13 Avril 2012  |  Économie
Publié dans Oberflächen POLYSURFACES 02/2012

L’industrie MEM a passé une année 2011 difficile

La force du franc a laissé des traces profondes dans l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM), surtout au deuxième semestre. Pour toute l’année, les entrées de commandes et les chiffres d’affaires ont stagné en comparaison avec l’année précédente. Les entreprises sont contraintes de prendre des mesures, même impopulaires, pour regagner leur compétitivité internationale.
 
Die Frankenstärke hat in der Schweizer Maschinen-, Elektro- und Metall-Industrie (MEM-Industrie) besonders in der zweiten Jahreshälfte tiefe Spuren hinterlassen. Über das ganze Jahr gesehen, stagnierten im Vergleich zum Vorjahr die Auftragseingänge und Umsätze. Die Unternehmen sind gezwungen, auch unpopuläre Massnahmen umzusetzen, um ihre internationale Wettbewerbsfähigkeit zurück zu gewinnen.
 
L’année passée, la force du franc a complètement paralysé les tendances à la reprise dans l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM). Malgré un excellent premier trimestre, les entrées de commandes se situaient en 2011 légèrement au-dessous des valeurs de l’année précédente (-0,5 %). Au quatrième trimestre, la branche a même subi une chute des entrées de commandes (-18,6 %). Il faut cependant signaler ici un effet de base, le trimestre correspondant de l’année précédente ayant été supérieur à la moyenne. Malgré les entrées de commandes élevées fin 2010 et début 2011, les chiffres d’affaires de la branche n’ont crû que modérément l’année passée (2,1%). On a même enregistré un recul des chiffres d’affaires de 2,5 % d’octobre à décembre 2011.
Les exportations ont évolué comme les chiffres d’affaires. Elles ont augmenté de 1,4 % pour l’ensemble de l’année 2011, mais elles ont diminué de 4,1 % au dernier trimestre de 2011 par rapport à la même période de l’année précédente. Les marchés d’Asie (+6,0 %) et d’Amérique (+4,7 %) ont contribué à cette croissance modérée des exportations, alors que celles-ci ont diminué de 1,3 % vers l’UE, notre marché le plus important.
Chiffre d’affaires de l’industrie MEM: 290 entreprises Swissmem déclarantes (Q1 2001 = 100).
 
L’industrie MEM vit de sa substance
Ces chiffres ne sont pas une surprise. Ils reflètent les tendances de l’évolution de l’année écoulée. Depuis le recul qui a suivi 2008, l’évolution des chiffres d’affaires de l’industrie MEM a stagné. En moyenne, les chiffres d’affaires sont environ 25 % inférieurs au niveau d’avant la crise. La force du franc a rendu une croissance impossible et a contraint de nombreuses entreprises à des concessions massives sur les prix pour pouvoir encore décrocher des commandes. Dans la seule année 2011, les prix à l’exportation ont reculé de 4,1 %, ce qui a eu un effet direct et négatif sur les marges. Plus d’un tiers des entreprises de l’industrie MEM sont par conséquent tombées dans la zone des pertes opératives. De nombreuses sociétés vivent actuellement de leur substance et luttent pour leur survie.
 
Les conditions-cadres compromettent la compétitivité
Les entreprises ont réagi rapidement à la force du franc et pris tôt déjà des contre-mesures opérationnelles. Elles sont cependant de plus en plus contraintes d’appliquer des mesures sévères et impopulaires pour rétablir leur compétitivité. Il appartient maintenant à la politique aussi d’influencer les conditions-cadres de l’économie d’exportation pour qu’elle puisse améliorer sa compétitivité internationale. A l’heure actuelle, les prémices ne sont pas favorables:
  • Si l’on considère l’évolution des coûts salariaux, la Suisse a subi, depuis l’an 2000, des pertes de compétitivité considérables par rapport à des concurrents importants comme l’Allemagne, par exemple. Au niveau mondial, la Suisse a les deuxièmes coûts du travail les plus élevés dans l’industrie.
  • Selon l’«Innovation Union Scoreboard» de la Commission européenne publié début février 2012, la Suisse est, pour la quatrième année consécutive, le pays le plus innovateur d’Europe. Mais la Suisse ne réussit pas à exploiter son potentiel d’innovation de manière optimale. Dans le cadre des mesures spéciales contre la force du franc, la Confédération a augmenté en 2011 le budget pour l’encouragement de l’innovation de la Commission de la technologie et de l’innovation (CTI), de 100 millions de francs. Par la suite, les entreprises ont déposé 1064 demandes d’encouragement en collaboration avec les hautes écoles. Jusqu’à fin décembre 2011, la CTI a évalué 545 demandes, dont 246 ont été approuvées. Le crédit supplémentaire était ainsi épuisé. Les 519 demandes restantes n’ont pas été traitées et ont été retournées à l’expéditeur. Un potentiel d’innovation de valeur s’est ainsi perdu.
 
Entrée des commandes de l‘industrie MEM: 290 entreprises Swissmem déclarantes (Q1 2001 = 100).
 
Nécessité d’accorder plus de moyens à l’encouragement à l’innovation
L’industrie suisse doit aujourd’hui, outre l’augmentation de son efficacité et l’automatisation, mettre prioritairement l’accent sur les innovations pour avoir du succès au niveau international. Les conditions sont excellentes et les idées nous sont servies sur un plateau. Mais c’est la force de mise en pratique qui fait défaut. Dans l’intérêt de la compétitivité de l’industrie suisse d’exportation et de ses emplois, la Suisse doit exploiter de façon conséquente le potentiel d’innovation existant. Il s’agit de renforcer massivement l’encouragement au développement subsidiaire prêt à être appliqué. Swissmem présente, par conséquent, les revendications suivantes:
  • Le budget de la CTI pour 2012 doit être augmenté de 50 à 100 millions de francs pour que tous les projets dignes d’être encouragés et qui n’ont pas été traités en 2011 puissent être réalisés.
  • Dans le budget de base de la CTI, au moins 150 millions de francs par an doivent toujours être mis à disposition, à l’avenir, uniquement pour des projets.
  • La CTI a besoin d’une nouvelle forme d’organisation offrant plus de souplesse et permettant un encouragement à l’innovation à long terme et durable.
 
Les perspectives 2012
L’environnement économique difficile persistera. Tant que les Etats de la zone euro ne trouveront pas une voie crédible pour sortir de la crise de la dette, il ne devrait guère se produire un affaiblissement sensible du franc suisse. Le cours du franc ne se maintiendra ainsi que peu au-dessus de 1.20 en 2012, ce qui entraînera pour beaucoup d’entreprises de nouvelles diminutions des marges par rapport à 2011. A cela s’ajoute le fait que l’économie de l’UE, le principal marché de la branche MEM suisse, stagne ou recule même légèrement. Ces deux facteurs auront une influence négative sur l’industrie MEM en 2012. Selon la dernière enquête de Swissmem, une nette majorité des entreprises estiment qu’elles ne pourront pas créer de croissance en 2012.
 
Swissmem
8008 Zurich
Tél.: 044 384 41 11
www.swissmem.ch


24 Octobre 2017  |  Économie

Les faibles marges pèsent lourd

Après une année très difficile, l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (industrie MEM) a réussi à se redresser quelque peu en 2016. Par rapport à 2015, les entrées de commandes ont augmenté de 9,5 %. Sur l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires a certes une nouvelle fois diminué de 1,8 %, mais un changement de tendance a été constaté au cours du quatrième trimestre 2016. Les exportations de marchandises ont atteint le niveau de l’année précédente (+0,1 %), ce qui a permis de mettre un terme à la tendance négative. Cependant, la rentabilité dans les entreprises reste préoccupante. Pratiquement un quart des entreprises MEM ont terminé l’exercice 2016 avec un déficit au niveau de l’EBIT.
27 Septembre 2016  |  Économie

Digitalisierung eröffnet Chancen

La force du franc suisse s’est traduite, en 2015, par une importante baisse des entrées de commandes (-14 %) et du chiffre d’affaires (-7 %) de l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux. Le recul des marges fut encore plus dramatique. Il a précipité de nombreuses entreprises dans les chiffres rouges. Celles-ci ont donc été contraintes de réagir rapidement, ce qui a accéléré les mutations structurelles et laissera encore des traces en 2016.
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