14 Décembre 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2017

La mort des réseaux terroristes: l’exemple de la Fraction armée rouge

par Maurice Cusson

Résumé
Pourquoi et comment les réseaux terroristes meurent-ils? Nous répondrons à cette question par l’exemple de la Fraction armée rouge. L’histoire est racontée en trois épisodes. Durant le premier, entre 1968 à 1972, l’équipe Baader-Meinhof attaque, ce qui provoque un développement du contre-terrorisme et l’arrestation des principales figures du mouvement. Deuxième étape, de 1973 à 1979, une nouvelle équipe de terroristes prend la relève, commet plusieurs assassinats cependant qu’en prison, les terroristes de la première génération meurent: tués ou assassinés. Troisième étape, entre 1980 à 1993, dix assassinats sont dénombrés et puis, progressivement, les terroristes s’essoufflent et abandonnent le combat.
Nous montrons ensuite que le terrorisme et l’antiterrorisme sont emportés par des mouvements cycliques au cours desquels se succèdent des périodes d’opérations terroristes violentes qui obligent les services de police et de renseignement à réagir et à devenir efficaces. Ensuite, durant de nombreuses années aucun attentat ne sera signalé. Ce qui conduira l’antiterrorisme à s’assoupir.

Summary
The case of the Red Army Fraction is used to answer the question: Why and how do terrorist networks die? The story is told in three episodes. During the first, between 1968 and 1972, the Baader-Meinhof team attacked, which led to the development of counterterrorism and the arrest of the main figures of the movement. Second stage, from 1973 to 1979, a new generation of terrorists took over, and committed several murders. During this period, while in prison, most terrorists of the first generation died: killed or murdered. Third stage, between 1980 and 1993, the RAF committed ten assassinations and then the terrorists give up the fight.
The article ends with a general comment. Terrorism and counterterrorism are driven by cyclical movements in which intense periods of terrorist operations are followed by a mobilization of the police and intelligence services to react. Then, for many years no attack will be reported. This will lead the anti-terrorism to fade.


14 Décembre 2017

Le genre devant la justice pénale - Des stéréotypes aux inégalités de traitement

Arrestations, condamnations, incarcérations: quelles que soient les statistiques, les femmes y sont minoritaires. Mais sont-elles traitées de la même manière que les hommes ? La recherche s’est attelée à décortiquer les décisions judiciaires prononcées à l’encontre des femmes et des hommes, comparant probabilités d’arrestation, renvois en jugement et décisions de classement, libérations sous caution, verdicts et recours à l’incarcération. Les résultats parfois contradictoires de ces études traduisent, en partie, les difficultés méthodologiques inhérentes au fait de tenir compte empiriquement de la multiplicité de paramètres influant sur la décision judiciaire, mais reflètent aussi le principe d’individualisation de la justice. Tantôt circonstance atténuante ou aggravante, être une femme n’est jamais anodin en matière de justice pénale et renvoie à des conceptions particulières du féminin et du masculin, et à leurs interrelations avec d’autres hiérarchies sociales. Des conceptions qui se laissent observer dans les décisions des professionnels de la poursuite pénale et de l’exécution des peines à l’encontre des femmes et des hommes prévenus, accusés et condamnés, mais également dans les opinions du public. Enfin, au-delà des décisions pénales, c’est l’accès même au traitement sociojudiciaire qui est le terrain d’inégalités de genre. Oubliées par le législateur et les institutions sociales et pénales, les «criminelles» sont loin de présenter une unicité de trajectoires de vie. À la variété des circonstances de leur délinquance correspondent des besoins d’intervention complexes auxquels l’on se doit de répondre adéquatement.
14 Décembre 2017

Le phénomène du lévirat et la problématique de la prise en charge des enfants orphelins: le cas des peuples Bété de la région du Gôh

Le lévirat est une pratique coutumière en Côte d’Ivoire par laquelle un frère s’unit à la veuve de son frère ou un fils aîné à celle de son père dans l’optique de perpétuer la lignée et surtout de créer un cadre de protection et d’assistance aux enfants du défunt. Cette pratique existe également chez le peuple Bété dans la région du Gôh, où elle tend cependant à disparaître. Paradoxalement, les veuves et orphelins l’approuvent. Trois villages ont constitué les sites de la présente étude. Celle-ci a pour objectif d’analyser les difficultés de la prise en charge des enfants orphelins dans le contexte du lévirat. Pour ce faire, au plan méthodologique, pendant 11 mois, des entretiens directifs et semi-directifs ont permis de recueillir des données auprès des populations rurales et urbaines. Cette étude a recouru aux analyses qualitatives et quantitatives. En termes de résultats, il apparaît que la prise en charge des enfants orphelins est confrontée à des problèmes: le détournement du patrimoine du défunt et l’effritement des valeurs culturelles. Ladite étude vient ainsi insister sur la nécessité de la protection véritable de ces enfants afin que puisse subsister le lévirat; une coutume ancestrale, qui en réalité préserve la cohésion familiale, la protection de l’orphelin, voire son intégration sociale.
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