29 Mars 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2017

Les manifestations de la ‘Ndrangheta en Suisse : recherche du profit et/ou ancrage territorial?

par Alessandro Luppi

Résumé
Les éléments des deux plus importantes enquêtes - Quatur et Helvetia - concernant la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, en Suisse, obligent tant les autorités que les experts à adapter leur clé de lecture des manifestations mafieuses. Considérées comme des manifestations ayant leur origine à l’étranger et développant des aspects ponctuels sur le territoire helvétique, aujourd’hui, les révélations sur la cosca Ferrazzo et la Société de Frauenfeld montrent leur ancrage territorial, les affiliés étant durablement résidents en Suisse. Si la cosca ressemble plutôt à une «entreprise du crime», la Société montre des spécificités mafieuses, comme le contrôle du territoire et les règles/opportunités du lien associatif. Cette analyse, qui a le mérite d’être le premier travail académique sur la «‘Ndrangheta suisse», se heurte à la dépendance du chercheur vis-à-vis des sources.

Summary
The Elements of the two major Enquiries - Quatur and Helvetia - concerning the ‘Ndrangheta, the Calabrian mafia, in Switzerland, force both the authorities and the experts to adapt their reading key of the mafia’s manifestation. Considered as manifestations originating abroad and developing punctual aspects on Swiss territory, today, the revelations about the cosca Ferrazzo and the Society of Frauenfeld show their territorial anchorage; the affiliates are permanent Swiss residents. The cosca act more as an «Illegal Enterprise» while the Society shows mafia’s specific characteristics, such as the control over the territory and the rules/opportunities of the associative bond. This analysis, which has the merit of being the first academic work on the «Swiss Ndrangheta», faces the dependence of the researcher vis-à-vis the sources.


29 Mars 2017

Prélèvement des microtraces : un fort potentiel à considérer dès l’investigation de la scène de crime

Lors d’une action criminelle, de nombreuses traces sont produites et transférées sur la scène de crime et les personnes liées aux faits. Lors de l’investigation de la scène de crime, le rôle des inspecteurs forensiques sera de retrouver ces traces, de les collecter, puis de les prélever afin de permettre l’identification d’un auteur potentiel et/ou d’aider à la reconstruction des faits. Les microtraces font parties de ces traces à prélever sur les lieux. Cependant, ces dernières restent parfois méconnues ou incomprises par certains intervenants de la scène de crime qui oublient parfois de les prélever.
Cet article propose une revue de littérature consacrée au prélèvement des microtraces – en particulier des fibres textiles – sur les lieux. Les différentes techniques de prélèvements historiques et actuelles sont ainsi présentées et discutées. L’accent est mis sur le prélèvement des fibres textiles à l’aide de bandes adhésives, spécialement le 1:1 taping. Cette technique de choix, utilisée en routine par les services forensiques belges et certains services en Allemagne dans les cas de mort suspecte, permet de collecter efficacement les microtraces et les autres débris présents sur le support. De plus, la distribution des traces est préservée. Il s’agit d’une information qui peut s’avérer capitale dans la résolution d’affaires criminelles car elle autorise le raisonnement sur l’action criminelle à l’origine du transfert. Ce type de questionnement est essentiel lorsqu’un scénario alternatif est avancé par la défense ou lors de cas impliquant plusieurs auteurs qui s’accusent l’un l’autre par exemple.
L’article est destiné aux spécialistes de scène de crime, aux services d’identité judiciaire, mais également aux procureurs et magistrats amenés à mandater des expertises forensiques. Son but est de sensibiliser le lecteur à l’optimisation de la recherche et de la collecte des fibres directement sur les lieux. Une préservation optimale des traces permettra en tout temps de traiter l’indice fibres si cela s’avère important dans le cadre global des investigations. En effet, lors de l’intervention sur les lieux, il est difficile d’anticiper le développement du cas, notamment quels éléments d’enquête vont être amenés et quelles questions vont se poser durant l’investigation et ensuite au tribunal. Néanmoins, si les microtraces ne sont pas collectées et préservées de manière optimale sur les lieux, ces dernières seront irrémédiablement perdues.
29 Mars 2017

La République Démocratique du Congo à l’épreuve du terrorisme au cœur de l’Afrique?

Cette étude est une sonnette d’alarme destinée aux dirigeants politiques de la République démocratique du Congo (ci-après RDC), pour qu’ils perçoivent la nécessité et les enjeux de la prévention et de la répression du terrorisme en RDC qui constitue un enjeu majeur dans la géostratégie et la géopolitique de la recrudescence de l’extrémisme en Afrique et dans la région menaçant la nature même de l’Etat et les populations de la région. C’est pourquoi elle devrait être la première nation à prendre des précautions de haute facture pour lutte contre ce fléau, car de sa stabilité, dépend celle de ces neuf voisins repartis sur trois régions africaines. Le danger est la dynamique de l’exportation de la menace de Shebaab somaliens qui combattent aux côtés des groupes rebelles qui sévissent de vastes régions forestières au Nord-est de la RDC, auxquels il faut ajouter la vague de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest, ex-Boko Haram, qui hante l’Afrique de l’Ouest sans épargner l’Afrique centrale. Cette dynamique menace l’Etat dans son existence effective; et le désastre pour la région et pour la RDC reste par ailleurs l’inadéquation du système congolais de prévention, de lutte et de pression de l’extrémisme violent et du terrorisme qui n’est constitué que d’un arsenal juridique globalisant et d’institutions techniques spécialisées qui ne tiennent pas compte des particularités, des enjeux et des intérêts africains et congolais en présence.
Polymedia Meichtry SA | Chemin de la Caroline 26 | 1213 Petit-Lancy | Genève | T: +41 22 879 88 20 | F: +41 22 879 88 25 | info@polymedia.ch