15 Février 2018  |  Sécurité
Publié dans Sécurité Environnement 04/2017

Roulette russe sur les toits suisses

Dans un cas sur trois, les accidents professionnels mortels ou gravement invalidants sont dus à des chutes d’une certaine hauteur. Une nouvelle analyse de la Suva montre que les conséquences d’une chute de 5 m ont tendance à être sous-estimées. En effet, dans près de la moitié des cas, les chutes mortelles se produisent à moins de 5 m du sol. À cette hauteur, l’être humain n’est en mesure d’influencer ni le cours de sa chute, ni celui de l’impact. Il est donc essentiel de prendre toutes les mesures adéquates pour éviter de tomber.

La Suva enregistre chaque année 9000 chutes chez les travailleurs qu’elle assure. Dans 280 cas, ces accidents causent des dommages irréversibles. Dans 22 cas, la chute est mortelle. Dans les faits, les chutes sont presque toujours dues au non-respect des règles vitales. Seule l’observation systématique de ces règles permet de se protéger des conséquences dramatiques d’une chute, comme le montrent des simulations réalisées par le groupe de travail de mécanique des accidents AGU (Arbeitsgruppe für Unfallmechanik AGU). Ce dernier a analysé, sur mandat de la Suva, les conséquences d’une chute à différentes hauteurs.
 
À une hauteur 3 m, tout comme à 5 m ou à 8 m, le risque que la tête touche le sol en premier est extrêmement élevé. Les traumatismes cranio-cérébraux graves entraînant le décès ou l’invalidité représentent donc le risque numéro un. En revanche, si le dos touche le sol en premier, la personne accidentée présentera le plus souvent des blessures graves pouvant entraîner une paraplégie. «La durée de la chute est brève. À 3 m de hauteur, par exemple, elle dure moins d’une seconde. Pendant ce temps, la victime n’a aucune possibilité d’influencer l’impact», explique Markus Muser, accidentologue à l’AGU.
 
Prévenir les chutes, c’est possible
Il y a longtemps que la Suva, ainsi que les branches concernées, ont défini les principes de base à observer pour prévenir les chutes à partir d’une certaine hauteur. Il s’agit des «règles vitales» et du message STOP. «Les règles vitales ainsi que le droit d’interrompre son travail en cas de danger sont connus, des entreprises», affirme Marc Truffer, chef de la division sécurité au travail de la Suva. Mais les chutes à partir d’une certaine hauteur demeurent toujours aussi fréquentes.    
Les travailleurs devraient prendre conscience qu’ils risquent leur vie en continuant à travailler lorsqu’ils savent qu’une règle vitale n’est pas respectée. Quant aux employeurs, ils devraient s’astreindre à instruire leurs collaborateurs et imposer les règles vitales. «Le seul moyen de se protéger contre les chutes à partir d’une certaine hauteur est d’observer strictement les règles vitales. Sinon, c’est la roulette russe», conclut Marc truffer.
 
Victime d’un accident, il lutte pour revenir à la vie
La routine fait partie des facteurs de risque de chute à partir d’une certaine hauteur. Ignorer une seule fois une règle vitale ‒ même quand on pense connaître son travail par cœur ‒ peut s’avérer fatal. C’est exactement ce qui est arrivé à Werner Witschi. Il n’a malheureusement pas respecté les règles vitales et a eu un grave accident en tombant à travers un toit en 2013. Aujourd’hui, il vit en chaise roulante.
Après avoir lutté pour revenir à la vie, il met son expérience au service de la prévention des chutes à partir d’une certaine hauteur auprès des travailleurs. Devenu ambassadeur de la Suva, Werner Witschi explique, dans une série de vidéos de sensibilisation, comment il a retrouvé sa joie de vivre et à quel point il est important de respecter les règles vitales pour éviter des accidents graves.
 
À propos de la Suva
La Suva exerce son activité depuis 1918. Elle emploie quelque 4200 personnes à son siège de Lucerne, dans ses dix-huit agences réparties dans toute la Suisse, ainsi que dans ses deux cliniques de réadaptation de Bellikon et de Sion. Entreprise indépendante de droit public générant un volume de primes d’environ 4,1 milliards de francs, elle assure quelque 128’000 entreprises - soit 2,0 million d’actifs - contre les conséquences des accidents et des maladies professionnelles. Les bénéficiaires de l’assurance chômage sont assurés automatiquement à la Suva. Depuis 2005, elle assume également la gestion de l’assurance militaire sur mandat de la Confédération. Ses prestations comprennent la prévention, l’assurance et la réadaptation. L’entreprise est financièrement autonome et ne perçoit pas de subventions.
 
 
Suva
6002 Lucerne
Tél: 041 419 51 11
www.suva.ch


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