29 Septembre 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 03/2017

L’impact de l’utilisation répétitive d’un test évaluant le risque suicidaire sur sa validité prédictive

par Lucie Blouin, Jean-Pierre Guay et Martin Drapeau

Résumé
Les personnes incarcérées ainsi que les personnes présentant une problématique de santé mentale sont deux groupes parmi lesquels le taux de suicide est plus élevé comparé à la population générale. Ainsi, des mesures de dépistage du risque suicidaire ont été mises en place dans plusieurs institutions, à l’aide notamment du Suicide Probability Scale (SPS; Cull & Gill, 1988). Cet article vérifie l’impact de l’utilisation répétitive d’un même instrument sur son utilité et sa sensibilité cliniques. Les dossiers de soixante détenus (N = 60) ont été examinés, dont la moitié avait posé un geste suicidaire durant la ou les semaines suivant l’administration du SPS. Les données obtenues tendent à démontrer que malgré un nombre répété d’administration du test, la sensibilité clinique ne diminue pas. Au contraire, les résultats indiquent qu’il y a un intérêt véritable à évaluer de façon continue et répétée le risque suicidaire des détenus.

Summary
Inmates and individuals suffering from a mental disorder have suicide rates that are significantly higher than that of the general population. To monitor the suicidality of these individuals, a number of scales such as the Suicide Probability Scale (SPS, Cull & Gill, 1988) have been developed and are widely used in psychiatric institutions and correctional facilities. However, the effects of repeatedly administering the same suicide screening test, to inmates, on the predictive validity of that test remain unknown. This study examined what effects the repeated use of the scale can have on its predictive validity. Sixty inmates (N = 60) were examined, half of whom had attempted suicide soon after having completed the SPS. Results showed that the test remains robust despite multiple administrations. More importantly, these findings also show that there is considerable value in using the test often to monitor suicidality on an ongoing basis.


30 Mars 2018

Violences conjugales dans les ménages à Abidjan: victimisation et maintien dans le couple chez la femme

Cette étude a pour objectif d’identifier les déterminants psychosociaux du maintien dans le couple chez des femmes victimisées. L’hypothèse postule que la faible estime de soi et l’attachement insécurisé contribuent au maintien dans la relation conjugale violente. Sur le plan méthodologique, deux groupes de femmes ont participé à l’enquête: les femmes victimes qui demeurent dans la relation violente (n=50) et les femmes victimes ayant quitté la relation violente (n=70). L’échelle d’estime de soi globale de Rosenberg, le test de l’attachement amoureux d’Hazan et Shaver et une version abrégée de l’échelle des tactiques de la violence de Murray Strauss, ont été administrés aux 2 groupes. Il en ressort que les femmes victimes qui maintiennent la relation conjugale présentent une faible estime de soi et un attachement insécurisé par rapport au groupe ayant quitté la relation conjugale violente. L’étude de cas montre également que les femmes développent des comportements adaptatifs à la violence comme stratégie de gestion de la violence. Ainsi, elles sont dans le déni de la réalité conjugale violente.
30 Mars 2018

Création de normes et réponses aux situations-problèmes en autogestion - Enquête ethnographique dans un espace culturel autogéré en Suisse

Cet article questionne la création de normes et la réponse à la transgression dans un espace où chaque membre possède le même pouvoir de décision. Nos pistes de réflexions sont issues d’une enquête de terrain au sein d’un espace culturel autogéré (ECA) en Suisse. Ce lieu, en plus de proposer une offre culturelle alternative, revendique un «vivre autrement» au point d’être parfois considéré comme en marge des normes et valeurs de la société dans laquelle il évolue. Cette enquête constate un cadre normatif flou et fluctuant, et met en évidence que lorsqu’un individu est auteur d’un acte problématique, à défaut de procédures claires, un schéma d’événements réactif se met en place pour y répondre. Celui-ci a pour objectif de définir le degré de problématisation dudit acte et, le cas échéant, de développer une stratégie en réponse. Pour faire face à de tels «actes-problème», le principal outil est la discussion collective caractérisée par une position similaire de chaque membre dans le processus de prise de décisions. Certains enjeux, propres au fonctionnement autogéré, ont été soulevés et concordent avec la littérature portant sur ces espaces. Cependant, cette recherche souligne que ce fonctionnement particulier repose sur des éléments relevant à la fois du développement de politiques publiques et de la justice réparatrice. En particulier, cette contribution discute de la perception de l’«acte-problème» par les membres de l’espace culturel autogéré, lequel se base moins sur son auteur que sur ses conséquences. Enfin, elle réfère aux stratégies développées par la discussion qui privilégient la résolution de problème en se refusant autant que possible à la rétribution.
Polymedia Meichtry SA | Chemin de la Caroline 26 | 1213 Petit-Lancy | Genève | T: +41 22 879 88 20 | F: +41 22 879 88 25 | info@polymedia.ch