14 Avril 2019  |  Environnement
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Du plastique partout dans le Léman

L’augmentation constante de la quantité de plastiques dans les océans, les lacs et les cours d’eau est préoccupante. Le Léman et ses affluents n’échappent malheureusement pas à ce fléau. Suite à plusieurs études menées tant en Suisse que dans le monde, l’Association pour la Sauvegarde du Léman (ASL) a voulu en savoir davantage sur ce problème, tel qu’il se pose dans le bassin lémanique.

L’Association pour la Sauvegarde du Léman (ASL) a mandaté Julien Boucher, un spécialiste de ce domaine, pour effectuer une modélisation des flux de plastique dans le bassin lémanique et mieux évaluer ce qui entre dans le Léman, en est évacué par le Rhône à Genève et ce qu’il advient des plastiques qui restent piégés dans le lac.
Le constat a de quoi inquiéter, puisqu’il s’avère qu’une cinquantaine de tonnes de plastiques de différent types viendraient polluer chaque année le Léman et qu’une grande partie serait piégée dans le lac, mettant en danger toute la chaîne alimentaire.
 
Les macroplastiques se fragmentent sous l’effet mécanique des vagues et l’action des UV pour devenir des microplastiques et finalement des nanoplastiques. (Photo: Adobestock)
 

Les déchets sauvages, principaux responsables
La modélisation démontre que ce sont les déchets sauvages qui seraient en grande partie responsables de cette pollution et ce, à hauteur de dix tonnes par an. Heureusement, une partie de ceux-ci est extraite du lac lors des nettoyages des rives et des fonds littoraux, comme lors de l’Opération «Net’Léman», par exemple, organisée par l’ASL. Quant aux déchets non récoltés, des études sur le terrain menées par l’EPFL démontrent qu’ils se fragmentent en morceaux de plastique plus petits (microplastiques), qui peuvent être ingérés par les animaux ou piégés dans les sédiments.

Les poussières de pneus, un fléau encore mal documenté
La source la plus importante de microplastiques proviendrait de l’usure des pneus, dont les poussières contamineraient l’environnement via l’air et les eaux de ruissellement. En effet, la modélisation estime qu’environ 30 tonnes, soit 60 % des apports, finiraient dans le Léman chaque année. À noter que ce chiffre n’a pas pu être corroboré par des études de terrain, car la taille de ces poussières est inférieure à la maille du filet «Manta» utilisé habituellement pour capter les plastiques.

Déchets de chantiers, textiles et cosmétiques également sur la sellette
D’autres sources de pollution alourdissent le bilan. Il s‘agit principalement de déchets liés à la construction, de fibres textiles détachées des vêtements lors du lavage en machine, ou encore de microbilles intégrées dans les cosmétiques. Il convient là aussi de mieux comprendre leurs impacts et de trouver les moyens d’éviter leur propagation dans nos eaux.
 
Impacts des différentes tailles de plastiques dans les organismes vivants du lac Léman. (Infographie: Stéphanie Wauters)


Quels dangers pour l’environnement?
Si nous savons que les oiseaux et les poissons ingèrent des plastiques de taille plus ou moins importante et que ceux-ci s’avèrent néfastes pour leur santé, nos connaissances sont en revanche beaucoup plus lacunaires en ce qui concerne leur impact sur les autres organismes vivant dans le Léman. On sait aussi qu’en plus des éléments entrant dans leur composition, des microplastiques (< 5 mm), voire des nanoplastiques (< 0,1 mm) sont susceptibles de transporter et relarguer d’autres composants chimiques toxiques, tels que des métaux lourds, par exemple.

Un colloque pour trouver des réponses
Cette étude met en évidence la complexité du problème et l’urgence qu’il y a à agir. Étant donné que de nombreuses incertitudes demeurent, l’ASL souhaite que les connaissances soient améliorées et des pistes explorées pour lutter contre ce fléau et ce, tant à travers la recherche scientifique et technologique, que par la sensibilisation du public et de l’industrie, ou encore par la législation. C’est pourquoi l’ASL a décidé d‘organiser, en 2019, un colloque international réunissant des acteurs de tous bords, responsables politiques, gestionnaires administratifs, industriels et grande distribution, ainsi que protecteurs de la nature et de l’environnement.
L’ASL espère qu’une telle initiative aura le pouvoir d’éveiller les consciences, tant des décideurs que des individus et de les inciter à la prise de mesures préventives pour diminuer la charge en plastiques dans les milieux naturels.

Association pour la Sauvegarde du Léman
1207 Genève
Tél. 022 736 86 20
www.asleman.org


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