25 Septembre 2019
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 03/2019

Malaise dans les prisons françaises – Une éthique professionnelle en porte à faux face à la radicalisation

par Omar Zanna et Jean-Philippe Melchior

Résumé
Les surveillants de prison, comme tous les professionnels travaillant de près ou de loin avec les détenus sont sollicités par leur hiérarchie pour détecter des signes de radicalisation – sans nécessairement avoir pris le temps de définir la notion. Ils sont, pour ainsi dire, sommés d’identifier les détenus en voie de radicalisation. Or les témoignages que nous avons recueillis dans le cadre de deux récentes recherches, indiquent que ces professionnels se sentent souvent démunis vis-à-vis de cette «commande venue d’en haut». Après avoir montré combien la notion de radicalisation peine à faire consensus également chez les scientifiques et présenté les démarches adoptées sur nos deux terrains d’enquête, nous voudrions ici rendre compte de ce malaise en prison qui visiblement met à mal l’éthique professionnelle de ces travailleurs qui continuent à penser faire le «sale boulot».

Summary
Prison supervisors, like all professionals working closely or remotely with prisoners, are called upon by their superiors to detect signs of radicalization – without necessarily having taken the time to define the concept. They are, so to speak, summoned to identify prisoners in the process of radicalization. But the testimonials we have collected in two recent research indicate that these professionals often feel helpless toward this top down order. After showing the difficulty for the notion of radicalization to reach consensus among scientists and presenting the process adopted for our two fields of inquiry, we would like to report here on this malaise in prison, which obviously undermines the professional ethics of these workers who continue to think they are doing the «dirty work».


25 Septembre 2019

Terrorismes et radicalisations à l’ère post-Daech

Daech tel qu’on l’a connu, n’existe plus. Son projet de création d’un nouveau califat à cheval sur la Syrie et l’Irak a échoué. L’essoufflement de la mobilisation djihadiste qui s’ensuivait en Europe permet de regarder en arrière, afin de mesurer l’ampleur de ce phénomène et de le mettre en perspective. Comment expliquer un tel engouement pour rejoindre un lointain théâtre de guerre?
Simultanément au déclin du terrorisme djihadiste, une nouvelle forme d’extrémisme a cependant refait surface. Depuis plusieurs années des tentatives d’attentats avec une signature extrême droite se sont multipliées dans un nombre croissant de pays européens. Un terreau fertile est exploité par des groupes, groupuscules et individus qui se présentent en avant-garde de ‘leur’ communauté en péril – tout comme leurs contreparties djihadistes le font.
25 Septembre 2019

Évaluer les consommations de produits psychotropes en milieu festif: à la croisée des indicateurs

Traditionnellement, la consommation de produits psychotropes en milieu festif a été évaluée par le biais de sondages autoreportés ou d’entretiens, qui seront caractérisées de méthodes conventionnelles. Plus récemment, l’épidémiologie basée sur l’analyse des eaux usées (ou analyse des eaux usées), les laboratoires d’analyse de stupéfiants (drug checking) et l’analyse des urines contenues dans les toilettes portables ont été proposés. Cet article commence par une recherche de littérature concernant l’application de l’analyse des eaux usées en milieu festif. Le type d’information recueillie par l’analyse des eaux usées et le résultat obtenu sont notamment considérés. Ces problématiques sont ensuite systématiquement traitées dans le contexte des méthodes conventionnelles, des laboratoires d’analyse de stupéfiants et de l’analyse des urines contenues dans les toilettes portables, afin d’illustrer les convergences et divergences entre ces différents indicateurs. Ainsi, une convergence de l’ensemble des indicateurs concernant la nature des consommations de produits psychotropes en milieu festif a été mise en évidence. L’ensemble des indicateurs indique que les produits les plus consommés en milieu festif sont l’alcool, le tabac, le cannabis, la cocaïne, la MDMA et l’amphétamine. En outre, confronter les connaissances en matière de consommations de produits psychotropes en milieu festif permet d’évaluer dans quelle mesure l’analyse des eaux usées est complémentaire aux autres indicateurs existants. L’analyse des eaux usées permet de monitorer au cours du temps les consommations de produits psychotropes et d’en estimer les quantités consommées, au jour le jour, lors de diverses éditions d’un même évènement. Le but de cet article est ainsi de comprendre la contribution de l’analyse des eaux usées en milieu festif et enfin, de proposer une stratégie de son déploiement pour qu’elle fournisse une information utile sur la nature et l’ampleur des consommations de produits psychotropes, caractéristiques de ce milieu.
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