19 Octobre 2016  |  Sécurité
Publié dans Hotel Security Worldwide 01/1987

La qualité de vie

par Prof. Dr, Klaus A.J. Järvinen

L’air pollué est un problème auquel nous sommes tous confrontés dans les sociétés industrielles modernes, surtout dans les grandes agglomérations urbaines, le long des autoroutes et dans les usines. Mais que se passe-t-il dans l’environnement hôtelier? Est-ce qu'il crée des problèmes de pollution atmosphérique autres que ceux engendrés par l'air ambiant? Une analyse d'un éminent spécialiste de la pollution de l'air ayant trait à notre santé, fournit de la matière à réflexion à ce sujet pour tous les dirigeants hôteliers.

La question du contenu minimal admissible en éléments nocifs de l'air dans les quartiers d'habitations et l'environnement intérieur, a souvent été abordée par les autorités sanitaires; il y a une riche littérature à ce sujet. Même s'il y a controverse sur certains points de détail, il y a un consensus général pour ce qui est des principaux dangers pour notre santé et leurs causes dans des demeures telles que nos logements et les hôtels. Les particules de saleté et de substances chimiques qui pénètrent dans nos voies respiratoires, dans des concentrations naturelles, n'engendrent pas de dommages pour la santé. Au-delà de ces limites toutefois, qui peuvent varier beaucoup selon les circonstances, de,~ dangers existent. Le but de cet article est de mettre en évidence les principales causes et sources de pollution, ainsi que leurs effets sur l'organisme humain. Ces effets sont plus marqués sur des personnes dont la résistance naturelle a été affaiblie pour une raison quelconque. Les jeunes enfants constituent à cet égard une catégorie spéciale de risques, car dans leur cas, les muqueuses de la bouche, du nez et des voies respiratoires ne sont pas encore complètement développées. L'autre principale catégorie à risques comprend les personnes souffrant d'allergies affectant les voies respiratoires. En Finlande, par exemple, 22 à 24% des habitants des zones industrielles souffrent d'allergies de cette nature. Un autre groupe menacé est celui des personnes qui, pour une raison ou une autre, ont des difficultés à respirer par le nez.
Lorsque l'air des pièces habitées est analysé avec attention, on trouve diverses sources de pollution, les principales étant la fumée des cigarettes, d'infimes particules de protéine en trop grande quantité et des fumées ou des gaz nocifs pour les voies respiratoires.
 
 
Sources de pollution de l'air dans les pièces habitées
La fumée des cigarettes est dangereuse pour les muqueuses des poumons et des voies respiratoires. Comme on le sait, la santé des grands fumeurs est atteinte. Des dommages superficiels ouvrent la voie aux infections et peuvent mener à la bronchite chronique et à d'autres affections. L'un des facteurs à prendre en considération est le fait que la quantité d'impuretés dans l'air est considérablement accrue par la fumée provenant des fumeurs, surtout lorsque les systèmes d'aération sont inadéquats. Les dommages sont causés par l'inhalation «acide» de la fumée du tabac.
La présence de particules de protéines solubles dans l'eau peut amener facilement à une baisse de l'immunité naturelle des muqueuses, en particulier dans le cas de ceux qui souffrent de rhumes allergiques, de l'asthme et de l'alvéolite allergique. Même dans ces cas, on a constaté qu'il faut des périodes d'exposition aux concentrations de particules non naturelles allant de 6 mois à 10 ans, avant que les défenses immunitaires des surfaces des muqueuses réagissent fortement (allergies). Là aussi, les résultats diffèrent beaucoup, selon le genre de pollution rencontrée.
Lorsque des animaux sont gardés pendant longtemps dans les espaces d'habitation clos, il s'y produit une concentration massive de poussière animale, Quoique les émissions se fassent en faibles quantités, la concentration peut devenir assez forte après quelques mois, Les grandes particules se logent dans la partie supérieure des voies respiratoires, tandis que les plus petites font leur chemin à travers les alvéoles pulmonaires, engendrant l'alvéolite. 11 est important de savoir que la poussière animale contient non seulement des pellicules provenant de l'épiderme de l'animal, mais également des substances protéiques du sang, des sécrétions et de la salive. Le poil animal est formé de kératine, insoluble dans l'eau et n'agissant pas comme un immunogène, même si c'est un bon indicateur de poussière animale. Environ 60% des personnes souffrant de rhumes allergiques et d'asthme réagissent aux poussières animales.
Parmi les autres particules de protéines polluantes, les plus importantes dans les espaces clos proviennent de poussières de moisissures. Toutefois, ce n'est que dans des circonstances particulières qu'elles atteignent des concentrations dangereuses. Ainsi, par exemple, des moisissures peuvent se former dans les appareils de conditionnement de l'air et les humidificateurs, pour passer ensuite dans l'air de la chambre où, les personnes le respirant risquent de contracter l'alvéolite. Il en va de même pour les conduits d'aération. Les douches sales où des accrétions d'algues peuvent se former, sont d'autres sources de concentrations de moisissures.
La poussière de farine dans les boulangeries est une autre sorte de particules aériennes nuisibles.
 
Gaz et fumées
Les économies réalis6es dans le chauffage peuvent parfois aboutir à des renouvellements d'air insuffisants: des produits chimiques nocifs peuvent s'agglomérer. Des recherches ont démontré que le formaldéhyde (formol) était le principal gaz polluant dans les chambres. Si le contreplaqué en a longtemps été la principale source (ses émanations sont maintenant maîtrisées), les sources de pollution actuelles sont les textiles, les vêtements et les revêtements de cuir, la cire pour les sols et la colle. Grâce à un choix judicieux des aménagements d'intérieurs, une limite maximale admissible de concentration de formaldéhyde de 0,3 mg/m3 peut normalement être respectée sans l'appoint de purificateurs d'air spéciaux (en Suisse, p.ex., cette limite est de 0,24 mg/m3; en Finlande, la limitation plus sévère de 0,1 mg/ m3, entrée en vigueur le 1.1.1983 est plut5t difficile à observer).
On a décelé de nombreux autres polluants sous forme de gaz, dans des quantités mettant la santé en danger. Toutefois, ils sont moins bien connus, de même que les limites admissibles de leurs concentrations. Parmi ceux-ci on trouve les gaz provenant des matières synthétiques molles, et l'ozone émis par certains appareils électriques. Dans les bâtiments en béton les effets nocifs du gaz radon émis sont encore mal connus. On peut dire de même au sujet des rafraîchisseurs d'air, des déodorants et des gaz utilisés comme combustible dans les maisons.
 
Effets de la pollution de l'air extérieur sur les espaces clos
Dans des conditions normales, le taux de renouvellement de l'air dans un logement est de une demi-heure. Cela veut dire que les particules et les gaz de l'air extérieur affectent fortement l'air de l’intérieur, sauf au cas où des mesures de filtration ont été prises.
On peut admettre que le même échange se produit entre l'air de l'extérieur et celui de l'intérieur pour ce qui est des gaz, et surtout en ce qui concerne le contenu en bioxyde de soufre de l'air extérieur.
 
Purification de l’air de l'intérieur par des moyens artificiels
Le purificateur d'air est utilisé pour filtrer et dépoussiérer t'apport en air extérieur, et pour purifier l'air de l'intérieur, afin d'en éliminer les polluants mentionnés précédemment. Cela comporte l'incorporation de filtres dans les installations de chauffage de l'air et de ventilation. L'équipement pour l'élimination des particules nocives des chambres individuelles, est généralement fiable.
Les dépoussiéreurs d'air rentrent dans deux catégories:
  • l'équipement à travers lequel circule l'air de la chambre; presque toutes les particules de 0,3 micron et plus sont retenues;
  • l'équipement à travers lequel les particules d'impuretés de l'air reçoivent une charge électrique positive qui les fait adhérer à des plaques métalliques à charge négative; ces plaques sont continuellement lavées.
 
Ces deux genres de matériel offrent de bons résultats et sont bien adaptés à la purification de l'air dans les habitations. Les deux ont leurs avantages et leurs défauts. Un dépoussiéreur purifie entre 200 et 900 m3/h, ce qui suffit à maintenir propre l'air de chambres de dimensions variées. Les prix des deux types d'appareils sont à peu près les mêmes, pour une performance comparable.
Le fait qu'il faut changer après quelques mois le filtre plutôt onéreux est un désavantage du dépoussiéreur à micro-filtre. Quant au dépoussiéreur électronique, il présente le désavantage de la formation d'ozone, en raison de la haute tension utilisée.
Comment éliminer la pollution gazeuse Les dépoussiéreurs utilisés pour l'élimination des particules d'impuretés, peuvent également éliminer certains gaz présents en faibles quantités. Ainsi, par exemple, le dépoussiérage de l'air est accompagné d'une réduction notable de la concentration du radon. Lorsqu'avec des dépoussiéreurs il n'est pas possible d'éliminer la pollution par gaz dans les proportions requises, d'autres équipements spécialement conçus à cet effet doivent être mis en oeuvre. Des filtres à gaz jetables peuvent être obtenus pour les dépoussiéreurs électriques.
Avec l'accroissement de la pollution générale de l'air, il est de plus en plus nécessaire d'installer des équipements de dépoussiérage de l'air dans les chambres, surtout dans des environnements industriels et à proximité des autoroutes. La demande pour ce genre d'appareils ne cesse de croître.
 
Normes de pureté de l'air pour es chambres
Des normes adéquates doivent encore être développées. Il n'existe pas de recommandations concrètes au sujet des particules de poussière; la situation est la même concernant les gaz polluants, En Finlande, les seules normes existant sont celles s'appliquant au formaldéhyde. Toutefois, le progrès technique a permis d'appliquer les mêmes techniques pour l'élaboration des normes de l'hygiène de l'air en général.
Il devrait être possible d'effectuer des mesures afin de déterminer à quel instant la qualité de l'air dans les chambres devient tellement mauvaise, que les «purificateurs naturels» de nos voies respiratoires ne peuvent plus suffire à la tache.
 

Ce texte a été adapté à partir d'un article publié dans «Year book of Allergy research» (Allergia-tutkimussäätiö - 13: 35-39 l1982), paru en Finlande.


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