14 Décembre 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 04/2017

La juste peine selon la population et selon les juges - Résultats d’une triple étude empirique

par André Kuhn

Résumé
En 2000, 2007 et 2015, trois recherches similaires ont été menées, dans lesquelles il était demandé à un échantillon de juges pénaux et à un échantillon du public d’infliger des peines dans quatre cas fictifs qui leur étaient présentés. De manière générale, la population inflige des peines moyennes sensiblement plus lourdes que les juges. Néanmoins, une analyse plus fine montre que la majorité du public inflige des peines moins sévères que la moyenne des juges, et donc que la moyenne du public est fortement tirée vers le haut par une minorité de répondants «ultra-punitifs». L’évolution des résultats des trois études à travers le temps (2000 à 2015) est également étudiée.

Summary
In 2000, 2007, and 2015, a sample of Swiss criminal court judges as well as a representative sample of the Swiss population were asked to impose sanctions in four fictional criminal cases, which were presented to them in the form of simulated judgments. The study shows that the population pronounced average sentences that were significantly harsher than those of the judges. While this finding, confirming the relevant literature, may seem logical, it is nonetheless surprising because it is due exclusively to the disproportionate weight of the most punitive individuals within the examined population sample. A more refined analysis shows that a majority of the population would actually be satisfied with less severe sentences than those pronounced by the judges. The evolution of the results of the three studies over time (2000 to 2015) is also analyzed.


21 Décembre 2018

Le harcèlement sexuel dans l’espace public: De l’indifférence à l’intolérance au risque de criminalisation

Assimilé à des gestes bénins ou à des tentatives de séduction maladroites, le harcèlement sexuel en rue avait été jusqu’il y a peu été ignoré par la littérature scientifique, aussi bien que par la scène politique et médiatique. En juillet 2012 est diffusé le reportage de Sophie Peeters, « Femme de la rue ». Mettant en lumière le sexisme ordinaire en rue, ce documentaire touche l’opinion publique et suscite une importante mobilisation médiatique et politique en Belgique et conduit à l’adoption d’une loi pénalisant la discrimination sexiste dans l’espace public. En France, l’affaire Weinstein et le phénomène #Balancetonporc donnent lieu à de multiples dénonciations. Des milliers de femmes partagent leurs récits sur les réseaux sociaux et des manifestations ont lieu, appelant à lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles. Incluse dans le plan de lutte contre les violences faites aux femmes survient alors la proposition de création du délit d’outrage sexiste, ciblant le harcèlement de rue. Au cours des dernières années, de telles initiatives se sont multipliées en Europe et dans le monde. Prise de conscience, dénonciations en cascade, indignation de l’opinion publique, revendications et pénalisation ; le harcèlement sexuel dans l’espace public est plus que jamais d’actualité. En dépit des enjeux concernant l’égalité homme-femme et l’accès à l’espace public, malgré les questions éthiques que soulèvent les propositions de qualification pénale et bien que nombre de personnes y soient exposées chaque jour, peu de recherches ont à ce jour abordé ce thème. Par le biais de questionnaires auto-administrés diffusés à large échelle, notre étude vise à mettre en évidence les spécificités du harcèlement sexuel dans l’espace public en termes de fréquence, de caractéristiques contextuelles, d’attributs des protagonistes mais aussi au niveau des attitudes qui y sont afférentes. Les résultats de l’étude donnent certaines indications quant aux modalités d’expression et suggèrent des implications pour la prévention.
21 Décembre 2018

La lutte contre la cybercriminalité au Maroc: Quelle efficacité?

La montée de la cybercriminalité est devenue l'une des difficultés émergentes d'un monde plus intégré sur le plan technologique. Comme il devient plus facile d'accéder à Internet, les risques de cybercriminalité augmentent. La cybercriminalité est une forme d'activité malveillante qui utilise l'Internet et l'infrastructure informatique à des fins de vol et d'autres activités néfastes. Cela est souvent accompli par l'introduction de logiciels malveillants ou de logiciels malveillants dans un système. La cybercriminalité n'est pas nécessairement motivée par un gain financier, mais peut être un objectif plus insidieux qui peut inclure le vol d'informations sensibles, perturber l'infrastructure informatique de la victime, infliger des dommages à la réputation de la victime, etc. Et pour combattre ce fléau, il est devenu nécessaire pour le législateur marocain d'adopter des systèmes et appliquer des méthodes de protection des victimes : Ce qui sera l'objet de mon article.
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