21 Septembre 2017  |  Environnement
Publié dans Sécurité Environnement 02/2017

Ressources minérales: la pénurie n’était qu’un mythe

Des articles récents annoncent que les gisements de matières premières minérales (cuivre, zinc, etc.) seront épuisés d’ici quelques dizaines d’années. Une équipe internationale, dont fait partie l’Université de Genève, démontre au contraire que les ressources sont suffisantes pour répondre à la demande croissante qu’entraîne l’industrialisation, et ce durant plusieurs centaines, voire milliers d’années. Une recherche à lire dans la revue Geochemical Perspectives.

Des études récentes sur les matières premières minérales insistent sur l’attention qu’il faut porter aux ressources non renouvelables. Des scientifiques annoncent ainsi que les gisements qui contiennent des ressources importantes, comme le cuivre et le zinc, seront épuisés dans quelques dizaines d’années si la consommation ne diminue pas. Prenant le contrepied de ces conclusions, une équipe internationale de chercheurs démontre que si les ressources en matières premières minérales ne sont pas infinies, elles sont suffisantes, du point de vue géologique, pour au moins quelques centaines voire milliers d’années, même en intégrant dans les estimations de consommation la croissance des besoins de la société. Pourquoi une telle différence ?
 
Ne pas confondre ressources et réserves
«Il ne faut pas confondre les ressources minérales qui existent sur Terre avec les réserves, à savoir les ressources minérales identifiées, mesurées et exploitables économiquement. Or, certaines études qui annoncent une pénurie proche, se fondent sur des statistiques qui ne prennent en compte que les réserves, c’est-à-dire une infime partie des gisements qui existent», explique Lluis Fontboté, professeur au Département des sciences de la Terre de la Faculté des sciences de l’Université de Genève (UNIGE).
Définir des réserves est un exercice coûteux: il faut investir dans l’exploration, le forage, les analyses, les mesures et les évaluations économiques. Les compagnies minières tendent donc à investir pour explorer et mesurer uniquement la quantité de minerai nécessaire à garantir l’amortissement des investissements dans les mines, et donc leur rentabilité économique. Mesurer des réserves plus larges reviendrait à faire de coûteux investissements improductifs, ce qui n’entre pas dans la logique économique des compagnies minières.
 
Un calcul erroné
Il en résulte que la durée de vie des réserves est maintenue à un taux relativement constant, courant sur une durée d’environ vingt à quarante ans, selon les métaux. D’où le risque fréquemment évoqué d’une pénurie d’ici vingt à quarante ans. Mais ce calcul est évidemment faux, car il ne prend aucunement en compte la quantité réelle de métaux à disposition, notamment les ressources identifiées actuellement non économiques et les larges ressources non encore découvertes. D’autres études plus poussées essaient d’estimer les ressources globales réelles, mais c’est un exercice difficile car nos connaissances sur le contenu en gisements métallifères dans de grandes parties de la croûte terrestre restent très fragmentaires. Ces estimations sont donc généralement très conservatrices.
De plus, l’immense majorité des gisements exploités ont été découverts en surface ou dans les trois cent premiers mètres, alors que nous savons qu’il en existe à de plus grandes profondeurs et que les techniques actuelles permettent d’exploiter des gisements métallifères jusqu’à 3000 m, voire davantage. De nombreux gisements ne sont donc pas encore découverts, ni ne figurent dans les statistiques.
 
Un problème d’exploitation
On a bien sûr observé des pénuries de certaines matières premières minérales, notamment lors du boum de croissance de la Chine. Elles n’étaient pas dictées par un manque de métaux, mais par un problème d’exploitation. En effet, entre la découverte d’un gisement et son exploitation, quinze ans peuvent s’écouler. Si la demande s’accroît brutalement, l’exploitation industrielle ne peut y répondre instantanément, créant ainsi une pénurie temporaire.
 
L’impact environnemental et sociétal
«Le véritable problème n’est pas l’épuisement des ressources, mais l’impact environnemental et sociétal que provoque leur exploitation», précise le professeur Fontboté. En effet, l’activité minière est indéniablement liée à une dégradation environnementale qu’il faut compenser, même si des techniques modernes peuvent la minimiser fortement. Les charges qui en découlent, y compris sociétales, doivent être réparties entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement, ainsi qu’entre les communautés locales proches des mines et le reste de la société.
«Le recyclage est important et indispensable, mais ne suffira pas à combler la forte demande émanant des pays en voie de développement. Il faut donc continuer à chercher et à exploiter de nouveaux gisements, y compris dans les pays industrialisés», explique le chercheur de l’UNIGE.
 
L’importance de la recherche
Mais comment protéger l’environnement tout en maintenant l’exploitation minière? La solution passe par la recherche. Pour poursuivre l’exploitation tout en minimisant les éventuels dégâts environnementaux, il faut mieux comprendre le processus de formation des gisements et développer de nouvelles techniques d’exploration et d’exploitation ayant un impact restreint sur la surface terrestre. De plus, «l’évolution rapide des technologies et des sociétés va probablement réduire les besoins en matières premières minérales, et donc la demande; en même temps, ces nouvelles technologies créent de nouveaux besoins en métaux, comme pour les 60 composants d’un smartphone, par exemple», ajoute le professeur Fontboté.
Cette nouvelle étude démontre ainsi que les difficultés liées à l’exploitation des matières premières minérales concernent l’économie, l’exploitation industrielle et l’environnement, mais que d’un point de vue purement géologique, la pénurie ne sera pas une menace si un effort conséquent dans l’exploration est fait.
 
Comparaison de l’évolution des estimations des réserves de cuivre, des ressources et de l’estimation théorique de la ressource finale à une profondeur de 3,3 km. Ces estimations sont basées sur des teneurs similaires à celles des gisements exploités aujourd’hui. Si des teneurs inférieures deviennent économiques, la taille des ressources pourrait augmenter considérablement. Notez l’échelle logarithmique.
 
 
Prof. Lluis Fontboté
UNIVERSITÉ DE GENÈVE
Tél.: 022 379 66 22
Lluis.Fontbote@unige.ch


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