25 Mars 2016  |  Édito
Publié dans Sécurité Environnement 01/2016

Éditorial (1/2016)

Le climatoscepticisme est-il scientifique?
Lors de sa dernière session qui s’est tenue à New York en septembre dernier, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une feuille de route visant, en particulier, à protéger l’environnement. Parmi les dix-sept objectifs entrés en vigueur le 1er janvier 2016 et qui ont été adoptés par 193 pays, figure la lutte contre le changement climatique.
Bien que peu contraignant, car il évite toute référence aux énergies fossiles, ainsi qu’aux transports aériens et maritimes, l’accord conclu à l’issue de la COP21 a indiscutablement pour but de lutter contre le réchauffement climatique, notamment en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Aussi bien la feuille de route onusienne, que la convention du Bourget confirment l’origine anthropique du réchauffement du climat. Et ce n’est pas seulement l’avis des politiques, mais de l’ensemble de la communauté scientifique.
Or, que constate-t-on? Les controverses sur le changement climatique n’ont pas cessé, malgré le consensus de la quasi-totalité des chercheurs. En effet, ceux-ci sont arrivés à la conclusion que l’activité industrielle est la principale cause du réchauffement actuel. De très nombreux articles publiés dans des revues scientifiques mettent en évidence l’ampleur d’un tel consensus, les rares contestataires venant de disciplines dont le climat n’est pas la spécialité (géologues, astronomes, physiciens, chimistes...).
Alors pourquoi ces positions divergentes? S’agit-il d’erreurs d’interprétation ou existe-t-il d’autres raisons plus obscures ? Le climatoscepticisme est-il une théorie erronée ou une vision du monde alternative à la science? On est tenté de faire un parallèle avec la position des créationnistes vis-à-vis de la théorie de l’évolution.
 La plupart des critiques ne portent pas sur des données scientifiques, mais avancent souvent des arguments d’ordre sociopolitique, économique, idéologique, émotionnel, polémique, voire religieux. Certes, la réfutation est un élément important de l’épistémologie, mais on a affaire ici àde la pseudo-science, avec en filigrane la théorie du complot - comme en atteste l’emploi de vocables tels que «chasse aux sorcières», «manipulation», «imposture», «mensonge», «escroquerie», «totalitarisme», etc.
Ces attaques portées contre les climatologues – et en particulier le GIEC – en les accusant de collusion avec des intérêts politiques et financiers, sontun déni qui ne peut relever de la science.On n’est pas loin des discussions de café du commerce, où l’on assure qu’il n’y pas de réchauffement, parce qu’il a fait froid le mois dernier!
 
Par Michel Giannoni


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