29 Mars 2019
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2019

Penser et pratiquer la Criminologie dans la société contemporaine en Côte d’Ivoire

par Kouakou Daniel Yao

Résumé
Les opportunités d’insertion socioprofessionnelle des diplômés après leur formation dans les universités constituent aujourd’hui, l’un des curseurs qui indiquent la qualité et la pertinence desdites structures d’enseignement supérieur. L’objectif de la présente étude est d’analyser le sens que les populations attribuent à leurs représentations sociales qui organisent leurs prises de positions différenciées par rapport à la Criminologie en Côte d’Ivoire. Le travail s’inscrit dans une approche mixte et diachronique en mobilisant la théorie et la méthodologie des représentations sociales via un guide d’entretien semi-structuré et le questionnaire d’évocations hiérarchisées. Les résultats indiquent que les représentations sociales des groupes d’acteurs investigués intègrent des cognitions qui renvoient selon leurs différentes insertions sociales, à des préjugés défavorables ou à des défis structurels que la criminologie doit vaincre pour re-négocier sa légitimité au sein de la société contemporaine ivoirienne.

Summary
The opportunities for socio-professional integration of graduates after their training in universities are today one some cursors that indicate the quality and relevance of these structures of higher education. The objective of the present study is to analyze the meaning that populations attribute to their social representations that organize their positions differentiated with respect to Criminology Côte d’Ivoire. The work is part of a mixed and diachronic approach by mobilizing the theory and methodology of social representations through a semi-structured interview guide and the questionnaire of hierarchical evocations. The results indicate that the social representations of the groups of actors investigated integrate cognitions that reflect their different social insertions, unfavorable prejudices or structural challenges that criminology must overcome to re-negotiate its legitimacy in Ivorian contemporary society.


29 Mars 2019

Comment les expériences passées conditionnent la fin des carrières criminelles: réussite criminelle et processus de désistement

Dans les travaux sur les carrières criminelles le lien entre les activités criminelles passées et futures est assez soutenu. Il est alors possible de présumer de ce constat que le désistement ne s’actualiserait pas de la même façon pour les individus ayant eu des trajectoires parsemées de succès versus ceux ayant vécu de multiples échecs. Or, peu de travaux se sont penchés sur le lien entre la carrière criminelle et la période qui lui succède, comment les événements et circonstances qui ont caractérisé le mode de vie criminelle influencent la décision de se désister, mais surtout le processus de maintien de l’abstinence criminelle. Cet article propose d’examiner l’association potentielle entre la réussite criminelle et le processus de désistement, ainsi que son maintien. L’examen de cette problématique sur la carrière criminelle de 27 délinquants s’étant désisté du crime. Deux stratégies sont utilisées dans ce projet. La première s’inspire de la méthode des calendriers de vie, elle vise à colliger les détails entourant la carrière criminelle. La deuxième se fonde sur des entretiens semi-dirigés et vise à recueillir, les récits de vie des participants. Ces récits servent à documenter le processus de désistement. Les résultats mettent en évidence l’intérêt de considérer les paramètres de la carrière criminelle dans la compréhension du processus désistement, que le niveau de réussite dans le crime a une incidence sur la forme du désistement. Cette étude favorise la compréhension des processus qui expliquent la continuité et le désistement, elle pourrait donc servir à orienter le développement de programme visant la réinsertion sociale.
29 Mars 2019

Différence de genre et violences conjugales. A contrepied du paradigme féministe, une analyse de la criminalisation des femmes

Les violences conjugales occupent une place toute particulière parmi l’ensemble des contentieux soumis à la justice, ceci tant au niveau de l’histoire de leur prise en compte en tant que problème qu’au niveau du facteur particulier, la mobilisation féministe, qui a présidé à cette émergence. Le champ des violences conjugales apparaît fondamentalement structuré par la différence de genre, et la grille de lecture féministe l’a profondément marqué de son empreinte.
Soulignant tout d’abord les arguments fondant la légitimité scientifique de l’approche féministe, cet article s’intéresse ensuite à ses dérives potentielles et en particulier à celle qui contribue à instaurer une profonde sexuation des violences conjugales où triomphent la victimisation du féminin et la pénalisation du masculin.
Prenant le contrepied de la lecture féministe, la criminalisation des femmes est analysée sur base de données statistiques relatives à l’ensemble des prévenus signalés à la justice belge durant l’année 2010 pour faits de violence conjugale. L’existence d’un traitement judiciaire inégal en fonction du genre est mise en évidence qui vient compléter et complexifier l’identification des possibles dérives du paradigme féministe. Le constat est fortement modulé par l’existence d’une situation de violence réciproque.
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