29 Septembre 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 03/2017

Interpellations et contrôles policiers conflictuels: Principes tirés de la recherche psychosociale pour la formation des policiers

par Raoul Jaccard

Résumé
La situation d’interpellation ou de contrôle effectué par la police met en jeu différents facteurs pouvant générer une escalade conflictuelle. Si le policier n’est pas à même de contrôler l’ensemble des facteurs en jeu, la connaissance de ces facteurs combinée à la maîtrise d’outils de communication et de gestion des émotions augmente significativement les chances que l’interaction puisse se passer sans devoir user de moyens de contrainte.
Tirés de recherches sur le terrain et de théories du domaine de la psychologie sociale, cet article présente les principes enseignés sur le sujet dans les écoles d’aspirants de police en Suisse romande.
L’article débute avec les notions d’attaque identitaire et de réactance psychologique lors de la confrontation à l’autorité. L’explication de ces phénomènes psychosociaux constitue la base théorique qui permet au policier de comprendre l’intérêt d’adopter une attitude déférente et d’éviter d’apparaitre autoritaire. L’importance de la préparation mentale et de la manière d’entrer en contact sont abordées. Comment établir un rapport suffisant pour pouvoir exercer une influence sur la personne? Comment désescalader face à une personne agressive ou/et en colère? Face au refus d’obtempérer, à partir de quand le policier doit-il faire usage de ses moyens de contrainte? Les meilleures techniques de communication devenant difficiles à utiliser sous l’emprise de la colère, l’article termine avec les principales techniques d’autorégulation mentales enseignées aux aspirants de police.

Summary
Various factors are at issue in a police control or arrest situation that may generate and escalate it into a conflict. If it is not possible for the police officer to master every factor at play, the knowledge of these factors combined with mastering communication and emotion control skills enhance significantly the chance of an interaction without having to use means of coercion.
Based on field research and on social psychology theories, this article presents principles that are taught in police academies in the French speaking part of Switzerland.
The article begins with notions about identity attack and psychological reactance when facing authority. How can this identity attack be reduced? These psychosocial phenomena provide the theoretical base to enable the police officer to understand the benefits of adopting a deferent attitude and avoiding an authoritarian approach. Importance of mental preparation and the way to approach are subjects that are raised. How to establish a good enough rapport to influence the person? How to de-escalate when confronted with an aggressive or/and angry person? Faced with refusal to comply, at what point should the police officer use means of coercion? In the grip of anger, an officer will have difficulty in using his communication skills, however good they might be. The last part of this article presents the main self-regulation skills taught in police academies.


14 Décembre 2017

Lieu de résidence des Abidjanais lors de la crise post électorale de 2010 en Côte d’Ivoire et état de stress post-traumatique

A Abidjan, les quartiers d’Abobo et de Yopougon ont été particulièrement touchés par des conflits armés et des exactions lors de la crise post électorale de 2010 en Côte d’Ivoire. L’objectif de l’étude est d’évaluer le stress post-traumatique (SPT) des individus ayant résidés effectivement à ces endroits et en dehors. L’échantillon est composé de 150 participants dont 61 femmes et 89 hommes. Parmi ces personnes sélectionnées, 49 résident à Abobo, 50 sont à Yopougon et 51 habitent les autres quartiers. Tous les participants ont été soumis à la version française du PCLS et à un entretien semi-directif. Les résultats indiquent que les résidents d’Abobo et de Yopougon n’ont pas un niveau de SPT significativement supérieur à celui des personnes qui ont résidé en dehors de ces communes contrairement aux attentes. Les résultats montrent aussi que, prises individuellement, les variables âge, sexe et le statut de victime, n’ont pas de rapport systématique avec le SPT des personnes enquêtées. Toutefois, il y aurait un lien entre le type d’évènement vécu et le SPT.
14 Décembre 2017

La mort des réseaux terroristes: l’exemple de la Fraction armée rouge

Pourquoi et comment les réseaux terroristes meurent-ils? Nous répondrons à cette question par l’exemple de la Fraction armée rouge. L’histoire est racontée en trois épisodes. Durant le premier, entre 1968 à 1972, l’équipe Baader-Meinhof attaque, ce qui provoque un développement du contre-terrorisme et l’arrestation des principales figures du mouvement. Deuxième étape, de 1973 à 1979, une nouvelle équipe de terroristes prend la relève, commet plusieurs assassinats cependant qu’en prison, les terroristes de la première génération meurent: tués ou assassinés. Troisième étape, entre 1980 à 1993, dix assassinats sont dénombrés et puis, progressivement, les terroristes s’essoufflent et abandonnent le combat.
Nous montrons ensuite que le terrorisme et l’antiterrorisme sont emportés par des mouvements cycliques au cours desquels se succèdent des périodes d’opérations terroristes violentes qui obligent les services de police et de renseignement à réagir et à devenir efficaces. Ensuite, durant de nombreuses années aucun attentat ne sera signalé. Ce qui conduira l’antiterrorisme à s’assoupir.
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