30 Mars 2020
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2020

« Motivé ? Satisfait ? Oui, mais à propos de quoi précisément ? » Justice restaurative : tentative d’une taxonomie des attentes et satisfactions des participants

par Erwan Dieu, Astrid Hirschelmann et Catherine Blatier

Résumé
La Justice restaurative (JR) est un modèle global de prise en considération des besoins d’expression des auteurs et victimes d’infraction. Il s’agit de rendre la liberté aux personnes concernées par une infraction de se rencontrer en toute sécurité. En France, la démarche est désormais dans la Loi et une circulaire interministérielle précise les applications in concreto. L’une des conditions sine qua none est le recueil du consentement des participants. C’est ce volontariat que nous questionnons ici, non d’un point de vue philosophique mais sous un angle psychologique : être volontaire ou consentant, c’est « attendre quoi » ? Nous établissons l’hypothèse qu’il existe une distribution d’attentes possibles. Pour mettre à l’épreuve notre hypothèse et obtenir des résultats, nous avons interrogé les participants à un programme de Justice restaurative sous la forme d’entretiens non directifs, puis classer et quantifier leurs attentes par dimensions thématisées. Nous avons ensuite procédé de même à la sortie du processus concernant les satisfactions engendrées par la mesure restaurative. Nous pensons que la connaissance de la structuration des attentes et satisfactions des participants pourrait aider le facilitateur dans le recueil initial des besoins des sujets.

Summary
Restorative Justice (RJ) is a global model that considers the offender and victim needs. It is a matter of restoring the freedom of people concerned by an offense to meet in safety. In France, the approach is now in the Law and an interministerial circular specifies the applications in concreto. One of the conditions sine qua none is the collection of the consent of the participants. It is this voluntary work that we question here, not from a philosophical point of view but from a psychological angle : to be willing or willing is to « wait for what » ? We assume that there is a distribution of possible expectations. To test our hypothesis and obtain results, we interviewed participants in a Restorative Justice program in the form of non-directive interviews, and then ranked and quantified their expectations by thematized dimensions. We then proceeded to exit the process concerning the satisfactions generated by the restoration measure. We think that knowledge of structuring participants’ expectations and satisfactions could help the facilitator in the initial collection of the needs of the subjects.


30 Mars 2020

Perceptions et attitudes des analystes envers les logiciels de prédiction de la criminalité : le cas des polices cantonales romandes

Depuis la fin des années 90, on entend parler dans les milieux policiers et académiques d’un nouveau modèle de police, dit la police prédictive. Cette approche apparaît être plus populaire dans les pays anglo-saxons en comparaison aux pays d’Europe continentale. Ce travail tente d’identifier des raisons qui pourraient expliquer ce décalage en proposant une étude du contexte suisse-romand. Plus précisément, cet article fournit un aperçu des expériences, des perceptions et des attitudes à propos de l’utilisation de logiciels de prédiction de la criminalité dans les polices cantonales romandes. Les données ont été récoltées au travers de cinq entretiens semi-directifs avec des analystes criminels des polices cantonales de Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud. Trois constats principaux se dessinent à l’analyse des résultats. Premièrement, les logiciels de prédiction ne sont pas utilisés dans les polices suisse-romandes et cela ne devrait pas évoluer. Deuxièmement, les répondants ne perçoivent pas ces logiciels comme étant fiables et valides, et par conséquent, ne voient pas de raison de les utiliser. Troisièmement, plusieurs risques liés à leur mise en œuvre sont identifiés par les répondants, le principal étant une peur de perte du jugement humain dans le processus analytique.
30 Mars 2020

Les théories de la délinquance sont-elles universelles ? Réponse étonnante provenant des données du second sondage international de délinquance

Les théories de la délinquance constituent une base nécessaire pour développer des programmes de prévention efficaces. Or, puisque les théories de la délinquance furent développées et testées essentiellement des échantillons anglo-saxons, nous nous demandons dans quelle mesure ces théories sont valides dans d’autres contextes culturels. A partir des données d’un sondage de délinquance autorévélée mené dans 31 pays avec plus de 70 000 jeunes, nous sommes en mesure de tester la pertinence d’un modèle conceptuel qui contraste trois grandes théories, soit la tension, le contrôle et l’apprentissage. Les résultats montrent que les jeunes issus d’une famille brisée sont 1,5 fois plus à risque de délinquance sérieuse que les jeunes vivant avec leurs deux parents, que les jeunes ayant un faible niveau de contrôle personnel sont 3,1 fois plus à risque de délinquance et que les jeunes qui ont des amis délinquants sont 5,1 fois plus à risque de délinquance. Les résultats des analyses pays par pays confirment que le modèle est très semblable partout, ce qui atteste de l’universalité des théories de la délinquance développées au cours des dernières décennies par les criminologues.
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