30 Mars 2018
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2018

Les données de police permettent-elles la détection des agresseurs sexuels sériels ? Une analyse de la validité concourante de ViCLAS

par Julien Chopin et Marcelo F. Aebi

Résumé
Cette recherche s’intéresse à la capacité du Violent Crime Linkage Analysis System (ViCLAS) à identifier les auteurs sexuels sériels. Pour ce faire, l’étude se focalise sur l’analyse de la validité concourante de l’outil en comparant le pourcentage d’agresseurs sexuels sériels identifié par cet instrument et celui mis en avant par des recherches basées sur des sondages de délinquance autoreportée. Les données utilisées dans cette étude proviennent de la base de données ViCLAS utilisée par les forces de police française. Ces données concernent 3901 cas d’agressions sexuelles extrafamiliales commises entre 1979 et 2013 ainsi que 3500 agresseurs. Les résultats montrent que, parmi les agresseurs de victimes de 15 ans et plus, ViCLAS identifie 5.75 % d’auteurs sériels et que ce pourcentage augmente à 13.5 % pour les agresseurs de victimes de moins de 15 ans. Ces pourcentages sont nettement inférieurs à ceux trouvés par les recherches basées sur des sondages de délinquance autoreportée, ce qui soulève des questionnements sur la validité de ViCLAS.

Summary
This study examines the concurrent validity of the Violent Crime Linkage Analysis System (ViCLAS) by comparing the percentage of serial sexual offenders identified by this instrument with the one revealed by research based on self-reported studies conducted with incarcerated sexual offenders. Data are taken from the ViCLAS database used by the French Police which includes 3,500 offenders and 3,901 cases of extra familial sexual crimes covering the years 1979 to 2013. The results show that, according to ViCLAS, 13.5 % of the offenders who assaulted victims of less than 15 years were identified as serial offenders by ViCLAS, while the percentage is 5.75 % for victims of 15 years or more. Major differences exist between these results and those of self-reported survey indicating a validity problem for ViCLAS.


30 Mars 2018

Création de normes et réponses aux situations-problèmes en autogestion - Enquête ethnographique dans un espace culturel autogéré en Suisse

Cet article questionne la création de normes et la réponse à la transgression dans un espace où chaque membre possède le même pouvoir de décision. Nos pistes de réflexions sont issues d’une enquête de terrain au sein d’un espace culturel autogéré (ECA) en Suisse. Ce lieu, en plus de proposer une offre culturelle alternative, revendique un «vivre autrement» au point d’être parfois considéré comme en marge des normes et valeurs de la société dans laquelle il évolue. Cette enquête constate un cadre normatif flou et fluctuant, et met en évidence que lorsqu’un individu est auteur d’un acte problématique, à défaut de procédures claires, un schéma d’événements réactif se met en place pour y répondre. Celui-ci a pour objectif de définir le degré de problématisation dudit acte et, le cas échéant, de développer une stratégie en réponse. Pour faire face à de tels «actes-problème», le principal outil est la discussion collective caractérisée par une position similaire de chaque membre dans le processus de prise de décisions. Certains enjeux, propres au fonctionnement autogéré, ont été soulevés et concordent avec la littérature portant sur ces espaces. Cependant, cette recherche souligne que ce fonctionnement particulier repose sur des éléments relevant à la fois du développement de politiques publiques et de la justice réparatrice. En particulier, cette contribution discute de la perception de l’«acte-problème» par les membres de l’espace culturel autogéré, lequel se base moins sur son auteur que sur ses conséquences. Enfin, elle réfère aux stratégies développées par la discussion qui privilégient la résolution de problème en se refusant autant que possible à la rétribution.
30 Mars 2018

Violences conjugales dans les ménages à Abidjan: victimisation et maintien dans le couple chez la femme

Cette étude a pour objectif d’identifier les déterminants psychosociaux du maintien dans le couple chez des femmes victimisées. L’hypothèse postule que la faible estime de soi et l’attachement insécurisé contribuent au maintien dans la relation conjugale violente. Sur le plan méthodologique, deux groupes de femmes ont participé à l’enquête: les femmes victimes qui demeurent dans la relation violente (n=50) et les femmes victimes ayant quitté la relation violente (n=70). L’échelle d’estime de soi globale de Rosenberg, le test de l’attachement amoureux d’Hazan et Shaver et une version abrégée de l’échelle des tactiques de la violence de Murray Strauss, ont été administrés aux 2 groupes. Il en ressort que les femmes victimes qui maintiennent la relation conjugale présentent une faible estime de soi et un attachement insécurisé par rapport au groupe ayant quitté la relation conjugale violente. L’étude de cas montre également que les femmes développent des comportements adaptatifs à la violence comme stratégie de gestion de la violence. Ainsi, elles sont dans le déni de la réalité conjugale violente.
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