19 Octobre 2016  |  Protection
Publié dans Hotel Security Worldwide 03/1988

Les issues de secours ou comment assurer un chemin de fuite

Les portes d'issues de secours qui ne peuvent pas s'ouvrir en cas d'urgence ne représentent pas seulement une menace de blessure ou de mort. Elles sont comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l’hôtelier!

Les autorités de contrôle font presque quotidiennement part de cas de bâtiments dans lesquels la possibilité de fuite en cas de danger, d'incendie notamment, n'est pas garantie pour les personnes qui s'y trouvent. En fait, dans de nombreux bâtiments, y compris dans des hôtels, même si des issues de secours ont été prévues, leurs portes, pour des raisons de sécurité interne, ont été équipées de systèmes de verrouillage ne permettant pas, en cas d'urgence, une ouverture sans l'aide d'accessoires.
Ci-dessous, nous allons décrire les caractéristiques de différents systèmes de verrouillage pour portes d’issues de secours et nous verrons, en particulier, pourquoi certains d'entre eux ne garantissent pas la fuite des personnes en cas d'urgence.
 
La «boite à clé»
Dans le cas de portes avec des serrures à clés conventionnelles, il arrive encore fréquemment que la clé permettant de l'ouvrir en cas d'urgence soit mise dans une «boîte à clé» placée, à l'intérieur, à côté de la porte de secours. Cette solution ne correspond plus aux prescriptions de nombreux pays, la clé étant dans ce cas considérée comme un accessoire.
De plus, dans la pratique, il est malheureusement fréquent que la clé ne soit plus dans la boîte ou que ce soit une fausse clé qui s'y trouve. Ceci est un autre danger pour l'exploitant, du fait que la clé peut avoir été enlevée sciemment, pour pouvoir entrer dans le bâtiment ou cambrioler.
Les portes à serrure ont le grand désavantage, en outre, que lorsque plusieurs personnes exercent une poussée contre la porte, en cas de panique en particulier, le pêne de la serrure ne peut plus être rétracté avec la clé.
 
La serrure «panique»
Pour la plupart des raisons évoquées, les issues de secours, selon les prescriptions des autorités du feu (suivant les pays), devraient toujours être équipées d un verrouillage cédant en cas de panique.
Les «serrures panique» sont des serrures encastrées qui, lorsqu’elles sont fermées, peuvent s'ouvrir de l'intérieur par l'intermédiaire de la poignée ou, pour les portes à double battant, par des barres de poussée, à n'importe quel moment et sans aucun accessoire. En appuyant sur la poignée, le loquet et le pêne de la serrure se rétractent automatiquement.
En cas d'urgence, la porte peut donc être ouverte sans accessoire. Cependant, il est toujours possible que l'ouverture se fasse par hasard, par accident ou de manière abusive. Après que la serrure ait été actionnée, la serrure anti-panique ne tient plus la porte que par le pêne et n'offre plus aucune sécurité contre le cambriolage. De plus, rien ne montre ou ne prouve que la porte est correctement verrouillée.
Il arrive aussi, fréquemment, que les poignées des serrures anti-panique soient percées et plombées. Cette mesure n'offre en principe pas de protection contre une utilisation abusive ; elle permet tout au plus de montrer, lors de rondes de contrôle, si la porte a été ouverte ou non. Le fait qu'il n'existe généralement pas de norme en ce qui concerne le diamètre de ces câbles de plombage fait que, par exemple, on utilise des câbles de plombage trop forts qui, en cas d'urgence, ne permettent plus une ouverture de la porte de secours sans l'aide d'un outillage.
 
Protections en plastique
Il existe également la possibilité de mettre en place des protections en plastique qui recouvrent les poignées ou les barres de poussée des portes de secours. Cette méthode devrait permettre d'empocher une utilisation abusive. Dans ce cas aussi, un contrôle régulier est indispensable. Cette solution n'apporte cependant pas une meilleure protection contre le cambriolage.
 
Verrouillage électromagnétique
Les dispositifs de verrouillage électromagnétiques offrent, d'une part, une fermeture efficace et sûre et, d'autre part, permettent une surveillance électrique de la porte. Ce système n'est donc pas uniquement une protection mécanique; une alarme sonore peut être transmise à une centrale en cas d'usage abusif.
De telles installations peuvent évidemment être branchées à des centrales d'alarme incendie qui, en cas d'incendie, commanderont le déverrouillage automatique des portes des issues de secours.
Les systèmes électromagnétiques, respectivement les serrures à pêne magnétique ne sont toutefois pas recommandés, leur fonctionnement n'étant pas garanti lorsqu'une poussée sur la porte cause un effort de cisaillement transversal.
 
Fig. 1. Système à aimant de verrouillage «ROFU».
 
 
Systèmes à aimant de verrouillage
C'est pour parer à tous ces problèmes que l'aimant à grande surface d'adhérence ROFU, qui se monte sur la partie supérieure de la porte, a été mis au point (fig. 1). En cas d'incendie, par exemple, la possibilité de fuir est garantie grâce à un interrupteur d'urgence spécial. Lorsque la vitre de l'interrupteur est enfoncée, un microrupteur désactive immédiatement l'aimant de verrouillage. Il est impossible de se blesser car la vitre a une amorce de rupture et elle est doublée d'une feuille adhésive anti-éclat. Il n'est pas nécessaire d'actionner un autre interrupteur puisque le microrupteur réagit à l'enfoncement de la vitre. Le schéma de la figure 2 démontre le principe de fonctionnement du système ROFU.
Grace à une unité de commande, l'installation peut être adaptée à diverses exigences; elle peut être branchée sur des installations d'alarme incendie, sur un poste de commande central, sur des postes de surveillance incendie, etc.
Un interrupteur d'ouverture à clé ou un système de contrôle d'accès permet évidemment à des personnes autorisées d'actionner ces portes pendant l'exploitation normale du bâtiment.
L'aimant de verrouillage ROFU garantit une force d'attraction de 5,8 kN (600 kg). Il faudrait, bien sur, que la porte de secours elle-même offre une résistance équivalente pour garantir une sécurité contre les cambriolages. Des portes de sécurité garantissant une protection contre les incendies et le cambriolage existent sur le marché.
Lors de l'acquisition de tels moyens de protection, il faudrait toujours s'assurer que les produits, y compris la porte, aient un certificat d'homologation, pour être certain que la sécurité requise dans les domaines concernes est garantie.
Des portes pour issues de secours, répondant aux exigences prescrites contre le feu et l'intrusion sont de plus en plus fréquemment utilisées dans les aéroports, les centres informatiques, les hôtels, les hôpitaux, les centres administratifs, les écoles, etc., en fait partout où les risques envers les biens, mais surtout envers les personnes, sont élevés en cas d'incendie.
 
Fig. 2. Exemple d'application pratique du système «ROFU».


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