29 Juin 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 02/2017

L’autodestruction des hommes auteurs d’un homicide conjugal

Suzanne LÉVEILLÉE, Laurence DOYON et Lysianne TOUCHETTE

Résumé
La majorité des études démontrent que l’autodestruction est fréquente chez les hommes auteurs d’un homicide conjugal (uxoricide). Toutefois, peu de recherches portent sur les enjeux psychosociaux de ces hommes auteurs d’un d’homicide-suicide. Notre étude porte spécifiquement sur les homicides conjugaux masculins suivis de comportements autodestructeurs commis entre 2007 et 2012 au Québec. Au total, 37 cas d’homicides conjugaux masculins (dont 31 avec suicide et 6 avec tentative de suicide) ont été analysés à l’aide d’une Grille d’Analyse Multidimensionnelle de l’Homicide Conjugal. La rupture amoureuse apparaît comme un élément important de compréhension de l’uxoricidesuicide. La présence de détresse psychologique et de troubles de la personnalité constituent aussi des caractéristiques à prendre en considération afin de mieux comprendre et prévenir l’uxoricide-suicide.

Summary
Studies indicate that self-destruction is common among men committing spousal homicide (uxoricide). However, very few focused on the psychosocial specificities of these men who committed suicide or attempted suicide as a result of homicide. Our study focuses on uxoricides followed by self-destructive behaviors committed between 2007 and 2012 in the province of Quebec. A total of 37 cases (31 with suicide and 6 with attempted suicide) were analyzed using the Grille d’Analyse Multidimensionnelle de l’Homicide Conjugal. Separation appears to be an important element of understanding uxoricide-suicide. The presence of psychological distress and personality disorders constitutes other important elements to take into consideration for prevention.


29 Juin 2017

En milieu ouvert, comment surveiller et punir les criminels violents?

Les criminels violents peuvent-ils être supervisés dans la communauté sans danger? Ils sont moins dangereux qu’on ne le croit. Les proportions de récidives violentes de sous-groupes de criminels violents sont très variables: aussi basses que 10 % pour le meilleur groupe et près de 70 % dans la catégorie la pire. Les criminels violents ne sont donc pas tous irrécupérables. Les individus qui présentent un faible risque peuvent être identifiés, car la récidive est influencée par des facteurs de risque bien connus: antécédents criminels, psychopathie, fréquentations, instabilité au travail, statut marital, etc. Le désistement du crime est loin d’être un phénomène marginal. Il s’explique par le retour à une vie familiale et professionnelle propice au respect de la loi, par l’âge et aussi par une décision revendiquée par le délinquant de se ranger. En probation, en libération conditionnelle, sous contrainte pénale, peut-on réunir les conditions favorables au désistement? Pour le moment, ces mesures de milieu ouvert ne réussissent pas mieux que la prison à éteindre la récidive. Ce constat a conduit des criminologues à rechercher d’autres solutions. Les projets HOPE et SAC consistent à sanctionner les probationnaires par des peines certaines, proportionnées et rapides. Ces programmes produisent des résultats inégaux. Autre piste de solution: la surveillance électronique. Les évaluations de cette technologie nous apprennent que celle-ci réussit à inciter les délinquants en probation et en libération conditionnelle à bien se conduire. Cependant, bien que complémentaires, les programmes utilisant le bracelet électronique sont rarement combinés à un régime de sanctions systématiques. Ces considérations nous conduisent à proposer un dispositif conçu pour surveiller et sanctionner les délinquants violents placés en milieu ouvert. Une solution qui s’appuie sur les connaissances sur la dynamique du désistement, sur les évaluations du bracelet électronique et sur les projets au cours desquels les transgresseurs étaient sanctionnés de manière probable. Le dispositif proposé combinerait la surveillance électronique, le GPS et la téléphonie mobile pour savoir en tout temps où se trouve l’individu surveillé, ce qu’il fait, et s’il respecte les conditions qu’on lui aura imposées. Le non-respect de ces conditions serait sanctionné de manière rapide, probable et modérée. Parmi les conditions de la libération, on trouverait l’assignation à résidence, la délimitation de zones interdites, l’obligation de garder un emploi ou de s’inscrire à une formation professionnelle, l’interdiction de fréquenter des délinquants avérés, etc. De cette manière, des individus ayant perpétré un crime violent dans le passé et présentant des risques modérés pourraient vivre en milieu ouvert tout en étant contrôlés de manière à ne pas menacer la sécurité des personnes.
29 Juin 2017

Exclusion sociale et mendicité dans les rues de Côte d’Ivoire: cas des enfants et mères de jumeaux mendiants de Bouaké.

L’objectif visé par cette étude est d’identifier les perceptions socioculturelles et religieuses de la mendicité, de connaître les conditions de vie des mendiants, de formuler des recommandations et déterminer les causes de la mendicité. En hypothèse, l’article affirme que la mendicité est une activité vagabonde qui rend vulnérable les acteurs enfants et mères de jumeaux en les exposant à une exclusion sociale. En effet, les mendiants passent une bonne partie de leur temps à mendier et vagabonder. Cette pratique expose les adolescents, les enfants ou même les mères à des exploitations sexuelles de toutes sortes et les exposent aux nombreux problèmes de la rue qui pourraient les conduire vers la délinquance d’autre part. (understanding children work, 2007). L’irresponsabilité des parents, la paupérisation des familles, le sous-équipement des écoles coraniques en infrastructures éducatives modernes sont à la base du phénomène. La mendicité des enfants d’école coranique porte atteinte à leur santé, à la tranquillité et à la sécurité publique. En ce qui concerne les perceptions coutumières et religieuses, l’étude montre que la mendicité n’est ni recommandée par l’islam, ni par le christianisme, ni par la coutume. Pour ce qui est de la condition de vie des mendiants, ils vivent dans des conditions précaires. En effet, ils sont exclus du système scolaire et social.
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