29 Mars 2019
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2019

Comment les expériences passées conditionnent la fin des carrières criminelles: réussite criminelle et processus de désistement

par Sabrina Vidal et Frédéric Ouellet

Résumé
Dans les travaux sur les carrières criminelles le lien entre les activités criminelles passées et futures est assez soutenu. Il est alors possible de présumer de ce constat que le désistement ne s’actualiserait pas de la même façon pour les individus ayant eu des trajectoires parsemées de succès versus ceux ayant vécu de multiples échecs. Or, peu de travaux se sont penchés sur le lien entre la carrière criminelle et la période qui lui succède, comment les événements et circonstances qui ont caractérisé le mode de vie criminelle influencent la décision de se désister, mais surtout le processus de maintien de l’abstinence criminelle. Cet article propose d’examiner l’association potentielle entre la réussite criminelle et le processus de désistement, ainsi que son maintien. L’examen de cette problématique sur la carrière criminelle de 27 délinquants s’étant désisté du crime. Deux stratégies sont utilisées dans ce projet. La première s’inspire de la méthode des calendriers de vie, elle vise à colliger les détails entourant la carrière criminelle. La deuxième se fonde sur des entretiens semi-dirigés et vise à recueillir, les récits de vie des participants. Ces récits servent à documenter le processus de désistement. Les résultats mettent en évidence l’intérêt de considérer les paramètres de la carrière criminelle dans la compréhension du processus désistement, que le niveau de réussite dans le crime a une incidence sur la forme du désistement. Cette étude favorise la compréhension des processus qui expliquent la continuité et le désistement, elle pourrait donc servir à orienter le développement de programme visant la réinsertion sociale.

Summary
Future criminal activities are often dependent on past criminal activities, as shown by researches on criminal career. Following this train of thought, previous successes or failures might shape the desistance process. However, literature on the relation between parameters of the criminal career and the desistance process is at most sparse. Little is known about how specific events can modulate the decision to reduce or stop criminal activities and to maintain the desistance from crime. This work will focus on criminal success, desistance and the upkeep of desistance. The goal is to investigate criminal success such as criminal earning and impunity to investigate its impact of the desistance process. To be selected in the sample, the participants needed to have participated actively in lucrative crime for period of more than 2 years and have ended their criminal career for more than a year. 27 participants were selected. To collect the data, two strategies were used. A life history calendar methodology was used to map out the criminal and legitimate careers of all participants. Interviews were also done to let the participants ‘’tell their story’’ as that methodology enables the researcher to grasp the impact of the events on the participant’s life trajectory. The parameters of the criminal career might be of interest in the study of desistance, since the results show that the desistance process differs with the success level. This work helps in our understanding of the desistance process and the impact of success on the process. It could also be useful when it comes to the development of programs for social reintegration.


16 Décembre 2019

La réinsertion des délinquants entre mythe et réalité

En dépit de notables progrès, la prison est confrontée au défi d’avoir à réinsérer dans un système qui demeure total, notamment du fait du carcan disciplinaire et de l’impératif sécuritaire. Mais les obstacles à la réinsertion tiennent non moins à l’institutionalisation et à la prisonnièrisation dont la synergie délétère est souvent aggravée par les séquelles d’histoires individuelles souvent chargées et des troubles psychiques. A ces difficultés s’ajoute, en fin de peine, l’angoisse de la sortie. C’est singulièrement le cas après une longue détention s’agissant des libérés, nombreux, ayant perdu tout repère surtout quand livrés à eux-mêmes à défaut du moindre soutien personnel. Même surmontée, l’épreuve augure mal de la vie après la peine et des effets collatéraux de la prison. Quels remèdes et quels acteurs, en détention comme après celle-ci, pour permettre un retour réussi dans la communauté des enfants prodigues? La panacée serait-elle une justice restauratrice qui, ne tendant plus essentiellement à la déchéance et à l’humiliation, favoriserait la réparation volontaire et, avec le concours de toutes les parties prenantes, permettrait ainsi le rétablissement du lien social rompu par l’infraction.
16 Décembre 2019

Proposition d’une méthodologie d’évaluation de l’identité en voie de radicalisation

Devant la multiplicité d’arrestations de personnes pour une problématique de radicalité, si ce n’est d’actes terroristes, les professionnels de la détention doivent faire face à deux questions: celle de l’évaluation et celle de l’accompagnement ou de la prise en charge. Cet article propose une articulation de cette problématique en définissant quatre questionnements que doivent avoir les professionnels en charge de ce public: i) quoi?; ii) que faire?; iii) pour quoi faire?; iv) comment faire? A partir d’une analyse approfondie qui, à l’instar des préconisations du Good Lives Model, vise l’appréciation des investissements de la personne dans ses différentes sphères de vie, dans une double lecture: synchronique et diachronique. La lecture de ces plans de vie, permet aux professionnels de co-construire avec la personne accompagnée un plan d’accompagnement.
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