29 Mars 2019
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2019

La récidive des détenus avec des problèmes d’alcool et/ou de drogues après leur sortie des prisons belges

par Benjamin Mine et Éric Maes

Résumé
L’article propose un aperçu de la récidive en Belgique des usagers de drogues et/ou d’alcool incarcérés qui ont été orientés vers les points centraux de contact, d’orientation et d’accompagnement (PCOA) en 2011, 2012 et 2013 et qui sont ensuite sortis de prison (n = 2758). Les PCOA avaient pour objectif d’assurer la continuité et l’équivalence de soins entre l’intra- et l’extramuros par le biais d’interventions brèves (information, motivation et orientation) auprès de celles et ceux qui en faisaient la demande. L’étude de récidive constitue un des volets d’un projet de recherche mené sur les processus et les effets liés aux activités des PCOA qui fut financé conjointement du 1er décembre 2014 au 31 octobre 2016 par la Politique scientifique fédérale belge, le ministère de la Justice et celui de la Santé.
La récidive fut examinée sur la base de trois indicateurs: l’entrée de nouvelles affaires judiciaires dans la base de données des parquets correctionnels (TPI-REA), l’enregistrement de nouvelles décisions judiciaires définitives dans le Casier judiciaire central (CJCS) et les éventuels retours en prison enregistrés dans la base de données des établissements pénitentiaires (SIDIS-Greffe).
Après avoir donné une description de l’ensemble de l’échantillon, il sera fait état de la prévalence et de la vitesse de la récidive pour chaque indicateur ainsi que des résultats d’analyses multivariées (Cox) destinées à apprécier l’impact relatif de différentes variables sur la récidive en tenant compte, pour chacune des personnes de l’échantillon, du temps écoulé jusqu’à la (première) récidive. Le rapport complet de la recherche (Process and Outcome Study of Prison-based Registration Points) ainsi qu’un résumé des principaux résultats sont disponibles sur le site web de BELSPO (http://www.belspo.be/belspo/fedra/proj.asp?l=en&COD=DR%2F70) en français, néerlandais et anglais.

Summary
In this article we describe the recidivism, in Belgium, of incarcerated alcohol- and/or drug users who were referred to the prison-based registration points (PbRP) between 2011 and 2013 and subsequently were released from prison (n= 2,758). The prison based registration points engage in continuity and support between prison and the community through short interventions (information, motivation, and referral) on demand of their clients. This study on recidivism was part of a research project evaluating the processes and outcomes of the activities of the PbRP’s and was financed, jointly by the Belgian Federal Science Policy Office, the Ministry of Justice and the Ministry of Public Health, between 1 December 2014 and 31 October 2016.
Recidivism was defined in three different ways (indicators), namely as: a new criminal case admitted to the prosecutor’s office (registration in the central database of the local district prosecutors’ offices and sentencing courts, TPI-REA), a new final conviction record in the central Criminal Records Registry (CJCS) and re-incarceration in prison registered in the database of the central federal prison administration (Sidis-Greffe).
After a description of the total sample, we present recidivism prevalence rates and time to recidivism for each indicator of recidivism, as well as results of multivariate (Cox) regression analyses assessing the relative effect of different variables (predictors) on recidivism, thereby taking into consideration the time to the (first) event of recidivism for each person included in the sample. The full research report (Process and Outcome Study of Prison-based Registration Points) and summaries of the main results are available on the BELSPO-website (http://www.belspo.be/belspo/fedra/proj.asp?l=en&COD=DR%2F70) in French, Dutch and English.


16 Décembre 2019

La réinsertion des délinquants entre mythe et réalité

En dépit de notables progrès, la prison est confrontée au défi d’avoir à réinsérer dans un système qui demeure total, notamment du fait du carcan disciplinaire et de l’impératif sécuritaire. Mais les obstacles à la réinsertion tiennent non moins à l’institutionalisation et à la prisonnièrisation dont la synergie délétère est souvent aggravée par les séquelles d’histoires individuelles souvent chargées et des troubles psychiques. A ces difficultés s’ajoute, en fin de peine, l’angoisse de la sortie. C’est singulièrement le cas après une longue détention s’agissant des libérés, nombreux, ayant perdu tout repère surtout quand livrés à eux-mêmes à défaut du moindre soutien personnel. Même surmontée, l’épreuve augure mal de la vie après la peine et des effets collatéraux de la prison. Quels remèdes et quels acteurs, en détention comme après celle-ci, pour permettre un retour réussi dans la communauté des enfants prodigues? La panacée serait-elle une justice restauratrice qui, ne tendant plus essentiellement à la déchéance et à l’humiliation, favoriserait la réparation volontaire et, avec le concours de toutes les parties prenantes, permettrait ainsi le rétablissement du lien social rompu par l’infraction.
16 Décembre 2019

Proposition d’une méthodologie d’évaluation de l’identité en voie de radicalisation

Devant la multiplicité d’arrestations de personnes pour une problématique de radicalité, si ce n’est d’actes terroristes, les professionnels de la détention doivent faire face à deux questions: celle de l’évaluation et celle de l’accompagnement ou de la prise en charge. Cet article propose une articulation de cette problématique en définissant quatre questionnements que doivent avoir les professionnels en charge de ce public: i) quoi?; ii) que faire?; iii) pour quoi faire?; iv) comment faire? A partir d’une analyse approfondie qui, à l’instar des préconisations du Good Lives Model, vise l’appréciation des investissements de la personne dans ses différentes sphères de vie, dans une double lecture: synchronique et diachronique. La lecture de ces plans de vie, permet aux professionnels de co-construire avec la personne accompagnée un plan d’accompagnement.
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