19 Octobre 2016  |  Sécurité
Publié dans Hotel Security Worldwide 07/1990

La sécurité, atout commercial

M. Herbert Schott, directeur général de l'Hôtel Intercontinental de Genève, a reçu Tourism & Hotel Security Worldwide Magazine pour un entretien consacré à un domine qu'il connait bien: la sécurité. En effet, l'Intercontinental de Genève accueille régulièrement du vedettes de toute catégorie, maie aussi des chefs d'Etat, incognito ou pour des congrès et réunions comme - entre autres - les rencontres eu sommet de I'OPEP ou de l'ONU.

THSWM- Quelle est votre philosophie en matière de sécurité?
Schott- Concrètement, il y a une grande différence entre un hôtel de 30 à 100 chambres et un établissement de plus de 100 chambres. Dans le premier cas, les mesures de sécurité sont relativement simples à prendre. Dans le second, il y a multiplicité des hôtes, des visiteurs, des entrées et des sorties. Première règle dans un grand hôtel: éviter à tout prix le mélange entre secteur des chambres et secteur public (restaurants, bars, etc.). Ainsi, dans notre hôtel, nous avons renoncé au bar panoramique du 18e étage, qui permettait trop facilement de pénétrer dans les étages sans se faire remarquer.
 
Herbert Schott, un directeur général conscient de ce que sécurité veut dire.
 

THSWM- Les mesures de sécurité varient-elles beaucoup en fonction du type de clientèle de l'hôtel?
Schott- En effet. Un hôtel recevant des groupes de touristes n'a pas les mêmes problèmes de sécurité en matière de vol, par exemple, qu'un établissement avec une clientèle Importante et en même temps individuelle. A côté du risque courant de vol de sacs à main ou de valises, chaque type de clientèle entraîne ses propres risques. Pour notre part, nous sommes en passe d'installer un systèmes de cartes magnétiques infalsifiables d'ouverture et d'accès, de marque Kaba, qui permettra de contrôler parfaitement que seul le détenteur légitime de la carte entre dans une chambre ou un local de l’hôtel. En ce qui concerne les employés, un système d'enregistrement permettra aussi de savoir quelle femme de chambre ou quel préposé au mini-bar est venu dans la pièce, et à quelle heure, combien de temps il est resté, etc.
Enfin, Je pense que la lutte contre les agressions classiques passe par la propre équipe de sécurité de l'établissement. C'est notre cas: il y a trois officiers de sécurité au moins à chaque heure du jour et de la nuit, sans compter les employés assurant la sécurité dans les locaux collectifs, et nous allons y joindre une surveillance vidéo permanente de tous les étages.
 
L’Intercontinental de Genève domine la ville.
 

THSWM- Votre hôtel accueille des personnalités potentiellement menacées pour des raisons politiques, économiques ou diplomatiques. Quelles mesures appliquez-vous?
Schott- Les grandes conférences internationales, économiques ou politiques, nécessitent des mesures spéciales. L'Etat de Genève ou la Confédération suisse prennent en charge une partie importante de ces mesures. Cela varie de la simple protection d'une personnalité à la surveillance globale d'une délégation ou d'un grand nombre de participants à un symposium. Nous avons organisé le site de ces conférences de manière à ce que la sécurité soit facile à assurer. Vingt-huit pièces sur un étage peuvent être utilisées; elles sont aisées à contrôler et à isoler au besoin du reste de l’hôtel. Il n'y a ni recoin, ni accès qui permette une attaque quelconque. Enfin, dans les cas exceptionnels, la police peut boucler tout le périmètre de l’hôtel, qui est très facile à surveiller.
 
M. et Mme George Bush arrivant à l’Intercontinental de Genève. Le président américain et son épouse sont reçus par Herbert Schott.
 

THSWM- Et sur le plan de l’incendie?
Schott- Nous avons, depuis environ 15 ans, un système de protection contre l’incendie qui remplit les exigences de la législation actuelle, devenue beaucoup plus sévère au fil des années. Des détecteurs de fumée sont installés partout, y compris dans les chambres. Dans tous les points stratégiques des locaux dits publics, il y a bien sûr des détecteurs et des sprinklers. Une équipe d’intervention, formée de 35 employés spécialement entrainés et représentant tous les secteurs de l’hôtel, est à même d'intervenir. Elle dispose d'un matériel complet, y compris équipement radio, et suit des cours de formation continue chez les pompiers de Genève. La nuit, 15 personnes sont sur le qui-vive. Nous sommes donc prêts à combattre tout incendie, sans perdre une minute, en attendant l’intervention des pompiers.
Et j'ai le plaisir de vous informer que nous avons investi 3 millions de francs suisses, au cours des dernières années, pour perfectionner encore notre système. Nous disposons d'une alimentation inférieure en eau réservée aux pompiers, avec des conduites dédoublées sur chaque étage. Par ailleurs, la pression d'eau est garantie sur les étages, que 15 des 18 étages soient atteints ou un seul d'entre eux. Un ascenseur - dont les pompiers ont la clé - leur est réservé. Enfin, nous avons une centrale connectée directement à celle des pompiers. Il faut deux minutes pour les voir arriver. Il y a bien sûr de fausses alertes, mais elles permettent de tester l'efficacité du dispositif: il n'y a aucun problème à cet égard.

THSWM- Vous n'avez pas, comme les Américains, un sprinkler dans chaque chambre?
Schott- Non, nous préférons le détecteur de fumée adapté à chaque situation. Un sprinkler qui se déclenche si vous fumez un gros cigare risque de nous poser plus de problèmes qu'il n'est susceptible d'en résoudre. Alors qu'avec nos détecteurs perfectionnés, nous avons deux fausses alertes par semaine, sans dégâts.

THSWM- La sécurité est-elle un élément de choix pour des congrès, séminaires, visites officielles?
Schott- Oui, très certainement. De nombreux organisateurs viennent d'abord visiter l'hôtel, se renseignent sur les mesures de sécurité et de protection. Il est évident qu'ils changeraient leurs plans si quoi que ce soit leur semblait présenter un risque. La sécurité est un argument commercial: 350 employés, 400 ou 500 clients doivent compter sur un environnement rassurant. Sinon, eh bien/les clients iront ailleurs.

THSWM- Certains de vos collègues ne semblent pas attacher tant d'importance à la sécurité...
Schott- Dans ce métier, la bouche-à-oreille entre les clients fonctionne très vite.
Je ne peux que conseiller à ceux qui négligent la sécurité de leurs hôtes et de leur personnel de s'équiper et de s'organiser différemment avant que leur clientèle ne s'en aille!


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