19 Octobre 2016  |  Sécurité
Publié dans Hotel Security Worldwide 08/1991

Zéro pointé pour la sécurité

par Anthony Marshail*

Il est avocat et américain. Lors d'un récent séjour en Europe, il a eu tout loisir d'observer les hôtels dans lesquels il était descendu. Résultat: «4 étoiles pour le confort, zéro point pour la sécurité». Conclusion: «Hors des chaînes américaines, point de salut». Dur, dur! D'autant que l'article dont nous reproduisons ci-après l'essentiel a été publié par notre confrère «Hôtel Motel Management» du 4 juillet 1988. Une leçon est toujours bonne à prendre, surtout quand, en prime, elle donne la solution: hôteliers, à vos sprinklers et serrures à code!

Félicitations, hôtels et motels sûrs du monde. J'ai récemment fait un voyage d'affaires en Europe. Mon hôtel - un 4 étoiles indépendant - était d'une architecture à vous couper le souffle, son personnel extraordinairement serviable et courtois.
Au premier coup d'oeil, ma chambre avait l’air «royale»! Mais après avoir levé le voile naïf de mes yeux de touriste, je me suis mis à l'étudier d'un regard professionnel: aucune trace de détecteur de fumée, ni de sprinkler. Pire encore, pas la moindre instruction sur le comportement à avoir en cas d'incendie. Fort de cette découverte, je décidai d'inspecter le couloir. Même constatation: ni système d'alarme, ni extincteur. Comment la chose pouvait-elle être possible dans un 4 étoiles?
Retournant dans ma chambre, j'en examinai la clé.
Y figuraient le nom et l'adresse de l'hôtel, ainsi que le numéro de la chambre. Il y a belle lurette qu'aux Etats-Unis, les hôteliers ont cessé d'inscrire le nom de l'hôtel sur les clés~ Tant il semble impensable de permettre à n'importe qui de localiser la chambre aussi facilement…
Plus tard, je demanda/au directeur de l'hôtel à quelle cadence il faisait changer les serrures. «Je suis incapable de m'en souvenir, me répondit-il. Nos clients européens se sentent moins concernés par la sécurité que les Américains».
Autre constatation: la porte de ma chambre n'avait ni judas ni serrure de sécurité. Aux Etats-Unis, le non-respect de ces exigences about/rait à une amende de plusieurs millions de dollars/
Plus tard dans la journée, l’envie me prit d'aller me dégourdir les jambes. Quelle ne fut pas ma surprise quand je m'aperçus qu'il n'y avait aucune information relative à/'endroit où je pouvais laisser ma montre et mon portefeuille. J'allai voir le directeur qui me répondit que, si je le désirais, je pouvais laisser mes effets de valeur au coffre de l'hôtel de 9 à 18 heures. Cette réponse me remit en mémoire le cas d'un motel new yorkais que la Cour rendit responsable d'un vol commis dans l'une de ses chambres puisque le service de dépôt n'était pas utilisable 24 heures sur 24.
Les clients, aux Etats-Unis comme partout ailleurs, devraient avoir accès aux informations concernant les normes de sécurité dans les hôtels. Si le voyageur peut, aujourd'hui, être largement informé sur les services et les aménagements proposés par un hôtel, il devait pouvoir, demain, l'être également au sujet des systèmes de sécurité. Les experts estiment d'ailleurs que les standards de sécurité sont plus objectivement mesurables que les normes de confort donnant lieu au classement par étoiles.
Les associations internationales de voyage et de tourisme devraient exiger l'adoption d'un classement universel relatif à la sécurité hôtelière. Tant qu'un tel classement n'existera pas, je continuerai à ne séjourner que dans des hôtels appartenant à des chaînes américaines ou ayant adopté les normes de sécurité appliquées aux Etats-Unis. Agir autrement, et quel que soit le nombre d'étoiles affiché par hôtel, c'est prendre un risque.

Revue technique des hôtels et restaurants No 468, Octobre 1988
 

* Doyen, school of Hospitality Management (Miami).


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