30 Mars 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2018

Création de normes et réponses aux situations-problèmes en autogestion - Enquête ethnographique dans un espace culturel autogéré en Suisse

par Sophie Serrano

Résumé
Cet article questionne la création de normes et la réponse à la transgression dans un espace où chaque membre possède le même pouvoir de décision. Nos pistes de réflexions sont issues d’une enquête de terrain au sein d’un espace culturel autogéré (ECA) en Suisse. Ce lieu, en plus de proposer une offre culturelle alternative, revendique un «vivre autrement» au point d’être parfois considéré comme en marge des normes et valeurs de la société dans laquelle il évolue. Cette enquête constate un cadre normatif flou et fluctuant, et met en évidence que lorsqu’un individu est auteur d’un acte problématique, à défaut de procédures claires, un schéma d’événements réactif se met en place pour y répondre. Celui-ci a pour objectif de définir le degré de problématisation dudit acte et, le cas échéant, de développer une stratégie en réponse. Pour faire face à de tels «actes-problème», le principal outil est la discussion collective caractérisée par une position similaire de chaque membre dans le processus de prise de décisions. Certains enjeux, propres au fonctionnement autogéré, ont été soulevés et concordent avec la littérature portant sur ces espaces. Cependant, cette recherche souligne que ce fonctionnement particulier repose sur des éléments relevant à la fois du développement de politiques publiques et de la justice réparatrice. En particulier, cette contribution discute de la perception de l’«acte-problème» par les membres de l’espace culturel autogéré, lequel se base moins sur son auteur que sur ses conséquences. Enfin, elle réfère aux stratégies développées par la discussion qui privilégient la résolution de problème en se refusant autant que possible à la rétribution.

Summary
This paper is questioning the creation of social norms and the responses given to transgressions in a particular space in which each member of the group owns the same decision-making authority. Our insights are based on investigation in a self-governed cultural center (SGCC) in Switzerland. Besides proposing an alternative cultural offering, this center also claims an “other way of life”, to the point of being regarded as on the fringe of the society it resides in. First, this investigation finds a vague and changing rules framework. Then it brings out that when a person commits a “problematic action”, a reactive scheme takes place to answer it, due to a lack of systematic response. This scheme aims not only to determine the level of problematization of the action but also to develop a response strategy to it. The main tool to that end is the “collective discussion” in which all the members have an equal part in the decision-making procedure. According to the literature, some issues typical to self-governed places were raised. However, this study outlines that this functioning is based on features of public policy development and restorative justice. Notably, this paper discusses the “problematic action” perception of the SGCC members, which is more based on its consequences than on its perpetrator. Finally, it refers to the strategies developed by the “collective discussion,” which prefer problem resolution by avoiding retribution as much as possible.


30 Mars 2018

Examen des caractéristiques du dévoilement de l’agression sexuelle chez les enfants et les adolescents

Le dévoilement est un enjeu central pour l’aide aux victimes d’agression sexuelle (AS). Il est à la source de plusieurs bienfaits sur le plan psychologique et constitue un moyen privilégié afin d’obtenir un accès à des ressources d’aide adaptées. Cependant, les données sur la prévalence du dévoilement nous informent que plusieurs victimes choisissent de taire l’agression. L’objectif de cette étude est premièrement de brosser un portrait des caractéristiques du dévoilement de l’AS et deuxièmement d’examiner si les caractéristiques des victimes ou de l’agression influencent ce dévoilement. Pour ce faire, 64 transcriptions d’entrevues d’enquête de victimes âgées de 4 à 17 ans ont été codifiées. La grille de codification permet de prélever l’information sur le type de dévoilement, le receveur, les obstacles, les incitateurs, le délai et le nombre de tentatives. Les résultats des analyses statistiques descriptives effectuées à l’aide des données codifiées suggèrent que contrairement au sexe des victimes, l’âge de celles-ci est relié à certaines caractéristiques du dévoilement, notamment le choix du receveur ainsi que le type d’obstacles. Par ailleurs, la majorité des participants mentionne avoir eu à dévoiler l’agression à plus d’une personne avant que des démarches formelles soient entamées. Enfin, pour la majorité des victimes, ce sont des influences internes (émotions, cauchemars, prise de conscience) qui ont enclenché le processus de dévoilement. Les nouvelles connaissances issues de cette étude pourront être utilisées à titre de soutien théorique à la mise en place des mesures préventives visant à augmenter la prévalence du dévoilement de l’AS.
30 Mars 2018

Violences conjugales dans les ménages à Abidjan: victimisation et maintien dans le couple chez la femme

Cette étude a pour objectif d’identifier les déterminants psychosociaux du maintien dans le couple chez des femmes victimisées. L’hypothèse postule que la faible estime de soi et l’attachement insécurisé contribuent au maintien dans la relation conjugale violente. Sur le plan méthodologique, deux groupes de femmes ont participé à l’enquête: les femmes victimes qui demeurent dans la relation violente (n=50) et les femmes victimes ayant quitté la relation violente (n=70). L’échelle d’estime de soi globale de Rosenberg, le test de l’attachement amoureux d’Hazan et Shaver et une version abrégée de l’échelle des tactiques de la violence de Murray Strauss, ont été administrés aux 2 groupes. Il en ressort que les femmes victimes qui maintiennent la relation conjugale présentent une faible estime de soi et un attachement insécurisé par rapport au groupe ayant quitté la relation conjugale violente. L’étude de cas montre également que les femmes développent des comportements adaptatifs à la violence comme stratégie de gestion de la violence. Ainsi, elles sont dans le déni de la réalité conjugale violente.
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