19 Décembre 2013  |  Espace
Publié dans La Revue POLYTECHNIQUE 10/2013

Un chasseur de débris spatiaux

Le satellite CleanSpace One, qui partira à la chasse aux débris spatiaux, est en bonne voie. L’EPFL et la société Swiss Space Systems (S3) ont conclu un partenariat. Celle-ci injectera quelque 15 millions de francs dans le projet et se chargera de la mise en orbite en 2018. Le coût de ce projet s’élève à 15 millions de francs.

En 2012, l’EPFL annonçait son intention de concevoir et de lancer CleanSpace One, avec pour mission le nettoyage des déchets spatiaux - actuellement, on compte des dizaines de milliers de ces restes de satellites, qui tournent au-dessus de nos têtes à plus de 28’000 km/h. L’enjeu est crucial pour le futur de l’industrie spatiale. La société suisse Swiss Space Systems (S3) s’est associée à ce projet. Elle développe une nouvelle méthode visant à mettre en orbite des satellites jusqu’à 250 km d’altitude, qui assurera le lancement du satellite One en 2018.
 
 
Un satellite pour nettoyer l’orbite terrestre
Les déchets orbitaux sont toujours plus nombreux. Si les collisions avec des satellites sont rares, chacune peut générer plusieurs dizaines de milliers de nouveaux débris. Ce problème, faisant l’objet de préoccupations croissantes, rend les missions spatiales toujours plus complexes. Le satellite CleanSpace One aura pour mission de s’emparer d’un déchet orbital - en l’occurrence un nanosatellite suisse hors d’usage de 10 cm de côté - et de le précipiter dans l’atmosphère où il se consumera. La difficulté de l’approche et de la saisie du déchet représente un formidable défi d’ingénierie.
 
Une mise en orbite en trois phases
La société Swiss Space Systems est désormais le principal partenaire de ce projet. Elle développe une nouvelle méthode de lancement pour de petits satellites de quelques centaines de kilogrammes. Il s’agit d’arrimer une navette sur un Airbus - une fois ce dernier parvenu à son altitude de croisière, la navette suborbitale SOAR se décroche, monte à 80 km et éjecte une capsule, laquelle peut larguer les satellites jusqu’à une altitude de 70 km. Tant l’Airbus que la navette sont réutilisables et utilisent des carburants standards - des atouts en termes d’efficience. Ce procédé en trois phases a pour objectif de démocratiser l’accès à l’espace, avec des coûts de lancement divisés par un facteur quatre. Pour autant, il s’agit de ne pas encombrer l’orbite terrestre de nouveaux déchets. Cette société a d’ores et déjà prévu que tous les éléments de la chaîne - satellites compris - devront être munis de leur propre système de désorbitage. Dans ce cadre, le partenariat autour du satellite CleanSpace One fait sens.
«On ne peut pas démocratiser l’accès à l’espace sans adopter une attitude responsable», explique Pascal Jaussi, PDG de la socitéét Swiss Space Systems. «Si nous n’empoignons pas le problème des déchets orbitaux et de leur multiplication, c’est l’accès à l’espace pour les futures générations qui pourrait être compromis».
La société Swiss Space Systems se chargera elle-même de lancer CleanSpace One qui, du coup, deviendra en 2018 le premier satellite mis en orbite suivant cette nouvelle méthode. Au total, elle n’injecte pas moins de 15 millions de francs dans le projet - 10 millions seront consacrés au lancement proprement dit et 5 millions serviront à l’assemblage et aux tests des éléments du satellite, ainsi qu’aux opérations de pilotage au sol.
 
 
Le design du satellite est en bonne voie
Du côté de l’EPFL, le projet a bien avancé depuis l’annonce publique faite en 2012. Le design du satellite a évolué - un peu plus imposant que prévu initialement, il devrait peser une trentaine de kilos. Les chercheurs ont évalué de très nombreuses technologies susceptibles d’être intégrées au satellite - certaines sont d’ores et déjà commercialisées, d’autres sont encore en développement dans un cadre industriel ou académique.
Enfin, dans le cadre d’un partenariat avec l’Agence spatiale européenne visant au désorbitage des déchets, les chercheurs développent diverses technologies clés – systèmes de propulsion, d’approche et de reconnaissance et, surtout, dispositif visant à s’arrimer aux déchets. L’EPF de Zurich, ainsi que la HES-SO sont parties prenantes de ces développements. Les chercheurs comptent bien entendu intégrer ces développements au projet CleanSpace One.
 
À Propos de Swiss Space System (S3)
Swiss Space Systems Holding SA est une société suisse fondée en 2012 à Payerne. Elle regroupe et supervise les activités de ses diverses sociétés. L’objectif du groupe S3 est de développer, de construire, de certifier, ainsi que d’exploiter des navettes suborbitales pour le déploiement de petits satellites jusqu’à 250 kg. Employant 40 collaborateurs, cette société dispose d’un budget 250 millions de francs environ, jusqu’au premier lancement de satellite.
www.s-3.ch
 
Volker Gass
Directeur du Swiss Space Center EPFL
Tél.: 021 693 69 46
volker.gass@epfl.ch
 
Grégoire Lorétan
Responsable Communication Swiss Space Systems – S3
Tél.: 079 375 55 72
gregoire.loretan@s-3.ch
 
Lionel Pousaz
Service de presse EPFL
Tél.: 079 559 71 61
lionel.pousaz@epfl.ch

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