires pour maintenir la main-d’œuvre qualifiée plus âgée dans le processus de travail. Swissmem a élaboré à ce sujet toute une série de recommandations réunies dans «Swissmem BestPractices 50+». Actuellement, ces propositions sont affinées, avant d’être concrétisées parmi les entreprises membres. En complément, Swissmem recommande aux entreprises de permettre à leurs collaborateurs plus âgés, très tôt déjà, d’entrevoir une progression horizontale dans leur carrière et d’introduire une gestion de la santé. Sans oublier la possibilité de modèles de retraite flexible que le législateur devrait soutenir à l’aide d’adaptations de la LPP. De façon générale, Swissmem recommande de limiter les cas de retraite anticipée.
Le potentiel majeur se trouve chez les personnes âgées de plus de 64 ans, où le taux d’activité dans tous les champs professionnels est pratiquement nul. Les investissements dans les collaborateurs sont profitables Des idées créatives et la volonté de les réaliser permettent aux entreprises de l’industrie MEM de mieux exploiter le potentiel de main-d’œuvre suisse. De plus, la stratégie de la main-d’œuvre qualifiée Swissmem fournit des incitations à réfléchir et des instructions d’action concrètes. Hans Hess en est persuadé: «à long terme, les investissements dans les collaborateurs sont profitables». Car, sans suffisamment de spécialistes qualifiés, la place industrielle suisse va lentement mais progressivement s’étrangler.
 
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