29 Juin 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 02/2017

Exclusion sociale et mendicité dans les rues de Côte d’Ivoire: cas des enfants et mères de jumeaux mendiants de Bouaké.

Ladji Darel BAMBA et Kouassi Blaise DJATO

Résumé
L’objectif visé par cette étude est d’identifier les perceptions socioculturelles et religieuses de la mendicité, de connaître les conditions de vie des mendiants, de formuler des recommandations et déterminer les causes de la mendicité. En hypothèse, l’article affirme que la mendicité est une activité vagabonde qui rend vulnérable les acteurs enfants et mères de jumeaux en les exposant à une exclusion sociale. En effet, les mendiants passent une bonne partie de leur temps à mendier et vagabonder. Cette pratique expose les adolescents, les enfants ou même les mères à des exploitations sexuelles de toutes sortes et les exposent aux nombreux problèmes de la rue qui pourraient les conduire vers la délinquance d’autre part. (understanding children work, 2007). L’irresponsabilité des parents, la paupérisation des familles, le sous-équipement des écoles coraniques en infrastructures éducatives modernes sont à la base du phénomène. La mendicité des enfants d’école coranique porte atteinte à leur santé, à la tranquillité et à la sécurité publique. En ce qui concerne les perceptions coutumières et religieuses, l’étude montre que la mendicité n’est ni recommandée par l’islam, ni par le christianisme, ni par la coutume. Pour ce qui est de la condition de vie des mendiants, ils vivent dans des conditions précaires. En effet, ils sont exclus du système scolaire et social.

Summary
This study aims at identifying the sociocultural and religious perceptions of mendicity, at investigating the living conditions of the beggars, at formulating recommendations and at determining the causes of mendicity. The article’s hypothesis is that begging is a drifter’s activity that increases the vulnerability of its actors, children and mothers of twins, by exposing them to social exclusion. Indeed, the beggars spend a large part of their time begging and roaming around. This practice exposes teenagers, children and even mothers to sexual abuses of all kinds and exposes them to the numerous problems of the street, potentially leading them to criminality. (Understanding children work, on 2007). The irresponsibility of the parents, the impoverishment of families, the lack of equipment of the Koranic schools in modern educational infrastructures are at the root of this phenomenon. The mendicity of Koranic schools’ children impacts their health as well as public order. Regarding the customary and religious perceptions of mendicity, the study shows that mendicity is recommended neither by Islam, by Christianity, or by custom. As for the living conditions of the beggars, they live in a precarious state, as they are excluded from school and the social system.


14 Décembre 2017

Lieu de résidence des Abidjanais lors de la crise post électorale de 2010 en Côte d’Ivoire et état de stress post-traumatique

A Abidjan, les quartiers d’Abobo et de Yopougon ont été particulièrement touchés par des conflits armés et des exactions lors de la crise post électorale de 2010 en Côte d’Ivoire. L’objectif de l’étude est d’évaluer le stress post-traumatique (SPT) des individus ayant résidés effectivement à ces endroits et en dehors. L’échantillon est composé de 150 participants dont 61 femmes et 89 hommes. Parmi ces personnes sélectionnées, 49 résident à Abobo, 50 sont à Yopougon et 51 habitent les autres quartiers. Tous les participants ont été soumis à la version française du PCLS et à un entretien semi-directif. Les résultats indiquent que les résidents d’Abobo et de Yopougon n’ont pas un niveau de SPT significativement supérieur à celui des personnes qui ont résidé en dehors de ces communes contrairement aux attentes. Les résultats montrent aussi que, prises individuellement, les variables âge, sexe et le statut de victime, n’ont pas de rapport systématique avec le SPT des personnes enquêtées. Toutefois, il y aurait un lien entre le type d’évènement vécu et le SPT.
14 Décembre 2017

La mort des réseaux terroristes: l’exemple de la Fraction armée rouge

Pourquoi et comment les réseaux terroristes meurent-ils? Nous répondrons à cette question par l’exemple de la Fraction armée rouge. L’histoire est racontée en trois épisodes. Durant le premier, entre 1968 à 1972, l’équipe Baader-Meinhof attaque, ce qui provoque un développement du contre-terrorisme et l’arrestation des principales figures du mouvement. Deuxième étape, de 1973 à 1979, une nouvelle équipe de terroristes prend la relève, commet plusieurs assassinats cependant qu’en prison, les terroristes de la première génération meurent: tués ou assassinés. Troisième étape, entre 1980 à 1993, dix assassinats sont dénombrés et puis, progressivement, les terroristes s’essoufflent et abandonnent le combat.
Nous montrons ensuite que le terrorisme et l’antiterrorisme sont emportés par des mouvements cycliques au cours desquels se succèdent des périodes d’opérations terroristes violentes qui obligent les services de police et de renseignement à réagir et à devenir efficaces. Ensuite, durant de nombreuses années aucun attentat ne sera signalé. Ce qui conduira l’antiterrorisme à s’assoupir.
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