21 Décembre 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2018

La méthode des cartes de vie pour reconstruire les trajectoires de délinquantes sexuelles et violentes

par Marion Desfachelles et Frédéric Ouellet

Résumé
La carte de vie est un outil issu de la volonté de chercheurs d’adapter la méthodologie des calendriers d’histoire vie de façon qualitative. Utilisée pour dresser et comprendre les trajectoires individuelles, la carte de vie est encore peu exploitée malgré les avantages qu’elle présente. Le présent article explore le potentiel de cet outil pour faciliter les entretiens semi-dirigés dans lesquels l’objectif est la compréhension des liens entre les trajectoires criminelles et non criminelles, en plus de la subjectivité de l’individu. Cet outil offre une liberté tant au participant qu’au chercheur et favorise la confiance du participant vis-à-vis du chercheur, permettant ainsi de recueillir une variété et une qualité de données plus importante qu’avec des entretiens traditionnels. Malgré cette liberté, la carte de vie requiert de suivre certaines règles. Les auteurs discuteront des considérations pratiques liées à l’utilisation de cet outil, notamment quant au choix du cadre temporel, de l’élaboration de la question de départ et du matériel requis. Cet article inclut des exemples de cartes de vie issues d’une recherche qualitative visant à comprendre les trajectoires criminelles des délinquantes sexuelles et des délinquantes violentes.

Summary
Timeline interview is a tool issued from researchers’ willingness to adapt the life history calendar as a qualitative methodology. Used to establish and understand individuals’ pathways, the timeline interview is still under exploited despite its advantages. This article explores the potential of this tool to facilitate semi-structured interviews when the objective is to understand the associations between criminal and non-criminal pathways, as well as the individuals’ subjectivity. This tool offers freedom for both the participant and the researcher and encourages the participant’s trust toward the researcher, allowing to collect a variety and quality of data that would not be obtained using traditional interviews. Despite this freedom, the timeline interview requires to follow certain rules. The authors will discuss the practical matters related to the use of this tool, including the choice of time frame, the elaboration of the initial question and the material required. This article includes examples of timeline interviews retrieved from a qualitative research aiming to understand women sexual and violent offenders’ pathways.


30 Mars 2020

« Motivé ? Satisfait ? Oui, mais à propos de quoi précisément ? » Justice restaurative : tentative d’une taxonomie des attentes et satisfactions des participants

La Justice restaurative (JR) est un modèle global de prise en considération des besoins d’expression des auteurs et victimes d’infraction. Il s’agit de rendre la liberté aux personnes concernées par une infraction de se rencontrer en toute sécurité. En France, la démarche est désormais dans la Loi et une circulaire interministérielle précise les applications in concreto. L’une des conditions sine qua none est le recueil du consentement des participants. C’est ce volontariat que nous questionnons ici, non d’un point de vue philosophique mais sous un angle psychologique : être volontaire ou consentant, c’est « attendre quoi » ? Nous établissons l’hypothèse qu’il existe une distribution d’attentes possibles. Pour mettre à l’épreuve notre hypothèse et obtenir des résultats, nous avons interrogé les participants à un programme de Justice restaurative sous la forme d’entretiens non directifs, puis classer et quantifier leurs attentes par dimensions thématisées. Nous avons ensuite procédé de même à la sortie du processus concernant les satisfactions engendrées par la mesure restaurative. Nous pensons que la connaissance de la structuration des attentes et satisfactions des participants pourrait aider le facilitateur dans le recueil initial des besoins des sujets.
30 Mars 2020

La délinquance des orphelins de guerre : un recul de la supervision familiale

Cet article vise à analyser la délinquance des orphelins de guerre. Il met en évidence la défaillance de la supervision familiale dans le comportement dérogatoire de ceux-ci. Deux centres ont été choisis pour l’enquête de terrain : le centre d’observation des mineurs (COM) et le centre (Erb Aloïs) à Yopougon. Les participants à l’étude sont au nombre de 230. Ils ont été choisis à l’aide de la méthode non probabiliste et soumis à un entretien semi-directif. Les données recueillies ont été analysées à la fois de façon qualitative et quantitative. La théorie au fondement de cette recherche est la théorie de Hirschi (1969) relative au lien social. Les hypothèses testées sont vérifiées car, les résultats obtenus révèlent que le facteur le plus dominant dans la compréhension de la délinquance des orphelins de guerre est l’affaiblissement socio-économique des parents. Cette impuissance économique et sociale fragilise les relations familiales, discrédite le discours normatif des parents et rend défaillante la supervision parentale. Il convient donc d’améliorer les conditions de vie des familles des orphelins de guerre par une assistance financière pour s’investir dans la réalisation d’un projet qui puisse les relever de leurs conditions. Aider les orphelins de guerre à construire un projet de vie qui puisse leur permettre de s’insérer dans le tissu social à travers l’activité de leur choix. Encourager les parents à améliorer ou renforcer leur relation avec leurs enfants au moyen de la supervision pour prévenir ou circonscrire leur comportement déviant.
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