25 Avril 2017  |  Éditorial
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 04/2017

Éditorial (4/2017)

Ces algorithmes qui intriguent
Livrons-nous d’emblée à une petite séance de démystification: non, un algorithme n’est pas forcément un tour de passe-passe informatique. L’un des premiers algorithmes connus remonte à l’Antiquité: c’est le Crible d’Ératosthène (mathématicien grec du IIIe siècle av. J-C). Il s’agit d’un procédé destiné à identifier les nombres premiers. Cet algorithme sert en effet à supprimer tous les nombres premiers inférieurs à un entier N à l’aide d’une matrice numérique.
Selon la définition du Larousse, l’algorithme est un ensemble de règles dont l’application permet de résoudre un problème donné au moyen d’un nombre fini d’opérations. Mais un algorithme peut aussi être transcrit sous la forme d’un programme, d’un sous-programme ou d’un script informatique. Lors de sa création, un algorithme destiné à être intégré dans un programme informatique devra être compréhensible par un non-informaticien. Il sera conçu sans ambiguïté et avec un niveau de précision suffisant pour qu’il puisse être traduit dans un langage de programmation usuel. C’est par exemple le cas avec le mode de régulation PID, qui est basé sur un algorithme de calcul classique, délivrant un signal de commande à partir de la différence entre la consigne et la mesure d’un phénomène, notamment dans le but de stabiliser un processus automatique par une action proportionnelle, intégrale ou dérivée. L’élément principal de ce que l’on appelle aussi «boucle de régulation» est constitué par un flux de rétroaction comparant les données entre les capteurs et les valeurs de consigne, en mode permanent ou à un rythme prescrit.
Les algorithmes qui posent actuellement problème relèvent évidemment du domaine informatique en relation avec de grands centres de données. Ils opèrent fréquemment en mode «filtrant». En d’autres termes, ils sont capables, à partir d’une masse inouïe de données, de trier des éléments répondant à divers critères. C’est par exemple de cette façon que de grands sites d’achat en ligne vont proposer, un peu comme par hasard, des produits qui correspondent étonnamment à votre profil d’intérêt. En l’occurrence, les algorithmes réalisent en une courte période de temps, une compilation qui serait impossible à envisager avec des méthodes manuelles. Certains algorithmes peuvent agir automatiquement en amont sur leur propre programmation pour la modifier en fonction de données acquises, étant de ce fait dotés de facultés d’auto-apprentissage ou d’optimisation, ce qui pourrait à terme aboutir à des machines incontrôlables !
Mais les algorithmes ne sont pas forcément des créatures maléfiques: par exemple, pour prendre un cas simple tiré de l’industrie, les programmes CNC pour machines-outils et robots, réalisés en code ISO, comportent souvent des algorithmes dont l’un des plus courants comporte le renvoi à un sous-programme exécutoire (fonction G) par le biais d’une instruction spécifique.
 
par Edouard Huguelet


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