25 Septembre 2018  |  Éditorial
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 09/2018

Éditorial (9/2018)

Des sanctuaires bien protégés
Il y plus de quatre mille ans, les Égyptiens nous ont légué de gigantesques constructions de pierre, vestiges emblématiques de leur civilisation. La pyramide de Khéops, qui fait partie des sept merveilles du monde – la seule à avoir survécu jusqu’à nos jours – est classée au patrimoine mondial de l’humanité.
Mais que restera-t-il de notre civilisation dans quarante siècles ? Certes, les sondes Voyager 1 et 2, lancées en 1977, ont quitté le Système solaire et sont en route vers le cosmos. Elles emportent un message destiné à d’hypothétiques civilisations extraterrestres, mais ces ambassadeurs n’atteindront la banlieue d’autres étoiles que dans plusieurs dizaines de milliers d’années. Quant à nos descendants terriens, que connaîtront-ils dans quelques millénaires, de la civilisation des années 2000 ? Dans la mesure, bien sûr, où d’ici-là, nous n’aurons pas détruit notre planète !
Deux projets montrent cependant, que certains de nos contemporains, à l’instar des pharaons de l’Antiquité, pensent eux aussi à léguer un témoignage aux civilisations du futur. Fin 2019, cinquante ans après que l’homme ait foulé la Lune, la mission allemande Alina déposera sur notre satellite, un atterrisseur qui emportera à son bord un témoignage des Homo sapiens d’aujourd’hui, destiné aux intelligences de demain. Mais pourquoi sur la Lune et pas tout simplement sur Terre ? Parce qu’il risquerait de subir les phénomènes destructeurs propres à notre planète, comme l’érosion, les ouragans, séismes et éruptions volcaniques, sans parler des activités humaines.
L’atterrisseur de ce projet – baptisé «Sanctuary» – placera sur le sol sélène, dix-sept petits disques rangés dans un conteneur. Chacun d’entre eux, fait d’un saphir résistant aux rayonnements cosmiques, comptera plus de 3 milliards de pixels. Outre des textes, des images et des cartes de la Terre, y seront gravés les génomes complets d’un homme et d’une femme – parfaitement anonymes. Ainsi, grâce à «Sanctuary», la Lune deviendra dépositaire de la formule biologique de l’Homo sapiens.
Un second projet atteste, lui aussi, du souci de nos contemporains à léguer un héritage à nos descendants. Il s’agit de la réserve mondiale de semences du Svalbard, une chambre forte creusée dans le sous-sol du Spitzberg, à un millier de kilomètres du pôle Nord. Disposant de plusieurs systèmes de sécurité, ce bunker est destiné à conserver des graines de toutes les cultures vivrières de la planète, qui pourraient ainsi survivre des centaines, voire des milliers d’années.
Ce projet a été réalisé en ce lieu parce que le climat et la géologie de cette île s’y prêtent, de par son absence d’activité tectonique et son permafrost, mais aussi parce que les pays scandinaves sont fortement impliqués dans la conservation de la nature. Fin février 2018, pour son dixième anniversaire, cette banque génétique a enregistré son millionième échantillon.
 
par Michel Giannoni


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