25 Octobre 2017  |  Ă‰dito
Publié dans Sécurité Environnement 03/2017

Éditorial (3/2017)

Comment en est-on arrivé là ?
Inondations et évacuation de populations au Texas, Houston sous les eaux, Miami et la Floride dévastées, six millions de personnes déplacées. Porto Rico et La Havane inondées. De gigantesques feux de forêt au Canada, des pluies torrentielles et des glissements de terrains catastrophiques au Nigéria.
Les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy détruites, hôpitaux, casernes de pompiers, aéroports, stations-service, écoles, distribution d’eau et d’électricité rendues inutilisables. Habitations et commerces anéantis, pillages. Des économies sinistrées, des dégâts immenses. Des rafales atteignant 360 km/h, emportant des objets à la vitesse d’une flèche d’arbalète.
Les coupables ont pour nom Irma, José, Katia, Lee, Maria, des ouragans d’une violence inouïe. Et si leur fréquence va rester stable, leur intensité ira en augmentant, en raison du réchauffement climatique. Car ces phénomènes se nourrissent de l’énergie dégagée par les océans: plus leur température est élevée, plus le taux d’humidité augmente et plus la puissance des cyclones croît. Ouragans, pluies diluviennes et montée des eaux seront donc toujours plus catastrophiques.
Que peut-on faire ? Reconstruire à coup de milliards les zones dévastées, qui seront à nouveau détruites par le cyclone suivant, encore plus puissant que le précédent ? Au cours des prochaines décennies, des zones entières de la planète deviendront inhabitables, au Bengladesh, par exemple, mais aussi dans les îles tropicales. La Terre va devoir abriter une population toujours plus nombreuse sur des espaces toujours plus restreints.
Alors, comment en est-on arrivé là ? Les premières alertes concernant les risques que les activités humaines représentent pour la planète, remontent aux années soixante. Quelques précurseurs ont prêché dans le désert pendant un demi-siècle. Le développement urbain n’a pas pris en compte les risques climatiques, on a construit dans des zones inondables, on bétonne toujours davantage, empêchant l’absorption de l’eau par les nappes phréatiques, on poursuit l’exploitation des centrales à charbon.
Mais on ne s’attendait pas de sitôt à des désastres d’une telle ampleur. À vrai dire, ce qui pourrait nous arriver à la fin du siècle, la majorité de la population s’en fiche comme de l’an quarante ! L’élection récente d’un président qui prend le réchauffement climatique pour un «canular», en est la meilleure preuve. Mais est-ce vraiment étonnant ? Il y a bien des gens qui croient dur comme fer que le ciel et la Terre ont été créés il y a 6000 ans ou que l’homme n’a jamais marché sur la Lune ! Et rien ne pourra les faire changer d’avis.
La plupart des politiques ont une vision à court terme, face à des enjeux de moyen et long termes. Mais aujourd’hui, le danger se précise. «À force de nier la réalité, elle nous rattrape et le pire est devant nous», a déclaré Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique.
 
Par Michel Giannoni


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