25 Avril 2017  |  Rétrospective
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 04/2017

Rétrospective (4/2017) - La Revue en 1927

La situation économique mondiale
Bien que les premiers mois de cette année n’aient pas amené de changements notables, il convient de noter que l’activité économique extraordinaire de l’Amérique et le dépression dont souffre l’Europe subissent des modifications sensibles. La France, qui a entrepris une politique de déflation, semble avoir doublé le cap et la situation dans le domaine du travail n’a pas empiré. Il n’en est pas de même de l’Italie, où les difficultés consécutives à la politique de déflation semblent s’accroître. La politique systématique d’abaissement des prix, adoptée par le gouvernement, paralyse l’activité économique et augmente le nombre de chômeurs.
 
L’achèvement du pont Butin
L’oeuvre qui, pendant tant d’années, a passionné l’opinion publique, qui a fait couler plus d’encre qu’il n’en faudrait pour créer un chef d’œuvre de l’esprit humain, le Pont, enfin, est terminé. Aujourd’hui, les plateaux d’Aïre et de St-Georges sont reliés, évitant aux populations des deux parties de la banlieue de faire un immense détour pour communiquer entre elles. Peu de constructions auront rencontré plus de difficultés et de vicissitudes. C’est le 21 juin 1913, que le Grand Conseil accepta le legs d’un millions de M. Butin, destiné à faciliter l’édification d’un pont sur le Rhône.
On pensait alors faire un pont à deux fins, servant au service du chemin de fer comme à celui du roulage; pour permettre le passage des trains, il n’y aurait que très peu de travaux complémentaires à exécuter. Nous ne voulons pas revenir sur les difficultés techniques et matérielles qui ont retardé de plusieurs années l’achèvement du pont; contentons-nous de constater que celui-ci est terminé et qu’il constituera une œuvre utile au premier chef.
 
Les progrès de l’aviation
Les très beaux exploits accomplis ces derniers temps par divers aviateurs ont attiré l’attention du public sur les «oiseaux de fer» et leurs pilotes. Dans une étude sur «Le trafic aérien suisse en 1925», M. R. Gselldonne, dans Aéro-Revue, donne des détails intéressants à ce sujet.
La vitesse moyenne (basée sur la ligne aérienne brisée) varie de 129,5 km/h à 110 km/h. Ici aussi nous avons un groupe de tête formé par les lignes Zurich-Stuttgart-Mannheim de l’Aéro-Lloyd (129,5 km/h) et Genève-Lausanne-Zurich de l’Ad Astra (128 km/h). La première ligne a obtenu un résultat grâce à l’emploi du rapide Dornier Comet III, et la dernière grâce à l’habitude du pilote de voler sur ce parcours en ligne droite. La plupart des lignes ont une vitesse moyenne de 118 à 121 km/h; on ne s’étonnera pas que Zurich-Innsbruck (110 km/h) soit la ligne la plus lente, à cause du parcours montagneux.
En ce qui concerne la sécurité du trafic aérien, il est à remarquer que cette année, pour la première fois, un passager a été tué sur les lignes touchant la Suisse (accident de la Cidna à Bâle, attribuable à une panne de moteur survenue au moment le plus défavorable).


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