01 Juillet 2014  |  Bâtiment, Génie civil
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 04/2014

Un écrin de nature en pleine ville

C’est une très belle réalisation qu’a conçue le bureau d’architectes Wittfoht Architekten pour l’extension du bâtiment de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), également appelé le Centre William Rappard. Le concept énergétique cette nouvelle construction en fait un bâtiment labellisé Minergie-P (GE-009-P).

Depuis de nombreuses années, l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), installée à Genève, se sentait à l’étroit dans son «Centre William Rappard». Avec le développement de ses activités liées à la croissance des échanges commerciaux dans le monde, elle commençait sérieusement à manquer de place pour accueillir ses nouveaux collaborateurs. Plutôt que de construire un nouveau bâtiment en dehors de Genève, l’OMC a préféré choisir une solution qui lui permettrait de rester dans son cadre actuel au bord du lac Léman: construire une extension.
 
 
Un concept urbanistique bien pensé
L’objectif final du concours d’architecture pour l’extension du bâtiment de l’OMC était très précis. Le cahier des charges comprenait de nombreuses conditions impératives. D’une part, il s’agissait de tenir compte des édifices existants dans leur situation urbaine, d’autre part, le nouveau bâtiment devait répondre aux exigences posées par le périmètre restreint de construction disponible, situé dans la partie sud du terrain de l’OMC. Enfin, la nouvelle construction devait satisfaire aux critères d’ouverture, de transparence, de pragmatisme, de flexibilité, de stabilité et d’orientation internationale.
A ceci s’ajoute la situation géographique exceptionnelle du lieu. Le parc arborisé situé au bord du lac dans lequel se trouve le bâtiment actuel, imposait un caractère spécial à l’extension prévue.
 
 
Une conception architecturale intégrée
C’est le bureau d’architectes Wittfoht Architekten de Stuttgart qui a remporté le concours d’architecture. Son projet a convaincu le jury, car il réunit plusieurs aspects très pertinents. Tout en répondant au cahier des charges, il complète le bâtiment existant en l’intégrant judicieusement. La nouvelle extension respecte une certaine distance avec l’édifice existant, créant ainsi un nouvel espace visuel entre les deux constructions.
Les lignes de fuite du bâtiment existant sont en partie reprises et complétées. La hauteur du nouveau bâtiment s’adapte à celle de l’édifice existant. «L’extension telle qu’elle a été imaginée crée une image générale d’équilibre et de proportion, au sein de laquelle le neuf est en harmonie avec l’ancien»,  résume le bureau d’architecte de Stuttgart.
Pour parvenir à cette nouvelle construction, les visiteurs doivent passer par l’entrée principale de l’ancien bâtiment et emprunter un pont pour les piétons. L’extension est composée de plusieurs parties: une zone située au niveau du sol, un étage intermédiaire accueillant un restaurant et une terrasse, puis un bâtiment plus étroit surmontant ce «socle» et abritant des bureaux. Grâce à cette répartition, l’ensemble donne une impression de légèreté qui s’accorde harmonieusement avec l’espace arborisé environnant.
 
 
Une approche écologique réfléchie
La notion de «développement durable» a été clairement incluse dans la conception des architectes de Stuttgart. Le projet entend réduire la consommation des ressources et encourager une conscience environnementale chez les occupants.
Outre les performances techniques pures, c’est une vraie «conscience écologique» qui a été mise en œuvre, notamment grâce aux éléments suivants:
  • Efficience énergétique maximale
  • Préservation de l’eau: réutilisation, eau du lac, etc.
  • Qualité de l’environnement bâti extérieur
  • Qualité du bâtiment et de ses aménagements intérieurs
  • Flexibilité en vue d’éventuels changements d’affectation ou d’usage des surfaces
  • Viabilité sociale: espaces libres, bureaux communs, corridors, etc.
 
Un concept énergétique complet
L’idée est que les utilisateurs des locaux, autrement dit les fonctionnaires de l’OMC, soient réellement sensibilisés aux différents processus énergétiques à travers des systèmes techniques contemporains.
Compte tenu des conditions climatiques locales spécifiques de Genève, de nombreuses mesures ont été effectuées en été et en hiver lors de la conception du projet, afin de déterminer les températures, les vents, le degré d’humidité, la durée d’exposition au soleil, la chaleur et la quantité de lumière naturelle.
 
Le label MINERGIE-P®
La prise en compte de tous ces paramètres essentiels a permis de déterminer un ensemble de mesures et d’installations techniques, qui ont conduit à l’obtention du label Minergie-P. Lancé en 2002, ce label concerne des bâtiments qui visent une consommation énergétique encore inférieure à celle de Minergie. Un bâtiment Minergie-P est donc un système global qui est entièrement conçu, construit et optimisé dans ce sens. Cinq exigences constituent le noyau de ce standard:
  • Faible besoin en chaleur de chauffage
  • Besoin de peu de puissance pour se chauffer
  • Faibles dépenses d’énergie pour l’aération, le chauffage et l’eau chaude sanitaire
  • Forte étanchéité à l’air de l’enveloppe du bâtiment
  • Appareils électroménagers de catégories A et A+ (au minimum).
 
Chauffage, aération et ventilation
De façon générale, toutes les sources d’énergie immédiatement disponibles sur le site ont été exploitées. Le choix des systèmes de chauffage, d’aération et de ventilation a donc fait l’objet d’une grande attention. Ils ont été intégrés dans un concept énergétique global, où chaque système interagit avec les autres. La ventilation naturelle a été complétée par un système de haute efficience pour atteindre des performances élevées.
Le bâtiment est également connecté au réseau hydro-thermique Genève Lac Nations piloté par les Service Industriels de Genève. L’objectif est de rafraîchir et de chauffer le bâtiment par le raccordement à un réseau de transport et de distribution de l’eau du lac Léman.
Cette construction d’une extension moderne donne la preuve qu’en effectuant une réflexion globale (urbanistique, architecturale et énergétique), il est aujourd’hui tout à fait possible d’atteindre le label Minergie-P.
 
Le cahier des charges
Situation:
Centre William Rappard/Siège de l’OMC-WTO
Projet Extramuros
Rue de Lausanne 154, Genève
 
Le projet prévoyait la construction d’un nouveau bâtiment (extension) à ériger à côté du bâtiment de l’OMC existant à Genève et de les intégrer architecturalement.
Ce nouveau bâtiment (extension) devait comprendre:
  • Un restaurant, une cuisine, des vestiaires
  • Une bibliothèque
  • Des bureaux (plusieurs étages)
  • Une imprimerie interne
  • Des locaux de stockage
  • Un parking souterrain (avec accès direct au bâtiment).
 
Le bâtiment devait répondre aux critères de labellisation Minergie-P, selon la volonté de l’OMC et de la Confédération suisse.
 
Architecte:
Wittfoht Planung GmbH
D-70188 Stuttgart
 
Concepteur-projeteur:
Weinmann-Energies SA
1040 Echallens
 
Exécutions techniques et suivi:
Consulting Energy Control SA
1228 Plan-les-Ouates


29 Janvier 2014  |  Bâtiment, Génie civil

Des amortisseurs parasismiques de pointe

L’ingénieur Ian Aiken, expert en génie parasismique, souhaiterait protéger davantage de constructions, d’un séisme dévastateur potentiel, en les bâtissant sur des amortisseurs parasismiques de pointe. Ceux-ci sont constitués de feuillets de caoutchouc, de plaques d’acier vulcanisées et renforcés par un noyau de plomb. Pour garantir une protection contre les séismes, ces amortisseurs sont placés sous les colonnes porteuses des édifices, permettant ainsi à la structure de vaciller doucement dans chaque direction.
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