21 Décembre 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2018

Le navire et la boussole - Sur la nécessité de combiner la pratique policière et la recherche empirique

par Jérôme Barlatier

Résumé
Le capitaine du navire le mieux armé ne peut voguer loin des côtes s'il est dépourvu des instruments nécessaires à son orientation.
Depuis quelques années, l'intelligence-led-policing(ILP) engage les institutions policières à éclairer leurs actions par le renseignement. Ces dernières mobilisent le plus souvent leurs moyens propres afin de disposer des capteurs et des outils d'analyse nécessaires à la compréhension de leur environnement.
Par ailleurs, la recherche empirique constitue une ressource dont le potentiel est trop peu exploité.
Étrangers par leurs objectifs et par leur rapport au sujet, par leurs délais comme par leurs méthodes de travail, les mondes policiers et universitaires s'observent à distance, parfois par méfiance, plus souvent avec indifférence.
Comment permettre au chercheur de collecter la matière première utile à ses travaux?
Comment mettre le policier en position de bénéficier des enseignements de la recherche?
Les expériences de rapprochement démontrent pourtant des résultats fructueux quand le chercheur s'autorise à inscrire ses travaux dans le champ pratique, et quand le policier accepte de donner une portée utile à la recherche empirique.

Summary
The captain of the best-armed ship can not sail far from the coast unless he has the right navigation instruments.
In recent years, intelligence-led-policing (ILP) movement has urged police institutions to use intelligence to direct their actions. The latter often mobilise their own resources to define the method of data collection and the analytical tools they use to understand their environment.
In addition, empirical research constitutes a resource whose the potential is insufficiently exploited.
Differing by their objectives and by their relation to the subject, by their deadlines as by their methods of work, police forces and academia observe one another from a distance, sometimes out of mistrust, more often with indifference.
How to enable the researcher to collect the useful inputs for his work?
How to encourage the police officer to learn from the lessons of research?
However, experiments in collaborative work yielded successful results when the researcher allow himself to work in the field, and when the police officer agreed to give a practical scope to empirical research.


25 Juin 2020

Sécurité et liberté d’hier et d’aujourd’hui

La difficile question des rapports entre la sécurité et la liberté interpelle les criminologues, les criminalistes et les autres professionnels de la sécurité. Cet article tente une réconciliation entre ces deux finalités. Il commence par un examen de la nature de la sécurité et une énumération des principaux spécialistes et non-spécialistes de la sécurité privée, publique et informelle. Il poursuit par une définition de la liberté. Une troisième partie est consacrée aux idées de deux classiques de la liberté : John Stuart Mill et de Friedrich Hayek. Elle est suivie par une présentation de la situation des libertés économiques dans les démocraties libérales du XXIe siècle. La dernière partie répond à onze questions que nous nous posons aujourd’hui sur de la dialectique entre la sécurité et la liberté. Ces questions sont les suivantes.
Quelle est l’utilité sociale d’un juste milieu entre la sécurité et la liberté ?
Comment les démocraties libérales du XXIe siècle parviennent-elles à se gouverner sans trop brimer les libertés individuelles ?
Quand l’action de sécurité menace-t-elle la liberté et, à ce propos, quelles leçons se dégagent du funeste exemple des totalitarismes du XXe siècle ?
De nos jours, quel type de régime menace nos libertés ?
Pour quelles raisons les citoyens, et particulièrement les professionnels de la sécurité, doivent-ils rester vigilants à l’endroit des pouvoirs et des puissants ?
Les contre-pouvoirs sont-ils encore nécessaires à la liberté ?
Comment l’éparpillement actuel des organismes de sécurité privée et publique sert-il autant la liberté que la sécurité ?
Faut-il quelquefois sacrifier la liberté à la sécurité ?
Qu’elle est la meilleure solution ? Dissuader les délinquants ou les priver de la liberté de commettre une infraction ?
Pour quelles raisons les démocraties libérales, imposent-elles des limites à la liberté ?
Que penser des peines privatives de liberté ?
La croissance exponentielle des nouvelles technologies de surveillance porte-t-elle atteinte à nos libertés ?
25 Juin 2020

Facteurs de distribution spatiale des crimes dans la ville d’Annaba : cas des quartiers du Centre-ville et de la Plaine Ouest

L’objectif de cet article est d’évaluer l’impact des facteurs environnementaux et notamment les facteurs démographiques, fonctionnels et spatiaux sur la distribution des crimes dans la ville d’Annaba. Pour ce faire, deux zones d’étude, les quartiers du Centre-ville (quartier commercial) et de la Plaine Ouest (quartier résidentiel) ont été choisis pour constituer l’objet d’étude de cette recherche. Cette évaluation s’effectue à la fois à l’échelle du segment de rue et du HotSpot (groupement de segments de rue). Les résultats suggèrent qu’à l’échelle des segments de rue les variables démographiques, fonctionnelles et spatiales n’ont pas d’influence sur la distribution spatiale des crimes. Au niveau du HotSpot de crimes de la zone du Centre-ville, la concentration des crimes sur le même endroit est liée principalement à la concentration des activités attractives des criminels (ou HotSpot attracteur), celles attractives des étrangers et des locaux fermés sur le même lieu. Tandis qu’au niveau du HotSpot de crimes de la zone de la Plaine Ouest, les crimes ont tendance à se concentrer au niveau des espaces désertés générés par la juxtaposition des limites urbaines. Quant aux HotSpots générateurs des deux zones d’étude, ils sont négativement liés à la densité des crimes grâce à la concentration des activités de proximité qui génèrent un flux important des habitants qui assurent une surveillance naturelle de l’espace public et à la concentration des caméras de surveillance et des agents de police sur le même endroit.
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