19 Octobre 2016  |  Sécurité
Publié dans Hotel Security Worldwide 02/1987

Comment coordonner l'alarme et l‘évacuation

par W.G. Peissard*

Les hôtels sont plus que de simples bâtiments utilitaires. Les grands complexes hôteliers - et ceci s'applique également aux grandes institutions - ont leurs installations de climatisation, leurs bâtiments annexes, leurs ateliers, leurs installations informatiques et leurs quartiers pour le personnel et, au-dessus de tout cela, ils ont leurs chambres d'h6tes et les risques y afférents. L'un des plus dangereux et des plus destructeurs est le feu. Des mesures de protection appropriées contre le feu permettent une diminution substantielle de risque.
Un usage extensif de détecteurs d'incendie dans tout le bâtiment et une installation de contrôle adéquate pour éviter que la fumée et le feu se propagent au-delà de la zone d'origine sont des solutions pratiques pour une protection effective contre le feu. Si l'alarme est donnée à temps et si le compartimentage du bâtiment est fait correctement le problème d'évacuation n'atteint pas des proportions sérieuses, à part les questions psychologiques qu'elle comporte.
C'est l'approche pratique du nouveau Concept Alarm et Evacuation de Cerberus. Si le compartimentage du bâtiment a été fait correctement, l'information, l’alerte, les instructions et l'évacuation peuvent être faites de manière sélective et limitées strictement à la zone ou à l'étage concerné et ses alentours immédiats.
Ainsi, si un incendie se déclare dans une chambre au 8e étage, une détection automatique immédiate est assurée et une action est entreprise dans le compartiment en feu, dans les compartiments adjacents, à l'étage inférieur et à l'étage supérieur. Dans le reste du bâtiment, les h6tes ne sont pas dérangés du moment qu'il n'y a pas de raison pour qu'ils soient inquiétés.
Cette solution est adaptable aux dimensions de l'hôtel et au nombre de chambres.

La détection
Chaque chambre de l'hôtel, ainsi que les corridors, les cages d'escaliers, les toilettes, etc., sont équipés de détecteurs de fumée. Dans ce cas, les détecteurs de chaleur (thermiques) ne peuvent pas être pris en considération. Ils réagissent en effet trop tard, permettant ainsi à l'incendie de représenter un danger plus grand, avant que les portes n'aient été fermées pour arrêter la propagation des flammes.
La deuxième raison pour laquelle les détecteurs de chaleur ne conviennent pas est le fait, prouvé, que les victimes d'un incendie ont généralement suffoqué dans la fumée et les gaz, bien avant qu'il y ait assez de chaleur pour que les détecteurs réagissent.

Unité de signalisation
Cette unité est généralement placée dans un endroit occupé en permanence, par exemple à la réception ou dans la loge du concierge dans un autre immeuble. Sa fonction est d'évaluer les informations en provenance des détecteurs et de déclencher d'autres actions en signalant le problème, en transmettant une alarme, en activant des fonctions automatiques telles que le déclenchement de la ventilation, la fermeture des portes de compartimentage, etc.
Les statistiques prouvent que, quel que soit le type d'habitation, la majorité des fausses alarmes se déclenchent pendant les heures de travail, l'homme en étant la principale cause. C'est pourquoi, les causes d'une alarme doivent être soigneusement analysées avant d'alerter la brigade des pompiers.

Contrôle automatique en cas d'incendie
Si, dans des circonstances normales, les commandes automatiques sont limitées à la fermeture des portes, à l'ouverture des aspiraux et au déclenchement de la ventilation, bien s0r à part la transmission de l'alarme, il y a plusieurs besoins complémentaires qui, en pareil cas, pourraient contribuer à sauver la vie de plusieurs personnes.
Parmi eux, on peut citer: un réseau téléphonique d'urgence permettant d'alerter le poste de secours à partir de chaque étage; un système public adressable commandé à partir du poste de secours, avec des haut-parleurs à chaque étage, etc. La caractéristique essentielle de tels systèmes de communication est qu'ils sont adressables pour un nombre déterminé d'étages, par exemple l'étage directement concerné par un incendie plus les deux étages supérieurs, et ignorant totalement les zones considérées hors de danger. La raison en est d'éviter des émotions inutiles, voire la panique, aux autres hôtes de l'hôtel.
 
Fig. 1.
 

Parmi les systèmes utilisés, le CEVAS (avec l’unité de contrôle CZ 10) se prête à des applications dans des hôtels de dimensions moyennes. Le système FLEX 5000, une combinaison d'une unité de contrôle CS-100 et de transpondeurs d'étage, offre une très grande souplesse d'application (fig. 1,2). Ce dernier est conçu pour des applications dans des grands hôtels, plus généralement du type de grande hauteur, dans lesquels le nombre d'étages à adresser est considérablement plus important. Avec ce système la procédure de traitement de l'évacuation devient une matière d'action professionnelle puisque le contrôle automatique prend l'entière compétence d'action, Si nécessaire, les directives d'évacuation peuvent être pré-enregistrées sur des bandes magnétiques et être transmises automatiquement aux adresses (étages) correctes.
 

Fig. 2.
 
 
Un scénario typique
Le scénario typique expliqué ci-dessous est un exemple pour démontrer la procédure d'évacuation en cas d'urgence à l'aide d'un système automatique d'évacuation (fig. 3).
 

Fig. 3.
 

Un détecteur automatique d'incendie réagit à un phénomène de fumée (1). L'unité de contrôle génère une pré-alarme pour alerter le personnel qui se précipite sur les lieux (2). L'unité de contrôle déclenche la ventilation de l'étage concerné (3). Le feu se développe sérieusement; un autre détecteur réagit (4) et l'unité de contrôle alerte automatiquement la brigade des pompiers (5), commande au système EVAC d'envoyer un signal d'alarme à l'étage où l'incendie s'est déclaré et un signal d'alerte aux étages en dessous et en dessus (6) et enclenche automatiquement la pressurisation dans les cages d'escalier (7).
Les gens quittent les zones de danger (8) et quelqu'un génère une alarme manuelle dans la cage d'escalier, ce qui est également transmis au panneau de contrôle en même temps que les autres alarmes. Le personnel accourt pour aider à l'évacuation et pour combattre le feu (9I, Les sapeurs-pompiers arrivent (10}, le chef d intervention analyse l affichage de I unité de contrôle (lieu de l'incendie, type d'intervention, etc.) et les sapeurs foncent combattre I incendie (11). Ils informent le chef d intervention en se servant du téléphone d'urgence.
Le chef d'intervention décide d'utiliser le système de communication vocal pour évacuer en priorité l'étage le plus menacé, puis l'~rage en dessous et l'étage en dessus, puis finalement le deuxième étage en dessus du sinistre (12). Grâce au séquencement prudent et à l'expérience du chef d'intervention au microphone, la' panique est évitée.
Via le téléphone d'urgence, les pompiers rapportent que l'incendie est sous contrôle (13) et le chef d'intervention interrompt le processus d'évacuation en se servant de la fonction « appel général » du système EVAC (14).
Personne n'a été blessé, il n'y a pas eu de panique et, grâce à l'alarme précoce, les dommages ì la propriété sont minimes.
 

* Technical Editor, Cerberus Ltd.


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