17 Septembre 2018  |  Énergie
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 06/2018

Les entreprises et la nouvelle économie de l’énergie

Une étude de Schneider Electric effectuée parmi 236 entreprises dans le monde, montre que la plupart d’entre elles se sentent prêtes pour un avenir décentralisé, sans carbone et numérique. Beaucoup n’effectuent cependant pas les démarches nécessaires pour intégrer et faire progresser leurs programmes énergétiques et de développement durable.

D’après l’enquête effectuée parmi 236 grandes entreprises (d’un chiffre d’affaires minimum de 100 millions de dollars) à travers le monde, 85 % des sociétés interrogées vont prendre des mesures dans les trois prochaines années, en ce qui concerne leurs projets de réduction de CO2, afin de rester concurrentielles face à des entreprises industrielles leaders sur le marché. Les projets qui ont été amorcés ou qui sont en phase de développement sont toutefois principalement axés sur les économies d’énergie, d’eau et de déchets. En-dehors des énergies renouvelables, seule une faible part des entreprises interrogées misent sur des stratégies et des technologies plus élaborées pour la gestion de l’énergie et des émissions.
 
Un paysage énergétique en pleine évolution
L’enquête de Schneider Electric montre que dans le paysage énergétique en pleine évolution, les entreprises se considèrent armées pour faire face à la concurrence; mais il y a un fossé entre les actes et les visions. Le manque de planification et d’exécution de concepts énergétiques et de durabilité intégrés, ainsi que l’absence de gestion des données créent des obstacles.
Ce sentiment erroné de sécurité s’explique par le constat suivant: la plupart des entreprises continuent plutôt à suivre des approches conventionnelles pour la gestion de l’énergie et la protection du climat. En outre, les lacunes en matière d’innovation sont aussi renforcées par le fait que la coordination entre les départements chargés de l’achat, de l’exploitation et du développement durable est limitée, et que l’acquisition et le transfert des données sont inefficaces.
 
Les principales constatations
  • 81 % des entreprises interrogées ont pris des mesures pour améliorer l’efficacité énergétique ou en ont planifiées dans les deux prochaines années; 75 % travaillent à la réduction de la consommation d’eau et à la réduction des déchets.
  • 51 % ont déjà finalisé ou planifié des projets dans le secteur des énergies renouvelables.
  • Seulement 30 % ont mis en œuvre ou planifié activement des réserves énergétiques, des micro-réseaux, des systèmes de cogénération ou une combinaison de ces technologies.
  • 23 % seulement, disposent de stratégies de réponse à la demande ou en planifient dans un avenir proche.
 
Les entreprises doivent se préparer activement
D’après Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric,«La façon de produire et de consommer l’énergie est en pleine mutation. L’accent presque universel mis sur l’économie d’énergie doit être considéré comme positif. Afin de perdurer et de se développer, il ne suffit pas d’être versé dans la consommation. Les entreprises doivent se préparer à leur rôle de participant actif sur le marché de l’énergie, en créant les conditions nécessaires pour produire de l’énergie et pour interagir avec le réseau électrique, les sociétés de distribution, les partenaires et d’autres acteurs du marché. Celles qui n’agissent pas maintenant resteront à la traîne.»
 
Deux enjeux: la collaboration et la gestion des données
Le fonctionnement interne bloque souvent la progression. Soixante-et-un pour cent des entreprises interrogées ont indiqué que les décisions de leur entreprise en matière d’énergie et de développement durable, souffrent d’un manque de coordination entre les équipes et les services concernés. Ceci est particulièrement le cas des entreprises de biens de consommation et des entreprises industrielles.
La gestion des données a été citée en tant qu’obstacle supplémentaire à la gestion intégrée de l’énergie et du carbone. Quarante-cinq pour cent des entreprises interrogées ont indiqué que leurs données sont fortement décentralisées et qu’elles sont traitées au niveau local ou régional. Et parmi les personnes qui estiment que l’insuffisance d’instruments et de chiffres clés pour l’échange de données et l’évaluation des projets est un défi pour un travail collaboratif entre les services, 65 % gèrent les données de manière locale, régionale ou nationale et non pas globale.
 
La solution: une approche intégrée et axée sur les données
La société iomart, un fournisseur leader de solutions cloud gérées, est un exemple d’entreprise qui suit une approche intégrée, axée sur les données. Elle coordonne la gestion de l’efficacité énergétique et la gestion de l’environnement par le biais d’un réseau de centres de calcul, qu’elle possède et exploite en Grande-Bretagne.
Neil Johnston, directeur des opérations techniques chez iomart, est d’avis que les données et les informations exploitables revêtent une importance majeure. «Ce qui se passe avec les informations une fois disponibles est toutefois tout aussi important. Nos services responsables de l’achat, des énergies et du développement durable comparent les données et développent des stratégies communes pour réguler la consommation et les émissions, et réduire les coûts. Cette collaboration a mené à des économies considérables pour l’entreprise. Elle nous a aidés à être certifiés selon la norme ISO 50001 et à répondre aux exigences du Carbon Reduction Commitment concernant l’obligation de réduire les émissions de carbone», déclare-t-il.
 
Des progrès dans plusieurs secteurs
L’étude montre des progrès dans plusieurs secteurs. Plus de 50 % des entreprises interrogées ont initié des projets dans le domaine des énergies renouvelables ou en planifient dans les deux prochaines années. Il s’agit avant tout du secteur de la santé (64 %) et de l’industrie des biens de consommation (58 %). En outre, la structure dirigeante et les chargés des fonctions du groupe participent largement à ces programmes et à d’autres programmes axés sur la durabilité. Septante pour cent ont déclaré que les cadres supérieurs examinent ou approuvent les initiatives dans les secteurs tels que les énergies renouvelables et le développement durable, et que ce travail représente une priorité stratégique.
Alors que manifestement, le rendement des capitaux engagés sert de repère pour les initiatives concernant l’énergie et le développement durable, les entreprises mènent progressivement une réflexion à plus long terme et de manière plus globale pour leurs investissements. Plus de la moitié des entreprises interrogées ont, par exemple, indiqué que les impacts environnementaux sont intégrés dans le processus d’évaluation. Le risque d’entreprise est un autre aspect important (39 %).
 
Les bases de l’étude
L’étude a été menée par GreenBiz Research, afin de déterminer la manière dont les entreprises développent des stratégies en matière d’énergie et d’environnement, comment elles collectent et échangent les données et comment elles assurent la coordination des différents services. Parmi les participants figuraient des membres de la direction ou du conseil d’administration, ainsi que des spécialistes responsables de la gestion de l’énergie et du développement durable. Les entreprises interrogées représentent onze segments primaires, dont les biens de consommation, énergie/fournisseur, finances, industrie, secteur de la santé et technologie. Les résultats émanant d’échantillonnages aléatoires ont été soumis à la variance.
 
Schneider Electric (Suisse) SA
3063 Ittigen
Tél. 021 654 07 00
www.schneider-electric.ch


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