21 Décembre 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2018

Le harcèlement sexuel dans l’espace public: De l’indifférence à l’intolérance au risque de criminalisation

par Margot Goblet et Fabienne Glowacz

Résumé
Assimilé à des gestes bénins ou à des tentatives de séduction maladroites, le harcèlement sexuel en rue avait été jusqu’il y a peu été ignoré par la littérature scientifique, aussi bien que par la scène politique et médiatique. En juillet 2012 est diffusé le reportage de Sophie Peeters, « Femme de la rue ». Mettant en lumière le sexisme ordinaire en rue, ce documentaire touche l’opinion publique et suscite une importante mobilisation médiatique et politique en Belgique et conduit à l’adoption d’une loi pénalisant la discrimination sexiste dans l’espace public. En France, l’affaire Weinstein et le phénomène #Balancetonporc donnent lieu à de multiples dénonciations. Des milliers de femmes partagent leurs récits sur les réseaux sociaux et des manifestations ont lieu, appelant à lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles. Incluse dans le plan de lutte contre les violences faites aux femmes survient alors la proposition de création du délit d’outrage sexiste, ciblant le harcèlement de rue. Au cours des dernières années, de telles initiatives se sont multipliées en Europe et dans le monde. Prise de conscience, dénonciations en cascade, indignation de l’opinion publique, revendications et pénalisation ; le harcèlement sexuel dans l’espace public est plus que jamais d’actualité. En dépit des enjeux concernant l’égalité homme-femme et l’accès à l’espace public, malgré les questions éthiques que soulèvent les propositions de qualification pénale et bien que nombre de personnes y soient exposées chaque jour, peu de recherches ont à ce jour abordé ce thème. Par le biais de questionnaires auto-administrés diffusés à large échelle, notre étude vise à mettre en évidence les spécificités du harcèlement sexuel dans l’espace public en termes de fréquence, de caractéristiques contextuelles, d’attributs des protagonistes mais aussi au niveau des attitudes qui y sont afférentes. Les résultats de l’étude donnent certaines indications quant aux modalités d’expression et suggèrent des implications pour la prévention.

Summary
Frequently viewed as benign gestures or awkward attempts of seduction, until few street harassment had been ignored by scientific literature as well as by politic and mediatic scene. In July 2012, Sophie Peeters’ report “Femme de la rue” is broadcasted. Highlighting ordinary sexism on the street, this story affects public opinion, arouses an important mediatic and politic mobilization in Belgium and results in the adoption of a law condemning sexist discrimination in public space. In France, the case Weinstein and the phenomenon #Balancetonporc generate multiple disclosures. Thousands of women share their stories on social networks and protests calling to fight against harassment and sexual assaults emerge. Following which, included in the plan against violence on women, the French government submits a proposal of creation of an offence of sexist contempt, targeting street harassment. In recent years similar actions have spread in Europe and all over the world. Rising awareness, disclosures with domino effect, indignation on the part of public opinion, claims and penalization; sexual harassment in public space is more than ever in the news. Notwithstanding issues regarding gender equity and access to public space, despite the ethical concerns raised by proposals of penal qualification and although many persons are exposed every day to sexual harassment in public space, few researches has addressed this topic thus far. Using self-administrated questionnaires on a large scale, our study aims to underscore specificities of sexual harassment in public space in terms of frequency, contextual features, protagonists’ attributes but also in terms of associated attitudes. Results provide information about means of expression and suggest promising areas for prevention.


24 Juin 2019

Collecte de données post mortem en situation de crise par l’unité gendarmerie d’identification de victimes de catastrophe: intérêt du formulaire post mortem rapide «Quickscan»

Le 16 janvier 2016, l’attaque du Splendid Hôtel et du café-restaurant Cappuccino de Ouagadougou (Burkina-Faso), fait trente victimes dont deux ressortissants français et une ressortissante franco-marocaine (décédée des suites de ses blessures). Les trois assaillants ont été neutralisés. Un détachement de l’Unité Gendarmerie d’Identification de Victimes de Catastrophes (UGIVC-IRCGN) est projetée dès le lendemain des faits sur les lieux, à la demande du Ministère des Affaires Etrangères, afin de prêter assistance aux autorités Burkinabès.
Le travail de ce détachement pluridisciplinaire a permis de collecter, dans des conditions délicates (examen de corps), les données post-mortem de 15 victimes dès le 18 janvier 2016, de 12 autres victimes le 19 janvier 2016 et sur les corps des auteurs présumés le 20 janvier 2016.
Le présent article a pour objet d’évoquer une nouvelle utilisation et les développements du formulaire post mortem rapide ou «Quickscan form» pour ces examens de corps en conditions dégradés et de proposer des pistes d’amélioration.
24 Juin 2019

Adéquation du matériel de référence dans l’expertise des écritures : Quelles sont les différences entre l’écriture à la peinture en spray et l’écriture au stylo d’une même personne ?

Dans un cas d’expertise d’écritures d’inscriptions murales à la peinture en spray, il se peut que le matériel de référence du suspect ne se présente que sous la forme d’écrits conventionnels, rédigés au moyen d’un stylo sur du papier. Cette étude vise donc à déterminer s’il est adéquat d’utiliser ce type de références pour réaliser l’expertise d’inscriptions murales. Pour cela, les caractéristiques de l’écriture de personnes qui écrivent verticalement au moyen de peinture en spray ont été comparées aux caractéristiques de leur écriture conventionnelle sur une surface horizontale au moyen d’un stylo à bille. Des inscriptions murales produites par 27 volontaires ont été analysées et comparées, respectivement, à leurs écrits produits au moyen d’un stylo. Des variations ont été observées dans l’espacement entre les lettres et entre les mots, l’inclinaison, la forme et le mode de formation des lettres, les liaisons, ainsi que pour les proportions mesurées sur les lettres «h», «p» et «y». Sur la base des résultats obtenus, les auteurs recommandent fortement d’utiliser du matériel de référence produit dans des conditions similaires afin de réaliser l’expertise.
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