28 Septembre 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 03/2018

La dynamique de la banalisation de l’usage du chanvre à Kinshasa. Analyse d’un processus ambivalent de construction expérientielle

par Victor Tene Amen

Résumé
Si la visibilité de l’usage, pourtant légalement interdit, du chanvre à Kinshasa n’est plus à démontrer, sa signification pour les usagers ainsi que le processus qui le sous-tend méritent d’être dévoilés à travers une démarche qui redonne la parole aux usagers. Ces derniers construisent leurs expériences de vie à la croisée du chanvre. Cet article montre la complexité du processus de la banalisation de l’usage du chanvre comme liée, d’une part, à la multiplication des usagers (vendeurs et consommateurs) du chanvre parmi lesquels on retrouve une forte population juvénile soumise à des interactions favorables au chanvre dans un contexte de précarité, cassant ainsi l’éthique du chanvre telle que devant être vécue par les usagers, et d’autre part, à la neutralisation, par ces derniers, des différentes formes de contrôle social. Il en résulte une normalisation de la vente et de la consommation du chanvre dans l’espace urbain kinois.

Summary
If the visibility of the hemp use, however legally prohibited, is no longer to demonstrate in Kinshasa, its significance for users and the process that underlies it deserve to be revealed through an approach that gives the floor to users. They build their life experiences at the crossroads of hemp. This article shows the complexity of the process of the banalisation of the use of hemp as linked, on the one hand, to the multiplication of hemp users (sellers and consumers), among which we find a large juvenile population subjected to favorable interactions with hemp in a context of precariousness, thus breaking the hemp ethic as it is to be lived by the users, and on the other hand, the neutralization of the different forms of social control by these. The result is a normalization of the sale and consumption of hemp in the urban area of Kinshasa.


24 Juin 2019

Collecte de données post mortem en situation de crise par l’unité gendarmerie d’identification de victimes de catastrophe: intérêt du formulaire post mortem rapide «Quickscan»

Le 16 janvier 2016, l’attaque du Splendid Hôtel et du café-restaurant Cappuccino de Ouagadougou (Burkina-Faso), fait trente victimes dont deux ressortissants français et une ressortissante franco-marocaine (décédée des suites de ses blessures). Les trois assaillants ont été neutralisés. Un détachement de l’Unité Gendarmerie d’Identification de Victimes de Catastrophes (UGIVC-IRCGN) est projetée dès le lendemain des faits sur les lieux, à la demande du Ministère des Affaires Etrangères, afin de prêter assistance aux autorités Burkinabès.
Le travail de ce détachement pluridisciplinaire a permis de collecter, dans des conditions délicates (examen de corps), les données post-mortem de 15 victimes dès le 18 janvier 2016, de 12 autres victimes le 19 janvier 2016 et sur les corps des auteurs présumés le 20 janvier 2016.
Le présent article a pour objet d’évoquer une nouvelle utilisation et les développements du formulaire post mortem rapide ou «Quickscan form» pour ces examens de corps en conditions dégradés et de proposer des pistes d’amélioration.
24 Juin 2019

Que faire des modèles de la désistance dans l’accompagnement des auteurs d’infraction ?

L’accompagnement des auteurs d’infraction connait dans la francophonie de profonds changements avec l’intégration du modèle de prévention de la récidive et des pratiques d’intervention cognitivo-comportementale et motivationnelle. Pour les professionnels des pratiques d’intervention, les modèles de la désistance restent encore peu connus ou mobilisés dans l’accompagnement. Les modèles de la désistance tentent chacun de théoriser tant le maintien des comportements prosociaux chez un auteur d’infraction que la trajectoire non linéaire dans le temps de sortie de délinquance. Si les besoins primaires fondamentaux des auteurs d’infraction et les éléments positifs de leur vie semblent souvent secondaires vis-à-vis des facteurs de risque de récidive et des besoins criminogènes, des liens forts peuvent s’établir entre les besoins prioritaires des sujets, les facteurs de protection et la désistance afin de guider l’accompagnement. L’objet de notre article est de présenter aux professionnels de l’accompagnement les modèles de la désistance, de questionner la prise en considération des facteurs positifs dits de protection dans le suivi des auteurs d’infraction, et le lien possible entre certains modèles de la désistance, les facteurs positifs et éventuellement d’autres modèles connexes permettant la sortie progressive du cheminement délinquantiel et le maintien des comportements prosociaux.
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