29 Juin 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 02/2017

En milieu ouvert, comment surveiller et punir les criminels violents?

Maurice CUSSON et Jonathan JAMES

Résumé
Les criminels violents peuvent-ils être supervisés dans la communauté sans danger? Ils sont moins dangereux qu’on ne le croit. Les proportions de récidives violentes de sous-groupes de criminels violents sont très variables: aussi basses que 10 % pour le meilleur groupe et près de 70 % dans la catégorie la pire. Les criminels violents ne sont donc pas tous irrécupérables. Les individus qui présentent un faible risque peuvent être identifiés, car la récidive est influencée par des facteurs de risque bien connus: antécédents criminels, psychopathie, fréquentations, instabilité au travail, statut marital, etc. Le désistement du crime est loin d’être un phénomène marginal. Il s’explique par le retour à une vie familiale et professionnelle propice au respect de la loi, par l’âge et aussi par une décision revendiquée par le délinquant de se ranger. En probation, en libération conditionnelle, sous contrainte pénale, peut-on réunir les conditions favorables au désistement? Pour le moment, ces mesures de milieu ouvert ne réussissent pas mieux que la prison à éteindre la récidive. Ce constat a conduit des criminologues à rechercher d’autres solutions. Les projets HOPE et SAC consistent à sanctionner les probationnaires par des peines certaines, proportionnées et rapides. Ces programmes produisent des résultats inégaux. Autre piste de solution: la surveillance électronique. Les évaluations de cette technologie nous apprennent que celle-ci réussit à inciter les délinquants en probation et en libération conditionnelle à bien se conduire. Cependant, bien que complémentaires, les programmes utilisant le bracelet électronique sont rarement combinés à un régime de sanctions systématiques. Ces considérations nous conduisent à proposer un dispositif conçu pour surveiller et sanctionner les délinquants violents placés en milieu ouvert. Une solution qui s’appuie sur les connaissances sur la dynamique du désistement, sur les évaluations du bracelet électronique et sur les projets au cours desquels les transgresseurs étaient sanctionnés de manière probable. Le dispositif proposé combinerait la surveillance électronique, le GPS et la téléphonie mobile pour savoir en tout temps où se trouve l’individu surveillé, ce qu’il fait, et s’il respecte les conditions qu’on lui aura imposées. Le non-respect de ces conditions serait sanctionné de manière rapide, probable et modérée. Parmi les conditions de la libération, on trouverait l’assignation à résidence, la délimitation de zones interdites, l’obligation de garder un emploi ou de s’inscrire à une formation professionnelle, l’interdiction de fréquenter des délinquants avérés, etc. De cette manière, des individus ayant perpétré un crime violent dans le passé et présentant des risques modérés pourraient vivre en milieu ouvert tout en étant contrôlés de manière à ne pas menacer la sécurité des personnes.

Summary
Can violent offenders be supervised in the community safely? Many are not very dangerous. The proportions of violent recidivism in subgroups of violent criminals are as low as 10 % for the best group and almost 70 % in the worst group. Thus violent criminals are not all beyond redemption. Individuals with low risk can be identified because recidivism is under the influence of well-known risk factors: criminal history, psychopathy, job instability, marital status, etc. Desistance is not a marginal phenomenon. It can be explained by aging and also by a decision by the offender to desist. Traditional probation and parole do not work better than prison. This has led criminologists to look for other solutions. The HOPE and SAC projects consist of sanctioning probationers with swift, certain, and proportionate sanctions. These programs produce unequal results. Electronic monitoring might a solution. Evaluations show that this technology helps offenders on probation and parole. However, programs using the electronic bracelet are not combined with swift and certain sanctions. This leads us to put forward a system designed to control and punish violent offenders in the community. The proposed scheme would combine electronic surveillance, GPS and mobile phones to know at all times where the individual is, what he is doing, and whether he complies with the conditions imposed on him. Failure to comply with these conditions would be punished in a swift, certain, and moderate sanction.


29 Septembre 2017

Femmes et frotteurisme dans les autobus à Abidjan

L‘objectif de cette recherche est de comprendre les motivations des agresseurs sexuels en public dans un contexte interculturel. Le modèle sociocognitif de Pahlavan sur la violence est discuté. La méthode d’analyse est qualitative de type phénoménologique et vise à proposer une typologie des modalités de ces formes d’agression sexuelle et des agresseurs. Les résultats amènent à distinguer trois principales modalités d’agression (frotteurisme, frôlements et attouchements), deux types d’agresseurs (d’habitude et d’occasion) et deux facteurs causaux: physiques et situationnels et psychosociaux.
29 Septembre 2017

Interpellations et contrôles policiers conflictuels: Principes tirés de la recherche psychosociale pour la formation des policiers

La situation d’interpellation ou de contrôle effectué par la police met en jeu différents facteurs pouvant générer une escalade conflictuelle. Si le policier n’est pas à même de contrôler l’ensemble des facteurs en jeu, la connaissance de ces facteurs combinée à la maîtrise d’outils de communication et de gestion des émotions augmente significativement les chances que l’interaction puisse se passer sans devoir user de moyens de contrainte.
Tirés de recherches sur le terrain et de théories du domaine de la psychologie sociale, cet article présente les principes enseignés sur le sujet dans les écoles d’aspirants de police en Suisse romande.
L’article débute avec les notions d’attaque identitaire et de réactance psychologique lors de la confrontation à l’autorité. L’explication de ces phénomènes psychosociaux constitue la base théorique qui permet au policier de comprendre l’intérêt d’adopter une attitude déférente et d’éviter d’apparaitre autoritaire. L’importance de la préparation mentale et de la manière d’entrer en contact sont abordées. Comment établir un rapport suffisant pour pouvoir exercer une influence sur la personne? Comment désescalader face à une personne agressive ou/et en colère? Face au refus d’obtempérer, à partir de quand le policier doit-il faire usage de ses moyens de contrainte? Les meilleures techniques de communication devenant difficiles à utiliser sous l’emprise de la colère, l’article termine avec les principales techniques d’autorégulation mentales enseignées aux aspirants de police.
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