16 Décembre 2019
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2019

Proposition d’une méthodologie d’évaluation de l’identité en voie de radicalisation

par Erwan Dieu, Linda Testouri et Olivier Sorel

Résumé
Devant la multiplicité d’arrestations de personnes pour une problématique de radicalité, si ce n’est d’actes terroristes, les professionnels de la détention doivent faire face à deux questions: celle de l’évaluation et celle de l’accompagnement ou de la prise en charge. Cet article propose une articulation de cette problématique en définissant quatre questionnements que doivent avoir les professionnels en charge de ce public: i) quoi?; ii) que faire?; iii) pour quoi faire?; iv) comment faire? A partir d’une analyse approfondie qui, à l’instar des préconisations du Good Lives Model, vise l’appréciation des investissements de la personne dans ses différentes sphères de vie, dans une double lecture: synchronique et diachronique. La lecture de ces plans de vie, permet aux professionnels de co-construire avec la personne accompagnée un plan d’accompagnement.

Summary
Objectives: Faced up to the multiplicity of arrests of people for a problem of radicality, and even terrorism, the professionals of the detention have to face two questions: that of the evaluation and that of the accompaniment or the supported. What should be established at the very outset is that we are dealing with both an important political and strategic issue. This article proposes an articulation of this problem by defining four questions that must have the professionals in charge of this audience: i) what?; ii) what to do?; iii) what for?; iv) how to do it? In other words, it’s necessary to define radicalization and commitment. According to Risk-Needs-Responsivity principles, offenders assessment and rehabilitation are rooted in three principles: the risk principle which advise to fit treatment to the offender’s risk to reoffend, the needs principle which is necessary to assess criminogenic needs and work with it in the treatment, the responsivity principle defines how treatment should be administerd. The Good Lives Model considers that risky or offending behaviors are not the real goals of the action but the means used (instrumental or secondary needs) to achieve basic living needs (primary needs). Extremist behaviors, radical thoughts, rigidification of religious practices, for exemple, would be means of access to reach satisfaction life and well-being.
Materials and methods: the literature analyses are presented by a questionnary for assessing radical commitment, radical ideology and positive resources (disengagement of risk behaviors or social relationships and new commitments such as protective factors) and a method of psychological support. Thus, this tool investigates both the vulnerabilities and the positive resources of the individual. Three indicative thresholds are proposed to reflect the radical identity of the person.
Results: This presentation permits identification, evaluation of level of needs of radical identity. Moreover, it offers to profesionals a method to evaluate the offender’s temporal identity and a methodology to elaborate a care plan with him. A clinical illustration from french prison is described. Today, this presentation is used like a structured profesional judgment tool by French correctional services.
Conclusions: According to the recommendations of the Good Lives Model, aims at the appreciation of the investments of the person in his different spheres of life, in a double reading: synchronic and diachronic. Reading these life plans, allows professionals to co-build with the person accompanied by a support plan.


16 Décembre 2019

L’efficacité des interventions policières visant la criminalité des proxénètes

Le proxénétisme prend des formes et des styles de gestion diversifiés; certains proxénètes sont non violents, d’autres ont recours à la violence et finalement d’autres se caractérisent par une délinquance polymorphe. Sachant que peu de délinquants maintiennent un rythme d’activités criminelles constant pendant leur trajectoire, il est possible que les interventions policières amènent les proxénètes à s’abstenir de commettre des crimes ou à en commettre des moins graves. L’article répond à la question suivante: l’activité délinquante des proxénètes est-elle neutralisée ou ralentie par les enquêtes et la surveillance des policiers qui les visent? L’étude identifie les interventions policières qui ont un effet sur la durée des périodes d’inactivité criminelles de proxénètes enquêtés et sur la réduction de la gravité de leurs délits et crimes. Nous distinguons des effets selon deux types de proxénétisme: coercitif et non coercitif. À l’aide des trajectoires criminelles et policières de 589 personnes enquêtées pour du proxénétisme dans une grande ville canadienne de 2001 à 2014, nous avons effectué des corrélations non paramétriques, des corrélations de mesures répétées et des modèles de régression de Cox dont les covariés sont temporalisés. Les résultats mettent en lumière que les enquêtes tendent à augmenter la durée de l’inactivité criminelle des proxénètes. Chez les proxénètes non coercitifs, elles ne préviennent pas l’occurrence de crimes subséquents. Les contrôles d’identité et des bris de conditions réduisent l’occurrence de crimes subséquents. Les enquêtes visant des crimes graves augmentent les probabilités d’une réduction de la gravité du prochain crime chez les proxénètes non coercitifs.
16 Décembre 2019

La réinsertion des délinquants entre mythe et réalité

En dépit de notables progrès, la prison est confrontée au défi d’avoir à réinsérer dans un système qui demeure total, notamment du fait du carcan disciplinaire et de l’impératif sécuritaire. Mais les obstacles à la réinsertion tiennent non moins à l’institutionalisation et à la prisonnièrisation dont la synergie délétère est souvent aggravée par les séquelles d’histoires individuelles souvent chargées et des troubles psychiques. A ces difficultés s’ajoute, en fin de peine, l’angoisse de la sortie. C’est singulièrement le cas après une longue détention s’agissant des libérés, nombreux, ayant perdu tout repère surtout quand livrés à eux-mêmes à défaut du moindre soutien personnel. Même surmontée, l’épreuve augure mal de la vie après la peine et des effets collatéraux de la prison. Quels remèdes et quels acteurs, en détention comme après celle-ci, pour permettre un retour réussi dans la communauté des enfants prodigues? La panacée serait-elle une justice restauratrice qui, ne tendant plus essentiellement à la déchéance et à l’humiliation, favoriserait la réparation volontaire et, avec le concours de toutes les parties prenantes, permettrait ainsi le rétablissement du lien social rompu par l’infraction.
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