25 Juin 2020
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 02/2020

Sécurité et liberté d’hier et d’aujourd’hui

par Maurice Cusson

Résumé
La difficile question des rapports entre la sécurité et la liberté interpelle les criminologues, les criminalistes et les autres professionnels de la sécurité. Cet article tente une réconciliation entre ces deux finalités. Il commence par un examen de la nature de la sécurité et une énumération des principaux spécialistes et non-spécialistes de la sécurité privée, publique et informelle. Il poursuit par une définition de la liberté. Une troisième partie est consacrée aux idées de deux classiques de la liberté : John Stuart Mill et de Friedrich Hayek. Elle est suivie par une présentation de la situation des libertés économiques dans les démocraties libérales du XXIe siècle. La dernière partie répond à onze questions que nous nous posons aujourd’hui sur de la dialectique entre la sécurité et la liberté. Ces questions sont les suivantes.
Quelle est l’utilité sociale d’un juste milieu entre la sécurité et la liberté ?
Comment les démocraties libérales du XXIe siècle parviennent-elles à se gouverner sans trop brimer les libertés individuelles ?
Quand l’action de sécurité menace-t-elle la liberté et, à ce propos, quelles leçons se dégagent du funeste exemple des totalitarismes du XXe siècle ?
De nos jours, quel type de régime menace nos libertés ?
Pour quelles raisons les citoyens, et particulièrement les professionnels de la sécurité, doivent-ils rester vigilants à l’endroit des pouvoirs et des puissants ?
Les contre-pouvoirs sont-ils encore nécessaires à la liberté ?
Comment l’éparpillement actuel des organismes de sécurité privée et publique sert-il autant la liberté que la sécurité ?
Faut-il quelquefois sacrifier la liberté à la sécurité ?
Qu’elle est la meilleure solution ? Dissuader les délinquants ou les priver de la liberté de commettre une infraction ?
Pour quelles raisons les démocraties libérales, imposent-elles des limites à la liberté ?
Que penser des peines privatives de liberté ?
La croissance exponentielle des nouvelles technologies de surveillance porte-t-elle atteinte à nos libertés ?

Summary
The difficult question of the relationship between security and freedom is a challenge for criminologists and other security professionals. This article attempts to reconcile security and freedom. It begins with an examination of the nature of security. He goes on to define freedom. A third part is devoted to the ideas of two classics : John Stuart Mill and Friedrich Hayek. It is followed by a description of economic freedoms in liberal democracies in the 21st century. The last part answers the following questions on the interaction between security and freedom.
What is the social utility of a balance between security and freedom ?
How can liberal democracies in the 21st century manage to govern themselves without unduly restricting individual freedoms ?
When does security threaten freedom and, in this regard, what lessons can be drawn from the fateful example of 20th century totalitarianism ?
Nowadays, what kind of regime threatens our freedoms ?
Why should security professionals remain vigilant towards the powerful ?
Are counter-powers still necessary ?
How does the current fragmentation of private and public security organizations serve both freedom and security ?
Do we sometimes have to sacrifice freedom for security ?
Is it better to deprive offenders totally of the freedom to commit an offence or to deter them ?
Why do liberal democracies impose limits on freedom ?
What about custodial sentences ?
Does the exponential growth of new surveillance technologies undermine our freedoms ?


25 Juin 2020

Les modes opératoires des cybercriminels

Les acteurs de la cybermenace obéissent à des motivations, des intentions et des objectifs radicalement distincts. Les menaces qui portent atteinte à la sécurité d’un réseau seront de nature différente s’il s’agit d’un pirate, d’un casseur ou d’un terroriste, mais les méthodes restent souvent identiques (1). Le recours à une attaque informatique présente de nombreux avantages car il s’avère moins risqué, moins coûteux et beaucoup plus discret, l’identification de son auteur étant extrêmement difficile. Par ailleurs, il est complexe de se protéger contre les attaques informatiques car les techniques évoluent sans cesse et il n’existe pas de parade absolue dans le cyberespace. Autre difficulté, la sécurité informatique est largement dépendante des comportements des utilisateurs des systèmes d’informations qui considèrent souvent les règles de sécurité comme autant de contraintes (2).
Tous ont un jour été confrontés, parfois à leur insu, aux pratiques des pirates, sans nécessairement en être victimes (3). Pour pouvoir se protéger efficacement contre tout type d’attaques informatiques et téléphoniques, il est important de savoir comment les délinquants commettent leurs infractions en cernant leurs différents modes opératoires soit les principaux types d’attaques, soit les nouveaux modes d’action.
25 Juin 2020

La justice restaurative des mineurs en France, une approche dans une perspective juridique et scientifique

Cet article est une analyse de la circulaire française du 15 mars 2017 (1), qui traite de la mise en œuvre de la justice restaurative en France, en particulier dans le domaine de la justice des mineurs. L’analyse de la circulaire est faite en comparaison avec le contexte de la directive européenne sur la justice juvénile et la littérature internationale sur les processus criminologiques en justice restaurative (plus précisément les principes qui l’intéressent). Cet article démontrera que la justice restaurative et la philosophie sur laquelle elle repose sont conformes à la directive européenne 2016/800, qui traite de la participation des enfants à la justice des mineurs et à une justice qui leur soit adaptée (2). Cependant, cette directive européenne n’est pas mentionnée dans la circulaire française. Ensuite, cet article entreprendra une analyse pour identifier les écarts entre les principes philosophiques sur lesquels repose la justice restaurative et leur mise en œuvre dans le cadre juridique français et la circulaire précitée. Il proposera également quelques clarifications dans l’utilisation des termes juridiques pour mieux se conformer à la philosophie et aux processus de la justice restaurative.
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