07 Janvier 2019  |  Économie
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 10/2018

Les investissements en R&D des entreprises

Ce sont des entreprises suisses qui réalisent au niveau mondial les plus grands investissements dans la recherche et le développement. Elles investissent en moyenne 6,6 % de leur chiffre d’affaires dans ce domaine, ce qui constitue un record mondial. Comparativement aux autres secteurs, ce sont les entreprises de l’industrie pharmaceutique qui investissent le plus, notamment Roche et Novartis.

Partout dans le monde, les grands groupes ont fortement augmenté leur budget d’innovation l’an passé. Les dépenses de recherche et développement (R&D) des 500 plus grands investisseurs mondiaux dans ce domaine ont progressé de 6 % en 2017, pour atteindre 532 milliards d’euros. La grande majorité de ces entreprises (65 %) ont augmenté leurs investissements par rapport à 2016. Ce sont là les résultats d’une étude réalisée par le cabinet d’audit et de conseil EY, qui a porté sur les 500 entreprises cotées affichant les budgets de R&D les plus importants au niveau mondial.
 
Les entreprises américaines en tête du classement
Les entreprises américaines dotées des plus grands budgets de R&D occupent sept des dix premières places du classement. Les grands groupes américains ont particulièrement accru leurs investissements. Les dépenses de R&D des 127 entreprises étasuniennes qui figurent dans ce classement ont augmenté de 11 %.
Cette forte hausse est principalement imputable à l’énorme effort d’investissement des grands groupes américains du numérique. Amazon, par exemple, a accru de 41 % ses dépenses d’innovation qui, converties en euros, passent de 14,3 à 20,1 milliards. Cette société se place, comme l’an dernier, en tête du classement des entreprises dotées des plus grands budgets d’innovation. La deuxième place du classement est occupée de manière inchangée par Alphabet, la société mère de Google, avec un budget de 14,8 milliards d’euros, devant Samsung (13,1 milliards d’euros) et Intel (11,6 milliards d’euros).
À côté des géants du secteur informatique, on trouve principalement des groupes pharmaceutiques parmi les dix premiers du classement. Roche, Johnson & Johnson et Merck & Co sont les trois grands groupes pharmaceutiques qui se placent dans le top 10. Seul représentant d’un secteur industriel traditionnel, Volkswagen occupe la cinquième place du classement, avec 11,6 milliards d’euros de dépenses de R&D, le groupe automobile allemand étant ainsi le plus grand investisseur en Europe dans le domaine de la R&D.
 
Le numérique fait monter la pression
«Les investissements dans la recherche et le développement augmentent au niveau mondial, parce que la rapidité des progrès technologiques, les cycles de produits de plus en plus courts et les évolutions rapides des souhaits des consommateurs poussent les entreprises à créer des innovations», explique Marcel Stalder, PDG d’EY en Suisse.
Toutefois, d’importantes dépenses d’innovation n’entraînent pas obligatoirement un accroissement effectif de la force d’innovation et des nouveaux produits précurseurs, comme le concède Marcel Stalder, qui ajoute: «À notre avis, l’avenir de la R&D se trouve dans une coopération renforcée entre les écosystèmes et les réseaux, ainsi que dans l’utilisation des méga données et de l’intelligence en essaim dans les entreprises. Une culture d’entreprise qui valorise l’innovation et tolère l’échec est un autre facteur de réussite déterminant pour l’innovation.»
 
Les entreprises suisses ont la plus forte intensité de R&D
En termes d’«intensité de R&D», exprimée par la moyenne des dépenses de R&D en pourcentage du chiffre d’affaires, la Suisse se place en tête, suivie des États-Unis, de la Suède, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de Taïwan, du Japon, de la France, de la Chine et de la Corée du Sud.
Au cours de l’année 2017, la moyenne des dépenses de R&D des entreprises suisses en pourcentage de leur chiffre d’affaires a été de 6,6 % (7,1 % en 2016). L’intensité de R&D élevée des entreprises suisses est réjouissante, cela renforce l’image de la Suisse comme pôle d’innovation et montre que les entreprises suisses ont reconnu suffisamment tôt l’importance de l’innovation pour assurer leur compétitivité internationale à long terme, ainsi que la nécessité de marges élevées. Par ailleurs, les résultats de l’étude mettent en évidence que les entreprises suisses sont soumises à l’énorme pression exercée notamment par les entreprises chinoises d’envergure internationale qui se développent actuellement à un rythme effréné et s’imposent comme des acteurs à prendre au sérieux sur les marchés mondiaux.
Parmi les 500 plus grands investisseurs mondiaux en termes de R&D, onze sont suisses: Roche (à la 8e place sur 500), Novartis (12e), Nestlé (89e), ABB (113e), STMicroelectronics (115e), TE Connectivity (174e), Swisscom (266e), Swatch (299e), Schindler (336e), LafargeHolcim (377e) et Compagnie Financière Richemont SA (380e). Au total, ces entreprises ont investi en 2017, 23 milliards d’euros dans la recherche et le développement.
 
L’industrie pharmaceutique réalise les investissements les plus importants
Sur les 23 milliards d’euros d’investissements de l’industrie pharmaceutique suisse, 10,2 milliards d’euros ont été réalisés par Roche uniquement et 8 milliards par Novartis. Ce n’est pas une surprise, car les groupes pharmaceutiques continuent d’afficher les pourcentages de R&D les plus élevés par rapport aux autres secteurs.
Au total, les 29 groupes pharmaceutiques figurant dans le classement ont investi l’an passé 110 milliards d’euros dans le développement de nouveaux produits et de substances actives. Ce chiffre correspond à 16,3 % du chiffre d’affaires total. L’intensité de R&D est également élevée dans les secteurs informatique/numérique, santé, industrie automobile et médias/divertissement.
«Le niveau élevé des investissements de R&D des entreprises pharmaceutiques s’explique, il est vrai, par l’importance des dépenses liées au développement de nouveaux médicaments. Cependant, ces chiffres indiquent aussi que l’industrie pharmaceutique est tout simplement le secteur économique qui a clairement reconnu qu’on ne peut pas s’attendre à des avancées spectaculaires sans innovation», indique Paolo Prisco, «EY Managing Partner Life Sciences in Switzerland».
 
À propos de l’organisation mondiale EY
L’organisation mondiale EY est un leader dans le domaine des services de l’audit, de la fiscalité, des transactions, du droit et du conseil. Elle utilise son expérience, ses connaissances et ses services afin de contribuer à créer un lien de confiance au sein des marchés financiers et des économies à travers le monde. L’organisation mondiale EY désigne toutes les sociétés membres d’Ernst & Young Global Limited (EYG).
L’organisation EY est représentée en Suisse par Ernst & Young SA, à Bâle, avec dix bureaux à travers la Suisse, et au Liechtenstein par Ernst & Young AG, à Vaduz.
 
 


12 Mai 2019  |  Économie

Forte croissance des demandes de brevets de la Suisse

Les demandes de brevets helvétiques auprès de l’Office européen des brevets (OEB) ont bondi de 7,8 % en 2018. Aucun autre pays que la Suisse n’observe autant de demandes de brevets par habitant. Les techniques de mesure et les dispositifs médicaux sont les secteurs les plus innovants. Trois universités figurent parmi les déposants suisses les plus actifs auprès de l’OEB. Le canton de Vaud est à nouveau le plus dynamique en matière de brevets.
03 Juin 2019  |  Économie

Industrie MEM: exercice 2018 réjouissant – perspectives incertaines

L’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) peut tirer un bilan très réjouissant de l’exercice 2018. Les entrées de commandes, chiffres d’affaires et exportations ont en partie fortement augmenté; les marges ont continué de progresser. Cependant, le dynamisme de croissance s’est nettement affaibli au cours du deuxième semestre, ce qui signifie que très probablement, les affaires stagneront dans les mois à venir.
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