29 Mars 2017
Publié dans Revue Internationale de CRIMINOLOGIE et de POLICE Technique et Scientifique 01/2017

Les facteurs de la distribution spatiale de la criminalité à Montréal: l’importance des bars

par Elodie Demeau et Geneviève Parent

Résumé
Partant de la preuve empirique bien établit dans la littérature selon laquelle la criminalité ne serait pas distribuée aléatoirement dans l’espace et qu’elle aurait tendance à se concentrer en certains points, la présente étude a pour objet d’évaluer l’impact de différents types de générateurs et d’attracteurs de crime sur le taux de criminalité (général, violent et non violent) de 33 postes de quartier tels que définis par le service de police de la ville de Montréal (SPVM). Les résultats suggèrent que seul le nombre de bars auraient un effet criminogène. Par ailleurs, il s’avère important de considérer les caractéristiques des installations, particulièrement le nombre de places dans les bars, puisque cette caractéristique semble affecter la direction de l’effet criminogène de cette installation.

Summary
Based on the empirical evidence that criminality is not randomly distributed and that it has a tendency to concentrate in a specific spot, this study intends to assess the impact of various types of crime generators and attractors on (general, violent and non-violent) crime rates within 33 neighbourhood police stations as defined by the Montreal Police Department. Results suggest that only bars have an impact on crime rate. Furthermore, results also suggest the necessity to consider the structural characteristics, particularly the bars’ seating capacity, since this characteristic seems to affect the direction of the criminogenic effect of this structure.


30 Mars 2018

Création de normes et réponses aux situations-problèmes en autogestion - Enquête ethnographique dans un espace culturel autogéré en Suisse

Cet article questionne la création de normes et la réponse à la transgression dans un espace où chaque membre possède le même pouvoir de décision. Nos pistes de réflexions sont issues d’une enquête de terrain au sein d’un espace culturel autogéré (ECA) en Suisse. Ce lieu, en plus de proposer une offre culturelle alternative, revendique un «vivre autrement» au point d’être parfois considéré comme en marge des normes et valeurs de la société dans laquelle il évolue. Cette enquête constate un cadre normatif flou et fluctuant, et met en évidence que lorsqu’un individu est auteur d’un acte problématique, à défaut de procédures claires, un schéma d’événements réactif se met en place pour y répondre. Celui-ci a pour objectif de définir le degré de problématisation dudit acte et, le cas échéant, de développer une stratégie en réponse. Pour faire face à de tels «actes-problème», le principal outil est la discussion collective caractérisée par une position similaire de chaque membre dans le processus de prise de décisions. Certains enjeux, propres au fonctionnement autogéré, ont été soulevés et concordent avec la littérature portant sur ces espaces. Cependant, cette recherche souligne que ce fonctionnement particulier repose sur des éléments relevant à la fois du développement de politiques publiques et de la justice réparatrice. En particulier, cette contribution discute de la perception de l’«acte-problème» par les membres de l’espace culturel autogéré, lequel se base moins sur son auteur que sur ses conséquences. Enfin, elle réfère aux stratégies développées par la discussion qui privilégient la résolution de problème en se refusant autant que possible à la rétribution.
30 Mars 2018

Violences conjugales dans les ménages à Abidjan: victimisation et maintien dans le couple chez la femme

Cette étude a pour objectif d’identifier les déterminants psychosociaux du maintien dans le couple chez des femmes victimisées. L’hypothèse postule que la faible estime de soi et l’attachement insécurisé contribuent au maintien dans la relation conjugale violente. Sur le plan méthodologique, deux groupes de femmes ont participé à l’enquête: les femmes victimes qui demeurent dans la relation violente (n=50) et les femmes victimes ayant quitté la relation violente (n=70). L’échelle d’estime de soi globale de Rosenberg, le test de l’attachement amoureux d’Hazan et Shaver et une version abrégée de l’échelle des tactiques de la violence de Murray Strauss, ont été administrés aux 2 groupes. Il en ressort que les femmes victimes qui maintiennent la relation conjugale présentent une faible estime de soi et un attachement insécurisé par rapport au groupe ayant quitté la relation conjugale violente. L’étude de cas montre également que les femmes développent des comportements adaptatifs à la violence comme stratégie de gestion de la violence. Ainsi, elles sont dans le déni de la réalité conjugale violente.
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