13 Juin 2013
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 02/2013

Approche criminologique des droits des victimes

par Robert Cario

Résumé
Traditionnellement, la doctrine identifie les droits des victimes comme relevant principalement de l’indemnisation des préjudices découlant du crime subi. La jurisprudence criminelle confirme un tel positionnement, réducteur au regard de l’humanité des personnes concernées par le passage à l’acte criminel: infracteurs, victimes et leurs proches. En effet, le crime n’est pas simplement une atteinte à l’Etat, il affecte aussi leurs relations inter-personnelles. Les droits des victimes doivent, par conséquent, être envisagés de manière globale afin de conduire à la réparation de tous, aux plans juridique, processuel, symbolique, psychologique et social. La complémentarité entre justice pénale et justice restaurative apparaît très prometteuse d’une reconnaissance harmonieuse de l’ensemble des droits des victimes, en totale équité et dans le respect de ceux de l’infracteur.

Summary
Traditionally, authors have tended to assimilate victim’s rights almost exclusively to the idea of compensation of the prejudices that emanate from a crime. Criminal law precedents confirm this tendency. However, we argue that this point of view is detrimental because it fails to consider adequately the entirety of the needs of the people concerned by the crime: offenders, victims, collaterals and communities. Hence, crime is not only a violation to the state, it affects foremost the relations between individuals. As such, victim’s rights need to be considered globally to make sure it leads to a complete reparation and recovery on legal, processual and symbolic levels but so on psychological and social one’s. The complementary nature of criminal justice and restorative justice seems very promising to allow a harmonious recognition of the victim’s rights, in all fairness, but also in total respect of the offender’s rights.


16 Décembre 2019

Proposition d’une méthodologie d’évaluation de l’identité en voie de radicalisation

Devant la multiplicité d’arrestations de personnes pour une problématique de radicalité, si ce n’est d’actes terroristes, les professionnels de la détention doivent faire face à deux questions: celle de l’évaluation et celle de l’accompagnement ou de la prise en charge. Cet article propose une articulation de cette problématique en définissant quatre questionnements que doivent avoir les professionnels en charge de ce public: i) quoi?; ii) que faire?; iii) pour quoi faire?; iv) comment faire? A partir d’une analyse approfondie qui, à l’instar des préconisations du Good Lives Model, vise l’appréciation des investissements de la personne dans ses différentes sphères de vie, dans une double lecture: synchronique et diachronique. La lecture de ces plans de vie, permet aux professionnels de co-construire avec la personne accompagnée un plan d’accompagnement.
16 Décembre 2019

La réinsertion des délinquants entre mythe et réalité

En dépit de notables progrès, la prison est confrontée au défi d’avoir à réinsérer dans un système qui demeure total, notamment du fait du carcan disciplinaire et de l’impératif sécuritaire. Mais les obstacles à la réinsertion tiennent non moins à l’institutionalisation et à la prisonnièrisation dont la synergie délétère est souvent aggravée par les séquelles d’histoires individuelles souvent chargées et des troubles psychiques. A ces difficultés s’ajoute, en fin de peine, l’angoisse de la sortie. C’est singulièrement le cas après une longue détention s’agissant des libérés, nombreux, ayant perdu tout repère surtout quand livrés à eux-mêmes à défaut du moindre soutien personnel. Même surmontée, l’épreuve augure mal de la vie après la peine et des effets collatéraux de la prison. Quels remèdes et quels acteurs, en détention comme après celle-ci, pour permettre un retour réussi dans la communauté des enfants prodigues? La panacée serait-elle une justice restauratrice qui, ne tendant plus essentiellement à la déchéance et à l’humiliation, favoriserait la réparation volontaire et, avec le concours de toutes les parties prenantes, permettrait ainsi le rétablissement du lien social rompu par l’infraction.
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