21 Décembre 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2018

«Violence dans les relations amoureuses des adolescents et jeunes adultes: entre théorie du conflit et pensée féministe»

par Audrey Courtain et Fabienne Glowacz

Résumé
Alors que la violence dans les relations amoureuses des adolescents et jeunes adultes est étudiée depuis les travaux précurseurs de Makepace (1981), aucun écrit n’a encore traité du sillon sociétal et théorique à la suite duquel ce sujet s’est développé. Dès lors, le présent développement propose de remonter jusqu’à la reconnaissance et l’étude de la violence conjugale à travers deux grilles de lecture, à savoir la théorie du conflit des sociologues américains de la famille d’une part, et la pensée féministe d’autre part. Il s’agira ici de développer les convergences et divergences de ces deux courants et leurs contributions respectives à l’étude de la violence dans les relations amoureuses. Cette démarche épistémologique s’inscrit dans le champ de la criminologie et de l’intervention psycho-judiciaire en participant à une nouvelle définition du problème social (Blumer, 1971) que constitue la violence dans les relations amoureuses.

Summary
While dating violence has been being studied since Makepeace’s seminal work (1981), neither its societal nor theoretical background has been examined so far. The present manuscript then goes back to the acknowledgment and study of domestic violence via two perspectives: conflict theory and feminist thought. Underlining their convergences and divergences is an opportunity to understand their respective contributions to the study of dating violence. This epistemological approach comes within the scope of criminology and psycho-judiciary interventions by contributing to a new definition of the social problem (Blumer, 1971) that we call ‘dating violence’.


30 Mars 2020

Perceptions et attitudes des analystes envers les logiciels de prédiction de la criminalité : le cas des polices cantonales romandes

Depuis la fin des années 90, on entend parler dans les milieux policiers et académiques d’un nouveau modèle de police, dit la police prédictive. Cette approche apparaît être plus populaire dans les pays anglo-saxons en comparaison aux pays d’Europe continentale. Ce travail tente d’identifier des raisons qui pourraient expliquer ce décalage en proposant une étude du contexte suisse-romand. Plus précisément, cet article fournit un aperçu des expériences, des perceptions et des attitudes à propos de l’utilisation de logiciels de prédiction de la criminalité dans les polices cantonales romandes. Les données ont été récoltées au travers de cinq entretiens semi-directifs avec des analystes criminels des polices cantonales de Fribourg, Genève, Jura, Neuchâtel et Vaud. Trois constats principaux se dessinent à l’analyse des résultats. Premièrement, les logiciels de prédiction ne sont pas utilisés dans les polices suisse-romandes et cela ne devrait pas évoluer. Deuxièmement, les répondants ne perçoivent pas ces logiciels comme étant fiables et valides, et par conséquent, ne voient pas de raison de les utiliser. Troisièmement, plusieurs risques liés à leur mise en œuvre sont identifiés par les répondants, le principal étant une peur de perte du jugement humain dans le processus analytique.
30 Mars 2020

« Motivé ? Satisfait ? Oui, mais à propos de quoi précisément ? » Justice restaurative : tentative d’une taxonomie des attentes et satisfactions des participants

La Justice restaurative (JR) est un modèle global de prise en considération des besoins d’expression des auteurs et victimes d’infraction. Il s’agit de rendre la liberté aux personnes concernées par une infraction de se rencontrer en toute sécurité. En France, la démarche est désormais dans la Loi et une circulaire interministérielle précise les applications in concreto. L’une des conditions sine qua none est le recueil du consentement des participants. C’est ce volontariat que nous questionnons ici, non d’un point de vue philosophique mais sous un angle psychologique : être volontaire ou consentant, c’est « attendre quoi » ? Nous établissons l’hypothèse qu’il existe une distribution d’attentes possibles. Pour mettre à l’épreuve notre hypothèse et obtenir des résultats, nous avons interrogé les participants à un programme de Justice restaurative sous la forme d’entretiens non directifs, puis classer et quantifier leurs attentes par dimensions thématisées. Nous avons ensuite procédé de même à la sortie du processus concernant les satisfactions engendrées par la mesure restaurative. Nous pensons que la connaissance de la structuration des attentes et satisfactions des participants pourrait aider le facilitateur dans le recueil initial des besoins des sujets.
POLYMEDIA SA | Av. de Riond-Bosson 12 | CH-1110 Morges | T: +41 (0)21 802 24 42 | F: +41 (0)21 802 24 45 | info@polymedia.ch