29 Mars 2012  |  Notes de police scientifque
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2012

Notes de police scientifique (1/2012)

par Olivier Delémont* et Pierre Margot*

Et leurs collaborateurs Simon Baechler, Andy Becue, Alex Biedermann, Natacha Gentile et Aline Girod
 

Documents


 
Detection of falsification of security documents using white light interferometer
Sugawara S., Nakanishi S., Itoh M. et Yatagai T.
Optics and Lasers in Engineering; 2010; vol. 48; n° pp. 448-452.
 
Mots-clés : Documents, pièces d'identité, falsification, film plastique, interférométrie
 
Se fondant sur la conjecture que le développement de nouvelles techniques d’examen permettra d’augmenter la probabilité de détecter des faux documents d’identité ou de voyage, les auteurs proposent de recourir à l’interférométrie en lumière blanche pour distinguer les documents authentiques des contrefaçons. L’article étudie dans quelle mesure cette technique d’examen de surface est capable de révéler des différences de distorsion entre les films laminés qui recouvrent 31 documents authentiques et ceux qui recouvrent 29 contrefaçons rassemblées par les auteurs à partir de cas réels. L’étude ne porte que sur des documents authentiques et des contrefaçons dont le film est en PET.
Chacun des spécimens considérés dans cette étude est soumis à quatre mesures, réalisées à quatre emplacements distincts, par interférométrie en lumière blanche. Un logiciel spécifique est alors utilisé pour analyser les profils de mesure obtenus qui sont composés de deux paramètres : la rugosité et la densité pic-vallée, tous deux corrélés à la distorsion du film laminé. Les distorsions mesurées sont de l’ordre de quelques micromètres en hauteur et de quelques millimètres en largeur. Les résultats obtenus montrent que les films laminés qui recouvrent les documents authentiques sont moins réguliers que ceux des contrefaçons : leur rugosité est en général supérieure et il y a plus de pics et de vallées. Les auteurs ont défini un intervalle de variation pour les caractéristiques des documents authentiques dont seules deux des 29 contrefaçons n’ont pas pu être exclues. Sur la base de ces résultats, ils ont évalué un rapport de vraisemblance de 14.5 attestant, selon eux, de l’efficacité de la méthode pour authentifier les documents. Les auteurs jugent que la méthode est robuste car elle mesure la distorsion créée lors du laminage du papier et non des déformations résultant de l’usure ou de la courbure du document. Il est précisé toutefois que les résultats des mesures sont influencés par le mode d’impression des caractères se trouvant sous le film laminé et qu’il est donc recommandé de réaliser les mesures sur des zones non imprimées.
Si l’interférométrie en lumière blanche constitue effectivement une approche novatrice en matière d’examen de documents de sécurité, sa plus-value est beaucoup plus discutable. En effet, cette technique paraît d’emblée moins efficace que les méthodes traditionnelles puisqu’elle identifie comme authentiques deux documents déterminés comme étant des contrefaçons sur la base d’examens microscopiques standards. Formulé en d’autres termes, le rapport de vraisemblance de 14.5 avancé par les auteurs correspond à un taux de faux positifs de près de 7%. Dans ces conditions, peut-on vraiment qualifier la technique d’efficace ? Au regard de la sensibilité de la méthode vis-à-vis du relief d’un caractère imprimé en toner, il est légitime de se demander si des usures, des coupures, de la saleté ou la présence d’éléments de sécurité optiquement variables (OVD) sont susceptibles de compromettre la validité des résultats. Il paraît alors nécessaire d’étudier des documents neufs et très usés avant de faire le constat que la méthode est robuste. En outre, la technique d’interférométrie ne semble pas présenter d’avantages opérationnels par rapport aux méthodes utilisées en routine : elle nécessite un appareillage que ne possèdent pas les laboratoires et les services concernés, elle n’est pas particulièrement rapide et ne semble pas pallier les défauts des méthodes usuelles de contrôle.
Cette méthode d’analyse pourrait toutefois présenter un intérêt en tant que technique avancée servant à caractériser une contrefaçon dans le cadre judiciaire par exemple. Il serait intéressant d'évaluer dans quelle mesure cette technique permet de détecter plusieurs types de falsification de bonne qualité dont celles réalisées par décollement du film laminé. Un autre domaine d’application potentielle est celui de la comparaison entre des faux documents visant à établir des liens. Il s’agirait alors d’évaluer plus rigoureusement la reproductibilité de la méthode et son pouvoir discriminant. Enfin, dans l’hypothèse d’une miniaturisation future de l’appareillage, cette technique pourrait trouver sa place à l'avenir dans les bornes de contrôle automatisé des documents d’identité.
(S. Baechler)
 

Identification de personnes : relation entre ADN et traces digitales


 
Relation between fingerprints and different blood groups
Fayrouz I. N. E., Farida N. et Irshad A. H.
Journal of forensic and legal medicine; 2011; vol. 19; n° 1; pp. 18-21.
 
Mots-clés : trace digitale, dessin général, sang, système, ABO, rhésus, corrélation
 
L’étude rapportée dans cet article porte sur la relation éventuelle entre les dessins généraux des empreintes digitales et les groupes sanguins. Des données relatives aux relations entre sexe et groupes sanguins ainsi qu’entre rhésus et groupes sanguins sont également présentées. La recherche conduite par les auteurs a été réalisée sur 305 individus libyens, sélectionnés de manière aléatoire. Pour chacun d’eux, un typage de groupe sanguin ABO et de rhésus a été réalisé ainsi qu’un encrage de trois empreintes digitales. Les tendances statistiques entre ces différentes mesures ont alors été mesurées. Les principaux résultats concernant les relations révélées dans cette recherche sont résumés dans le tableau suivant :
 
Relation entre sexe et GS
Même répartition des groupes sanguins entre hommes et femmes.
Majorité de groupes O (48.9%), puis groupes A (33.1%), B (12.8%) et AB (5.2%).
Distribution rhésus
Rhésus (+) majoritaire par rapport au rhésus (-) (87.2% contre 12.8%).
Distribution DG
Majorité de boucles (50.5%), puis verticilles (35.1%) et arcs (14.4%).
Relations entre GS, rhésus et DG
Groupes sanguins A (+), AB (+) et (-) ainsi que O (+) montrent des boucles en majorité.
Groupes sanguins A (-), B (+) et (-) ainsi que O (-) montrent des verticilles en majorité.
Relations entre Doigts, DG et GS
Pouces, index et auriculaires montrent des boucles en majorité pour tous les groupes sanguins.
Majeurs possèdent en majorité des boucles pour les groupes sanguins A, AB et O et en majorité des verticilles pour le groupe B.
Annulaires montrent en majorité des boucles pour les groupes sanguins B et O et en majorité des verticilles pour les groupes A et AB.
Légende : GS = Groupes sanguins ; DG = Dessin général des empreintes digitales.
La relation entre les caractéristiques morphologiques des empreintes digitales et le typage des groupes sanguins est un objet d’étude qui n’a pas souvent été traité, ce qui confère à cet article un intérêt évident. Toutefois, son apport en informations nouvelles demeure assez limité dans la mesure où les résultats obtenus ne sont pas traités dans leur globalité. Par exemple, les variations en fonction du sexe n’ont été considérées qu’en relation aux groupes sanguins, alors qu’il aurait également été possible de les mesurer pour les rhésus ou pour les dessins généraux des empreintes digitales. De plus, au-delà du gain de connaissances théoriques, l’application pratique des informations obtenues par cette étude n’est pas mise en valeur. Les auteurs mentionnent simplement que la relation entre groupes sanguins et dessins généraux des traces digitales pourrait représenter un moyen d’identification de personne supplémentaire, mais ils ne précisent pas clairement comment les données obtenues peuvent être utilisées dans ce but. Cet article soulève ainsi des questions relatives à l’utilisation de ces informations et à leur valeur ajoutée par rapport aux moyens d’identification déjà existants – les empreintes digitales seules sont déjà utilisées comme moyen d’identification de personnes. Malheureusement, aucun élément de réponse n’est proposé par les auteurs.
(A. Girod)
 
 

Interprétation – identification de personnes disparues


 
Use of prior odds for missing persons identifications
Budowle B., Ge J., Chakraborty R. et Gill-King H.
Investigative Genetics; 2011; vol. 2; n° 15; pp. 1-6.
 
Mots-clés : identification, personne, disparition, décès, raisonnement, probabilité
 
« Quelle est la probabilité que ce matériel biologique, provenant d’une personne non identifiée, provienne de cette personne disparue ? » Cette question représente un exemple typique de point de départ d’un raisonnement probabiliste. Une croyance initiale, exprimée en termes de probabilités (ou de chances), basée sur des éléments circonstanciels, peut être révisée à la lumière de nouvelles données comme, par exemple, des résultats d’analyses d’ADN.
Vu qu’une croyance a posteriori – c’est-à-dire après la prise en compte des nouvelles données  – dépend des croyances initiales, les auteurs de l’article relèvent que, d’un point de vue pratique, il convient de s’intéresser aux fondements des probabilités initiales. Ils constatent que la spécification des probabilités initiales ne semble pas faire l’objet d’une attention particulière puisqu’elle se résume souvent à la seule considération du nombre de personnes disparues. Dès lors, les auteurs soulignent le besoin, pour la détermination des probabilités a priori, d’intégrer d’autres éléments du dossier, tels que des témoignages, des données anthropologiques ou démographiques. Ils concluent que la communauté des généticiens forensiques devrait développer des recommandations pour un ‘calcul objectif’ des chances a priori.
 
L’article que proposent les auteurs sensibilise le lectorat à la nature probabiliste des raisonnements qui sous-tendent l’identification de personnes disparues, ainsi qu’à l’étendue des considérations auxquelles ce processus fait appel. Toutefois, leurs conclusions appellent quelques commentaires.
Premièrement, les auteurs appellent à d’avantage « d’objectivité » sans définir ce qu’ils entendent par ce terme. Or, les croyances a priori font par définition référence à un aspect intimement lié à chaque cas et à chaque personne en charge d’un processus d’identification. Contrairement à la perception générale, la pratique scientifique est largement dominée par la subjectivité. Dans ce contexte, cette notion n’est pas synonyme de biais ou d’arbitraire mais elle fait référence à la connaissance qui dépend du sujet et implique un jugement personnel. L’idée d’objectivité s’exprime dès lors plutôt sous forme d’un consensus intersubjectif au sein d’un groupe de spécialistes (objectivité atteinte par convergence d’opinions subjectives).
Deuxièmement, la suggestion que des chances a priori devraient être ‘calculées’ suppose l’existence d’une procédure abstraite permettant de définir les probabilités initiales à adopter. Cette conception est incompatible avec le fait qu’il ne peut s’agir que de croyances personnelles basées sur la connaissance. Au même titre qu’une machine, une technique (de calcul) ne peut produire une opinion ; elle n’est qu’un outil intervenant une fois l’opinion initiale disponible.
Finalement, bien que des recommandations pourraient effectivement être utiles à la spécification des probabilités initiales (de manière ‘intersubjectivement’ agréée), il demeure discutable de savoir si les scientifiques doivent se prononcer sur cette questions qui, selon l’état de la littérature et de la jurisprudence actuelle, relève davantage des compétences des décideurs légaux qui, en outre, disposent de l’ensemble des informations du cas d’espèce. Sur ce point en particulier et sur la problématique générale de l’identification de personnes décédées, un état complet des réflexions peut être trouvé dans le travail de thèse du Dr Gremaud (www.unil.ch/webdav/site/esc/shared/These_Gremaud.pdf).
 (A. Biedermann)
 
 

Stupéfiants

14C analyses quantify time lag between coca leaf harvest and street –level seizure of cocaïne.
Ehleringer J. R., Casale J. F., Barnette J. E., Xu X., Lotte M. J. et Hurley J.
Forensic Science International; 2011; vol. 214; pp. 7-12.
 
Mots-clés : cocaïne, âge, isotope, carbone, saisies, taille, origine
 
Il n’existe actuellement pas de données sur « l’âge » de la cocaïne en circulation sur le marché, bien que certains analystes estiment ce paramètre entre 6 et 12 mois. Les auteurs de cet article ont utilisé la technique de datation du carbone 14 (14C) pour estimer « l’âge » de spécimens de cocaïne issus de saisies réalisées pour la plupart aux Etats-Unis mais également dans d’autres pays entre 2003 et 2009. L’âge estimé correspond à l’intervalle de temps entre la récolte des feuilles de coca en Amérique du Sud et la date de la saisie. En considérant plus de 400 saisies, les auteurs ont étudié s’il existait des différences d’intervalle de temps en fonction de la provenance des saisies ou de leurs tailles.
L’intervalle de temps moyen entre la récolte des feuilles et la saisie de la cocaïne pour tous les spécimens analysés s’étend de 2 à 60 mois et varie plus fréquemment entre 15 et 25 mois. Avec une moyenne globale de 22 mois, il n’existe pas de différence significative entre l’intervalle de temps des saisies américaines et des saisies faites dans les autres pays considérés, ni entre celui de saisies de rue (< 28g) et de saisies de taille plus importante. Généralement, ces dernières étaient 3 mois plus « jeunes » que les saisies de rue. De manière similaire, les saisies d’importants chargements de cocaïne (> 150 kg) ont révélé un « âge » plus faible (18 mois) que celui de plus petits chargements (22 mois). Ces éléments sont tout à fait logiques si l’on considère la structure actuelle des réseaux de distribution.
En revanche, l’estimation du temps entre la récolte des feuilles de coca et la saisie sur le marché des stupéfiants apparaît comme un outil attrayant pour rendre compte des fluctuations de la production et de l’approvisionnement de cocaïne, et plus spécifiquement pour observer les effets d’une nouvelle politique de répression de drogues à différents niveaux.
Toutefois, comme le soulignent les auteurs, une saisie peut regrouper des spécimens de cocaïne d’ « âges » relativement différents (entre 2 et 31 mois). Ceci semble indiquer que de gros chargements de cocaïne peuvent constituer un ensemble de plusieurs productions. D’un point de vue plus global, cet élément souligne qu’il faut considérer avec prudence des résultats provenant de l’analyse de saisies conséquentes (plusieurs dizaines de kilos). En effet, l’échantillonnage de telles saisies est un facteur décisif qui peut, s’il n’est pas suffisamment représentatif, conduire à une interprétation biaisée des résultats.
(N. Gentile)
 
 

Traces digitales


 
Survivability of Latent Fingerprints - Part I: Adhesion of Latent Fingerprints to Smooth Surfaces
Cohen Y., Rozen E., Azoury M., Attias D., Gavrielli B. et Elad M. L.
Journal of Forensic Identification; 2012; vol. 62; n° 1; pp. 47-53.
 
Mots-clés : traces papillaires, surface lisse, aluminium, PVC, "powder coating", poudre, persistance, abrasion
 
Lors d'une intervention sur les lieux d’un cambriolage perpétré dans une école située dans un désert israélien, une trace digitale d'excellente qualité a été révélée à la poudre noire magnétique sur une armature de fenêtre en aluminium. Après vérification, il s'est avéré que cette trace avait été déposée 2 ans auparavant par le propriétaire de la société ayant livré et installé la fenêtre. Suite à ce constat, un retour sur les lieux a permis d’observer que cette trace était comme "fixée" de manière permanente sur le support. La même tendance a alors été mise en évidence avec des traces fraîchement déposées sur ce même support, ces dernières s'avérant insensibles aux tentatives d'effacement par frottement et pouvant toujours être détectées par saupoudrage.
Fort de ce constat, des expériences ont été réalisées pour tenter de comprendre cette apparente "fixation" de traces sur certaines surfaces lisses ; elles font l’objet de l’article en question. Les auteurs de ce dernier ont évalué la reproductibilité de ce phénomène ainsi que l'effet de divers paramètres comme la température, la nature du support, le type de sécrétions constituant la trace et la technique de révélation. Ces expériences ont montré que les traces papillaires laissées sur certaines surfaces lisses peuvent présenter une résistance accrue aux tentatives de détérioration. Ceci se produit dans le cas de traces riches en sécrétions sébacées laissées sur des supports en aluminium peint par "powder coating" ou en plastique (PVC). Dans tous les autres cas considérés, aucun effet de "fixation" n'a été constaté. En particulier, ni la température, ni la technique de détection, ni même l'âge de la trace ne semblent jouer un rôle particulier sur ce phénomène. Les auteurs expliquent que l'affinité des sécrétions sébacées pour certaines surfaces découle soit du traitement de surface hydrophobe de ces dernières (aluminium peint), soit de leur perméabilité pour les lipides (PVC). En l'occurrence, l'encadrement de fenêtre utilisé dans cette étude avait été peint à l'aide de la technique de "powder coating" incluant l’utilisation d’agents hydrophobes. De nombreuses surfaces métalliques étant traitées par ce même processus, les auteurs ont donc répété l'expérience sur des surfaces autres qu'un encadrement de fenêtre (voitures, grille-pain, extincteur, réfrigérateur, …). L'effet de "fixation" de la trace a été observé à nouveau sur le réfrigérateur.
Cette étude met ainsi en évidence le fait que des traces digitales déposées sur certaines surfaces lisses peuvent résister durablement au temps ainsi qu'aux facteurs de détérioration (frottements), ranimant ainsi le sempiternel débat sur la présupposée "fragilité" de ce type de traces.
(A. Becue)
 
 
Survivability of Latent Fingerprints - Part II: The Effect of Cleaning Agents on the Survivability of Latent Fingerprints
Cohen Y., Azoury M. et Elad M. L.
Journal of Forensic Identification; 2012; vol. 62; n° 1; pp. 54-61.
 
Mots-clés: traces papillaires, surface lisse, aluminium, PVC, "powder coating", poudre, persistance, agents nettoyants
 
Dans cette seconde partie de leur étude, les auteurs ont cherché à démontrer que les traces papillaires déposées sur certaines surfaces lisses pouvaient résister à une étape de nettoyage (frottement avec application d’un agent nettoyant) et être détectées à nouveau, par la suite.
En se fondant sur les constatations de leur précédente étude, les auteurs ont considéré des traces papillaires sébacées apposées sur les deux supports ayant montré des capacités de rétention accrue des traces (aluminium peint par "powder coating" et plastique PVC). Une nuit ou deux mois après leur apposition, ces traces ont été révélées à l'aide de poudre magnétique noire. Les surfaces ont alors été nettoyées aux moyens de différents produits de nettoyage commerciaux (six au total). Après séchage, ces surfaces ont à nouveau fait l’objet d’un saupoudrage afin d’évaluer la possibilité de détecter d'éventuelles traces ayant résisté au lavage.
Les résultats de cette étude ont montré que la plupart des produits de nettoyage utilisés ne permettaient pas d'enlever les traces latentes présentes, celles-ci étant toujours détectées par l'application subséquente de la poudre magnétique, et ce pour les deux conditions d’ « âge » de la trace (1 jour ou 2 mois). Seuls deux produits ont permis d'éliminer complètement les traces: l’un pour les deux matériaux considérés, l’autre seulement sur le PVC. Il semblerait qu’une concentration plus élevée en détergent dans ces deux produits expliquerait cette différence d’efficacité. La forte affinité des sécrétions sébacées pour les deux surfaces en question, mise en évidence dans la première partie de l'étude, peut en outre expliquer la résistance de ces traces au lavage.
Cette étude démontre en tout cas qu'on ne peut pas entièrement se fier au fait qu'une surface lisse (de type aluminium et PVC) ait été nettoyée, après l’intervention sur scène, pour affirmer que plus aucune trace papillaire latente n'y subsiste (et ne puisse être détectée à nouveau par la suite). De même, ces résultats remettent en question l’ancrage temporel d’une trace, parfois admis par raisonnement lorsqu’une trace est révélée, et qui consiste à considérer que cette dernière a été déposée entre le moment du dernier nettoyage et celui de sa découverte.
(A. Becue)
 
 
* Professeur et Directeur, Ecole des Sciences Criminelles, Université de Lausanne.


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