21 Décembre 2012
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2012

L’ADN, une preuve «objective»?

par Joëlle Vuille

Résumé
Les preuves scientifiques, et plus particulièrement l’ADN, sont souvent considérées par les juristes comme étant «objectives», c’est-à-dire à l’abri de toute interprétation. De nombreuses recherches menées dans le domaine de la psychologie suggèrent toutefois que l’être humain est influencé par la forme que prennent les résultats d’une analyse forensique, et que l’évaluation qu’il fait de la force probante d’un indice scientifique n’est pas constante. Le but du présent article est de rendre le lecteur attentif aux nombreux biais qui guettent son esprit lorsqu’il s’agit de raisonner dans ce domaine.
 
Summary
Lawyers often consider scientific evidence, and DNA in particular, to be «objective», and the results following from scientific analysis to be immune from any form of interpretation. Yet, many experiments conducted in the field of psychology suggest that the form in which scientific results are presented to a decision-maker influences the assessment of the evidence. The aim of the present contribution is to raise awareness as to the numerous cognitive biases that we face when we evaluate that type of evidence.
 


25 Septembre 2019

Évaluer les consommations de produits psychotropes en milieu festif: à la croisée des indicateurs

Traditionnellement, la consommation de produits psychotropes en milieu festif a été évaluée par le biais de sondages autoreportés ou d’entretiens, qui seront caractérisées de méthodes conventionnelles. Plus récemment, l’épidémiologie basée sur l’analyse des eaux usées (ou analyse des eaux usées), les laboratoires d’analyse de stupéfiants (drug checking) et l’analyse des urines contenues dans les toilettes portables ont été proposés. Cet article commence par une recherche de littérature concernant l’application de l’analyse des eaux usées en milieu festif. Le type d’information recueillie par l’analyse des eaux usées et le résultat obtenu sont notamment considérés. Ces problématiques sont ensuite systématiquement traitées dans le contexte des méthodes conventionnelles, des laboratoires d’analyse de stupéfiants et de l’analyse des urines contenues dans les toilettes portables, afin d’illustrer les convergences et divergences entre ces différents indicateurs. Ainsi, une convergence de l’ensemble des indicateurs concernant la nature des consommations de produits psychotropes en milieu festif a été mise en évidence. L’ensemble des indicateurs indique que les produits les plus consommés en milieu festif sont l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, la MDMA et l’amphétamine. En outre, confronter les connaissances en matière de consommations de produits psychotropes en milieu festif permet d’évaluer dans quelle mesure l’analyse des eaux usées est complémentaire aux autres indicateurs existants. L’analyse des eaux usées permet de monitorer au cours du temps les consommations de produits psychotropes et d’en estimer les quantités consommées, au jour le jour, lors de diverses éditions d’un même évènement. Le but de cet article est ainsi de comprendre la contribution de l’analyse des eaux usées en milieu festif et enfin, de proposer une stratégie de son déploiement pour qu’elle fournisse une information utile sur la nature et l’ampleur des consommations de produits psychotropes, caractéristiques de ce milieu.
25 Septembre 2019

Malaise dans les prisons françaises – Une éthique professionnelle en porte à faux face à la radicalisation

Les surveillants de prison, comme tous les professionnels travaillant de près ou de loin avec les détenus sont sollicités par leur hiérarchie pour détecter des signes de radicalisation – sans nécessairement avoir pris le temps de définir la notion. Ils sont, pour ainsi dire, sommés d’identifier les détenus en voie de radicalisation. Or les témoignages que nous avons recueillis dans le cadre de deux récentes recherches, indiquent que ces professionnels se sentent souvent démunis vis-à-vis de cette «commande venue d’en haut». Après avoir montré combien la notion de radicalisation peine à faire consensus également chez les scientifiques et présenté les démarches adoptées sur nos deux terrains d’enquête, nous voudrions ici rendre compte de ce malaise en prison qui visiblement met à mal l’éthique professionnelle de ces travailleurs qui continuent à penser faire le «sale boulot».
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